Maroc, un théâtre d’apparitions, par Pauline Alioua et Chris Garvi

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© Pauline Alioua & Chris Garvi

Nous sommes dans le bassin méditerranéen, dans ces territoires où les situations les plus triviales ont un parfum de mythe.

Nous sommes au Maroc, avec Pauline Alioua et Chris Garvi, dont le double regard fait songer à celui du pérégrin Didier Ben Loulou.

Dans le creux du manque, que publie Arnaud Bizalion, est ainsi une ode au pays des pères, des aïeux, parcouru en tous sens par deux photographes travaillant encore à l’argentique, c’est-à-dire dans le secret et l’attente de la révélation.

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© Pauline Alioua & Chris Garvi

Les artistes de talent ne cessent de creuser et atténuer le manque au fondement de leur pratique, en espérant ne jamais le combler totalement.

Le Maroc pour le tandem Alioua-Garvi est un pays d’ombres et de lumières crues, de mystères et d’irruptions de couleurs vives.

On y joue avec le soleil, qui biseaute les chairs, enflamme les peaux, théâtralise les silhouettes.

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© Pauline Alioua & Chris Garvi

Mais, loin des clichés touristiques, on y vit aussi sous des ciels plombés, à hurler de mélancolie, et, dans l’Atlas, la neige y est comme partout ailleurs danger et beauté.

C’est le Maroc des petits matins gris, de la poussière et du mauvais sang, du travail quotidien et des routines, des vendeurs ambulants et des bâtiments en construction.

Rendez-vous au souk, rendez-vous à l’arrière de la moto, rendez-vous à l’ombre du palmier.

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© Pauline Alioua & Chris Garvi

Pauline Alioua et Chris Garvi font de leur cadre un espace de tension, dont le principe est cinétique : des figures se croisent, chacun vaque à ses occupations, on ne sait pas vraiment qui voit qui, ou même s’il est possible de se regarder mutuellement.

Des femmes en voile, des hommes en burnous, des casquettes et des marches sans fin.

L’impression générale est que chacun se cherche, s’affaire, agit, pour gagner de quoi vivre, pour survivre, pour éviter de s’arrêter totalement, et de sombrer dans une forme de déréliction.

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© Pauline Alioua & Chris Garvi

Les visages sont inquiets.

Un drame se joue.

L’indistinction entre les figurants et les protagonistes crée le trouble, à moins qu’il ne s’agisse simplement d’accepter, comme une fatalité, la force de ce qui est, écrase, exalte et efface les repères.

C’est le Maroc des blessures tues.

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Pauline Alioua et Chris Garvi, Dans le creux du manque, texte de Madani Alioua, Arnaud Bizalion Editeur, 2018

Arnaud Bizalion Editeur

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© Pauline Alioua & Chris Garvi

 

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