L’espace du grand dehors, par Grégoire Edouard, photographe

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© Grégoire Edouard

Fruit d’un travail de longue haleine effectué pendant sept ans dans la vallée de la Drobie, en Ardèche, Bruissement, de Grégoire Edouard, est une approche très sensible de la nature en ses multiples visages.

Dans la rencontre des pierres, de l’eau, des paysages, il y a pour ce jeune photographe ayant grandi près des Cévennes la nécessité d’approcher un mystère, l’énigme de présences sacrées.

 Ses images sont des chemins de solitude très habités.

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© Grégoire Edouard

Il y a des éclats de lumière, une nuit en feu, des étincelles d’herbes noires plantées dans le cadre telles des épingles vaudoues.

Une cabane isolée fut la condition de dépouillement du regard, favorisant la confrontation d’avec Pluton, terrible peut-être pour qui n’a pas la force d’endurer l’oubli de tout divertissement, amical sans excès à qui ne le défie pas, mais l’accueille simplement à sa table.

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© Grégoire Edouard

Marcher, photographier, trouver un rythme, telle une ascèse quotidienne permettant l’ouverture de l’espace géophysique.

Le corps se tord, tombe de fatigue, et trouve l’inconcevable au moment de la chute.

Frotté aux gemmes des roches, l’ego se dissout, devient passage.

Le ciel menace, la main cherche à tâtons dans le vide de quoi se rassurer, trouve un voile liquide qui la protège.

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© Grégoire Edouard

Il semblerait que pour le photographe l’expérience du paysage soit avant tout celle du remuement de l’être, du grand chambardement de l’univers.

L’infra est un cosmos, qui est une grotte préhistorique.

Avancer parmi les gravures rupestres, crier pour ne pas se perdre tout à fait, entrevoir des chemins oubliés depuis longtemps.

Retrouver l’esprit de Walden, se sentir pleinement vivant, pleinement friable.

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© Grégoire Edouard

Il y a chez Grégoire Edouard le besoin d’une quête extrême, tant esthétique qu’existentielle – comment séparer les deux ? -, un désir de renverser les apparences, d’approfondir le regard au contact d’une nature aussi âpre que fantastique.

Ne plus tricher, quand tout l’édifice social nous porte aux petites compromissions, aux ajustements, et à l’abdication de ce qui forme le libre en nous.

La terre se meurt, la consoler deviendra bientôt impossible.

Ecoutons-la nous dire : tu es tout, tu n’es personne.

La série Bruissement a été exposée au musée de Vans (Ardèche) du 3 juillet au 17 septembre 2017

Site de Grégoire Edouard

Affiche-web

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