La possibilité de l’ataraxie, par Nolwenn Brod, photographe

Tout part chez la photographe Nolwenn Brod d’une volonté d’explorer la dimension de la rencontre, qu’elle soit d’ordre immédiatement familiale/intime, ou qu’elle prenne des chemins plus inattendus. Sa recherche est de l’ordre d’une volonté d’unifier ce qui semble apparaître d’abord comme une antinomie, vivants et non-vivants, affects positifs et négatifs, mondes du dehors et du…

Ecriture, crime et dépossession, entretien avec Damien Aubel, écrivain

Le narrateur du premier livre de Damien Aubel, Possessions (éditions Inculte), est la proie d’une sainte fureur contre le vulgaire. Son refus obstiné des petitesses des milieux qu’il traverse construit au cours de ce roman âpre, âcre, amer, fou, un chemin initiatique aboutissant à une forme de mystique sauvage. La littérature met ici à nu…

La France suffoque, par Philippe Sollers

« La pensée de la véritable Histoire ne paraîtra qu’aux peu nombreux. » (Heidegger) Depuis des années, chaque semaine, Philippe Sollers et le journaliste voltairien Franck Nouchi (Le Monde) se rencontrent pour discuter de l’actualité et de la littérature. Chacun apprend de l’autre, car chacun aime apprendre et s’informer, dans le désir de découvrir l’envers des cartes,…

La frérocité comme condition humaine, par le psychanalyste Gérard Haddad

On associe spontanément la fraternité à l’entraide et à la noblesse des sentiments, mais c’est manquer généralement sa dimension essentielle de rivalité et de meurtre potentiel. Développant l’un des thèmes structurant son précédent ouvrage, Dans la main droite de Dieu. Psychanalyse du fanatisme (Premier Parallèle, 2015), Gérard Haddad étudie avec Le complexe de Caïn le…

L’absence ne rime à rien, par le poète Jean-Pierre Vallotton (2)

Jean-Pierre Vallotton est un écrivain d’exception, fidèle à cette émotion appelée poésie, dont il a fait de chaque instant sa vie, sans tricherie. Attentive à la parole qui vient, comme on reçoit un don, son ambition poétique est de l’ordre d’une nécessité intime, à la fois inquiète et enthousiaste face aux mystères et miroitements du…

Sur un air de John Dowland, le passage de la nymphe, par James Joyce

Pourquoi la rencontre d’une nymphe bouleverse-t-elle tant ? « Qui ? Un visage pâle cerné de lourdes fourrures odorantes. Ses gestes sont craintifs et nerveux. Elle utilise un face-à-main. Oui. Une brève syllabe. Un rire bref. Un bref battement de paupières. » Vénus à la fourrure (Leopold von Sacher-Masoch), Molly qui s’ignore (oui), la jeune personne de qualité que…