L’air privé de lumière des corps en révolte, par Ulrich Lebeuf, photographe

Il est évident que la grève générale est un préalable à toute discussion dans la bascule des rapports de force. Il est évident qu’un certain nombre de secteurs clés de l’économie doivent être nationalisés, et que l’hypothèse communiste n’en est encore qu’à ses balbutiements. Il est évident que les pulls noirs à capuche ont de…

Poète ou rien, Hermann Hesse, une anthologie

« Je n’ai connu que le péché / Et la solitude, / Depuis mon enfance / Pour personne mon cœur n’a brûlé. // Lentement pour moi le jour a passé, / Et le monde était vide, / L’appel des heures solitaires / A mon entour a sonné. // Au front, aujourd’hui, de mon sang je me…

Jeunesse, prière de déranger, par Aurore Valade, photographe

Aurore Valade conçoit la photographie comme un objet relationnel, une possibilité de rencontre, une expérience de l’ordre d’une performance, une scène. Dans des mises en scène très élaborées, l’artiste photographie ses personnages avec les objets qui les entourent, s’intéressant moins aux visages qu’à l’ensemble des marchandises qui saturent nos existences et nous dévoilent. Les images…

Ils ne mouraient pas tous, mais, par Rafael Garido, écrivain

« Roues à aubes / que l’eau bregmienne retourne / . » Livre hybride (textes/images), Vis-à-Vis, de Rafael Garido (éditions Zoème, 2017) est un ouvrage qui frappe immédiatement par l’inventivité de son dispositif et son bilinguisme assumé (français/espagnol) : une double couverture, une possibilité de faire pivoter l’objet, de le retourner et le renverser pour le lire deux…

Du thym dans les cheveux, Maria Casarès – Albert Camus, une correspondance amoureuse

  « Je suis si heureux, Maria. Est-ce que cela est possible ? Ce qui tremble en moi, c’est une sorte de joie folle. » (juin 1944) Chers amis, l’hiver sera bouleversant, passionnant, brûlant, et c’est Gallimard-Héphaïstos qui mène la danse. « Il n’y a qu’une clairvoyance, celle qui veut obtenir le bonheur. » (juin 1944) Paraissent simultanément en collection…

Les jardins d’Armide à minuit – conversation avec Annie Le Brun à propos de Radovan Ivsic (2)

Annie Le Brun, poétesse, essayiste, commissaire d’exposition, lectrice de Sade et des grands irréguliers du langage, incarne un principe de subversion qu’elle n’a cessé d’approfondir dans une œuvre au long cours, écrivant notamment, fidèle à la morale surréaliste, Les pâles fiévreux après-midi des villes (1972), Lâchez tout (1977) ou A distance (1985). On peut lire,…