L’assassinat d’une ville, par Gustaw Herling, écrivain

La peste à Naples sur la Piazza Mercatello, Micco Spadaro, 1656 « Il est aussi raisonnable de présenter une espèce d’emprisonnement par une autre que de représenter n’importe quelle chose qui existe réellement par quelque chose qui n’existe pas. » (citation issue du troisième volume de Robinson Crusoé, de Daniel Defoe, reprise par Albert Camus dans son…

Printemps birman, jeunesse assassinée, par les éditions marseillaises Héliotropismes

©Nge Lay « Plus d’hésitation, / le détonateur de la révolution / c’est toi ou moi. » (K Za Win, poète et militant birman abattu dans la rue lors d’une manifestation) Mettant en lumière des productions qui émergent dans l’urgence d’un contexte politique et répressif, la collection Bones will crow chez Héliotropismes (Marseille) est remarquable. ©Nge Lay…

Une poésie ouvrière et antifasciste, par Jazra Khaleed, écrivain

« Selon Facebook, jusqu’à la fin de 2015, trois cent onze de mes amis avaient été tués depuis le déclenchement de la guerre. J’ai décidé de fermer mon compte, il faut que la mort ait un début, un milieu et une fin. Je ne peux pas passer ma vie à a suivre. » Publié pour la première…

Algérie, portrait d’une génération perdue, par Romain Laurendeau, photographe

©Romain Laurendeau « Il fallait que je raconte ces jeunes qui n’intéressaient personne. J’ai alors décidé de les suivre dans leur errance. J’ai photographié la vie quotidienne dans sa simplicité. Jusqu’à l’obsession. Des moments suspendus qui saisissaient une situation singulière et inquiétante. L’ennui et la frustration de la rue. La rage revendicative des stades. Les instants…

Pour le moment, tout est calme, par Bertrand Cavalier, photographe

Berlin, Belfast, Budapest, Cologne, Le Havre, Londres, Rotterdam, La Haye, Sarajevo, Varsovie. Des villes marquées par l’Histoire. Une guerre en cours. De la violence passée affectant le présent. Les signes sont parfois ténus, une barre de fer tordue, une clôture un peu plus haute, plus menaçante, plus sécurisée encore que les autres. Cette recherche quasi…

Des hommes, une petite fille, l’exil, par Romain Laurendeau, photographe

Les portraits de Taswira, livre de Romain Laurendeau publié chez Photopaper, sont remarquables. Des visages très noirs légèrement éclairés sur un fond noir. Des hommes de tous âges, et une petite fille. Des pupilles qui brillent, indiquent la vie, dans des visages immobiles, graves, de dimension tragique. En swahili, langue véhiculaire en Ouganda, au Rwanda,…

L’air privé de lumière des corps en révolte, par Ulrich Lebeuf, photographe

Il est évident que la grève générale est un préalable à toute discussion dans la bascule des rapports de force. Il est évident qu’un certain nombre de secteurs clés de l’économie doivent être nationalisés, et que l’hypothèse communiste n’en est encore qu’à ses balbutiements. Il est évident que les pulls noirs à capuche ont de…

Poète ou rien, Hermann Hesse, une anthologie

« Je n’ai connu que le péché / Et la solitude, / Depuis mon enfance / Pour personne mon cœur n’a brûlé. // Lentement pour moi le jour a passé, / Et le monde était vide, / L’appel des heures solitaires / A mon entour a sonné. // Au front, aujourd’hui, de mon sang je me…

Jeunesse, prière de déranger, par Aurore Valade, photographe

Aurore Valade conçoit la photographie comme un objet relationnel, une possibilité de rencontre, une expérience de l’ordre d’une performance, une scène. Dans des mises en scène très élaborées, l’artiste photographie ses personnages avec les objets qui les entourent, s’intéressant moins aux visages qu’à l’ensemble des marchandises qui saturent nos existences et nous dévoilent. Les images…

Ils ne mouraient pas tous, mais, par Rafael Garido, écrivain

« Roues à aubes / que l’eau bregmienne retourne / . » Livre hybride (textes/images), Vis-à-Vis, de Rafael Garido (éditions Zoème, 2017) est un ouvrage qui frappe immédiatement par l’inventivité de son dispositif et son bilinguisme assumé (français/espagnol) : une double couverture, une possibilité de faire pivoter l’objet, de le retourner et le renverser pour le lire deux…

Du thym dans les cheveux, Maria Casarès – Albert Camus, une correspondance amoureuse

  « Je suis si heureux, Maria. Est-ce que cela est possible ? Ce qui tremble en moi, c’est une sorte de joie folle. » (juin 1944) Chers amis, l’hiver sera bouleversant, passionnant, brûlant, et c’est Gallimard-Héphaïstos qui mène la danse. « Il n’y a qu’une clairvoyance, celle qui veut obtenir le bonheur. » (juin 1944) Paraissent simultanément en collection…