La couleur des yeux de Paul Gauguin, par Serge Airoldi, écrivain

« Dionysos est parfois mis en scène chevauchant des juments bleues. » Parce qu’elles sont le fruit d’une culture libre et sauvage – et non en pot, comme le disait ironiquement Nicolas Bouvier -, certaines œuvres sont immédiatement des fêtes pour l’esprit. Ainsi Rose Hanoï, de Serge Airoldi, herbe folle poussée entre les pavés de…

Le temps, l’exil, la présence, par Jean-Jacques Gonzales, photographe

« La photographie ne ferait qu’épaissir le voile qui (me) sépare du monde en le rendant visible ; ce faisant, elle pourrait se donner les moyens de l’outrepasser. » (Jean-Jacques Gonzales) Je ne trouve pas le temps d’écrire sur chacun des volumes des éditions d’art strasbourgeoises L’Atelier contemporain, mais chaque ouvrage devrait être l’objet d’un long article,…

Algérie, la douceur d’une datte noire, par Tytus Grodzicki, photographe

On connaît très mal l’Algérie, épargnée jusqu’à aujourd’hui de la défiguration/dénaturation par le tourisme de masse. On la connaît très mal, et l’on aime qu’elle reste mystérieuse, ne se révélant qu’avec pudeur. On voit et l’on entend pourtant ses poussées de fièvres, on voit et l’on entend la force de ses enfants, on voit et…

Fernand Pouillon, architecte de combat, par Daphné Bengoa & Leo Fabrizio, photographes

Pour connaître la vie et l’œuvre de l’architecte français Fernand Pouillon (1912-1986), on peut lire son roman écrit en prison (Les Pierres sauvages, 1964 – histoire de l’abbaye du Thoronet), et ses Mémoires (1968), narrant une vie passionnante, parfois même rocambolesque. Les éditions Macula nous offrent aujourd’hui l’opportunité de redécouvrir le travail magistral qu’il a…

Le bassin méditerranéen, berceau d’humanité, par Eric Le Brun, photographe

Un lion derrière la vitre, du photographe et éditeur Eric Le Brun, est le fruit de voyages dans le bassin méditerranéen. A la façon d’un détective, l’auteur a rassemblé des indices, composant une œuvre à partir de fragments de réalité, ménageant des dialogues, organisant une mémoire. Apparaissent dans cet ouvrage accompagné de musique des villes…

Du thym dans les cheveux, Maria Casarès – Albert Camus, une correspondance amoureuse

  « Je suis si heureux, Maria. Est-ce que cela est possible ? Ce qui tremble en moi, c’est une sorte de joie folle. » (juin 1944) Chers amis, l’hiver sera bouleversant, passionnant, brûlant, et c’est Gallimard-Héphaïstos qui mène la danse. « Il n’y a qu’une clairvoyance, celle qui veut obtenir le bonheur. » (juin 1944) Paraissent simultanément en collection…

Le tremblement délicat du monde, par Emmanuelle Gabory, photographe

Découvert presque par hasard, le livre d’Emmanuelle Gabory, à Tanger tout va bien… m’a immédiatement ému. Composé de silences, d’images très délicates, tremblées ou pas, construisant un climat envoûtant, cet ouvrage écrit le jour, mais composé pour une grande part la nuit à l’objectif, s’offre comme une succession de seuils, de points de passages, de…