Rendre la mort fréquentable, par Guy Benoit, poète ou à peu près

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« nûment, nous y voilà »

L’Anxure, qui est aussi un recueil de poèmes de Guy Benoit, coule dans les veines, coule dans les yeux, coule dans ce qui coule.

Guy Benoit ? « Poète et encore moins, mais de plus en plus allergique aux bidouilleurs de langue. »

Un ruminant vivant à Sacé, en Mayenne, c’est beaucoup.

Né en 1941, puis en 1968, puis.

Pas un payeur de mots, mais un pauvre hère parlant un peu, ou droit dans le silence.

Un veilleur, comme un bosquet d’ipomées.

Le poète ne peut pas grand-chose, il est de la pénombre, parfois ambitionne d’être un boqueteau.

Ambitionne la tranquillité absolue, l’au-delà des affects, des percepts et des concepts, simplement être un objet qui résonne.

S’il est patient, « immobile / au travers des vitres sales », la mélancolie le fuira.

« sous un ciel noyé / de reflets d’ardoises, ma mort // se prépare à mourir // couramment me dépasse / d’une obscurité // par-delà les haies / où il y a longtemps »

Chacun se cogne à son cadavre, espoir de ce heurt.

On rôde, on traîne, on se gratte le crâne sous l’infini, on se tait. D’ailleurs, a-t-on jamais commencé à parler ?

« s’en fout le temps / jamais à la même heure // proche de la fin / mais pas tout à la fin // l’ultime »

Jean-Claude Leroy, son préfacier en ces circonstances éditoriales (vingt-septième titre des éditions Les Hauts-Fonds), dit de lui : « Guy Benoit n’avertit en rien, attaquant des pans de mur et d’horizons bouchés où les fenêtres sont rares, quelque part entre la mort d’ici, quotidienne et maquillée, et la mort qui prévient trop mais pas assez. »

Guy Benoit affronte le « ressac noir », laisse quelques « empreintes sur le sable », vite effacées.

« pas sûr qu’une chose après l’autre // comme un défi trop rapproché // et malgré tout nous prétendons / à une pensée de tous les instants »

Rendez-vous dans La Salle du bout (dernière station), entre perte et fracas.

Mais, même si, où « rares / sont les espaces / à recommencer »

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Guy Benoit, L’Anxure, suivi de Exercices de guerre lasse, Pas tout à la fin et La Salle du bout, préface de Jean-Claude Leroy, gravures de Maya Ménin, éditions Les Hauts-Fonds, 2018, 166 pages

Les Hauts-Fonds

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