The Fault, cosa mentale, par Grégoire Eloy, photographe

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© Grégoire Eloy

Consacré à la faille de Balmuccia en Italie, datant de 250 millions d’années, trace fossilisée d’un séisme de magnitude supérieur à 6 sur l’échelle de Richter – remontée à la surface à l’occasion de la formation des Alpes -, The Fault, de Grégoire Eloy, est une œuvre cartographique étonnante et puissante de ce phénomène géologique étudié par de nombreux laboratoires de recherche scientifique.

Exposé récemment sous la forme d’une carte dépliée en volume lors de la quatrième édition du salon Approche (Paris), ce travail est un objet s’inventant à la jonction de la science et de l’art.

© Grégoire Eloy

Deuxième diptyque d’une trilogie dédiée à la question de la matière (noire, de pierre, de glace), The Fault expose à l’échelle 1/10, dans un livre à reliure à spirale, la faille dans son intégralité – relevé photographique fragmenté en une soixante de pages.

On ne voit d’abord rien qu’un ensemble fascinant de signes graphiques, on ne comprend pas, on hésite.

© Grégoire Eloy

Peu à peu se déplie en nous le chemin blanc d’une ligne sismique.

Le noir intense des pages indique-t-il l’infini pascalien de l’espace astral ?

Ces taches sont-elles des névés, des vallons, des dépressions rocheuses ?

Et ces ensembles plus denses des forêts vues du ciel ?

Qui tient l’appareil photographique ? Est-ce un satellite ou l’un des membres du collectif Tendance floue ?

Apparaît ici un espace mental fait de zones plus ou moins peuplées, plus ou moins arides, plus ou moins glacées.

© Grégoire Eloy

Faudrait-il donner ce relevé à quelque chiromancien ?

Lit-on notre avenir dans les failles du passé ?

Ne peut-on pas considérer chaque glyphe, chaque écriture naturelle, comme une énigme à déchiffrer ?

Bien entendu, Grégoire Eloy ne répond pas à ces questions.

Pas de discours, pas de notes savantes, mais une contemplation ouvrant sur de nombreux questionnements.

© Grégoire Eloy

The Fault étudie une peau humaine, une paroi psychique, un phénomène cérébelleux, une fièvre intime.

On peut détacher chaque page, assembler les pièges du puzzle, mais est-on sûr que l’acte de rassemblement ne sera pas une hérésie de composition ?

La vision cubique du photographe crée un effet sculptural déroutant, une confusion entre le vide et le plein, l’horizontalité et la verticalité, les plans de réalité et de surréalité.

L’ensemble est de l’ordre d’une œuvre au fusain ou d’une gravure à la façon d’Albert Palma ou de Fred Deux, mais c’est d’abord une exploration, avec les moyens sophistiqués de la science moderne, d’un morceau de sucre, d’un rêve, d’un parchemin.

© Grégoire Eloy

La faille est-elle une faute ?

La faute est-elle une faille ?

Nous ne vivons vraiment que dans l’entaille, la déchirure, l’Ouvert rilkéen.

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Grégoire Eloy, The Fault, texte Alexandre Schubnel, Thomas Ferrand, RVB Books, 2017

RVB Books – Grégoire Eloy

Grégoire Eloy – site

Grégoire Eloy – Tendance floue

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