Grande Hongrie, pays de barbelés, par Patrick Galbats, photographe

 

a1cf2b1d-fe2f-409a-b782-1727e7c99dab
©Patrick Galbats

Au cœur de l’Europe, la Hongrie met en œuvre depuis une bonne vingtaine d’années une politique nationaliste, d’autant plus virulente que la crise migratoire, née notamment du chaos au Moyen-Orient, touche ses frontières.

Atteinte de fièvre obsidionale, la si désirable Europe en oublie les antiques lois de l’hospitalité qui font la noblesse des peuples.

Lorsqu’il revient au pays de ses ancêtres, le photographe luxembourgeois Patrick Galbats découvre un pays rongé par la haine et les tensions identitaires.

0a6e3e4e-9101-4c53-9f38-4b2e4903a422
©Patrick Galbats

Sa première monographie, Hit Me One More Time (Peperoni Books, 2018), s’en fait l’écho avec beaucoup de force, commençant par montrer la désolante barrière anti-migrants édifiée au Sud de la Hongrie, alors que les puissances européennes n’avaient pas encore externalisé du côté de la Turquie leur conscience malheureuse.

Des marécages, des forêts, une marche épuisante, et soudain des barbelés, des doubles lignes de clôtures métalliques, des miradors.

4d77a7dd-f615-4efc-a4a3-418fca1cb495
©Patrick Galbats

Des vêtements abandonnés dans les joncs, des tentes de fortune, quelques habitations non loin des grillages ignominieux.

On pourrait être à Calais du côté d’Eurotunnel ou du port Ferry, et partout où l’on refuse de comprendre que la misère est aussi fille de la mondialisation de la terreur et des ravages du capitalisme.

Papier, bitte schön !

1a37b018-70fb-4793-b839-a955494b6eda
©Patrick Galbats

Comment dit-on cela en hongrois, trente ans après la chute du Mur de Berlin ?

Chez Patrick Galbats, il n’y a pas d’humains, ou très peu, ou vus de loin, parce que chacune de ses photographies est une allégorie de la force, du destin contrarié, de la puissance patriotique affichant par l’apparat dérisoire de sculptures monumentales et de reproductions de missiles inscrites dans l’espace public son horrible face.

Après le monde des réfugiés se heurtant aux fils de fer de la peur mondialisée (partie 1), voici un retour de la Guerre froide et des treillis (partie 2) dans un pays en déroute, pauvre en imagination sous ses drapeaux exhibés.

5ab272ee3f6e5
©Patrick Galbats

Il y a des impacts de balles, des tatouages guerriers, une désespérance muée en agressivité, du folklore mythifié.

La dernière partie revient sur la construction de la Grande Hongrie à travers les siècles, rappelant le traumatisme du Traité de Trianon, actant en 1920 la dislocation de la Hongrie austro-hongroise, et la déportation de 440 000 juifs hongrois dans les camps de la mort nazis (lire par exemple Imre Kertesz).

5d2d48bc-3b08-48cf-9fe8-8c725ea7e479
©Patrick Galbats

Depuis, Viktor Orban est arrivé au pouvoir, l’extrême-droite progresse encore, et les jeunes loups du HVIM prônant le nationalisme armé développent une rhétorique anti-réfugiée.

Bien sûr, tout ceci est une mauvaise fiction, et la Hongrie un pays enchanteur.

Hit_me_one_more_time_book01B(1)

Patrick Galbats, Hit Me One More Time, textes de Patrick Galbats, György Dalos, Joël Le Pavous, Peperoni Books, 2018

Peperoni Books

Hit_me_one_more_time_book06(1)

Patrick Galbats – site

Exposition à l’Espace Contretype (Bruxelles), du 22 janvier au 15 mars 2020 – vernissage le 21 janvier de 18h à 21h

Patrick_Galbats_Web_664x396px

Espace Contretype

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s