La pensée en guerre, par la revue Ligne de risque

« Il est des temps où l’on ne doit dépenser le mépris qu’avec économie, à cause du grand nombre des nécessiteux. » (François-René de Chateaubriand)

On ne l’attendait plus, il est là, le grand livre sur l’époque du confinement planétaire et de la fin des libertés dues à l’apparition du providentiel virus couronné est une petite revue confidentielle à haut pouvoir de radiation intellectuelle, Ligne de risque.

Intitulé Aperçus sur l’Immonde, ou la route de la servitude, cette publication fondée en 1997 par François Meyronnis, Yannick Haenel et Frédéric Badré, décrit et analyse avec une profondeur à ce jour inégalée « le point de péril extrême » que nous rencontrons actuellement à l’échelle mondiale.

Ridiculisant à jamais le triumvirat Macron-Attal-Véran, le trinôme François Meyronnis (pour le questionnement sur l’axe et le désir de néant), Sandrick Le Maguer (pour la pertinence des arguments scientifiques) et Julien Battesti (pour le livre papier contre l’autodafé numérique) livre une réflexion implacable sur les nouvelles techniques d’emprise et de domination développées par des maîtres cherchant le pouvoir absolu et l’évacuation sans délai des derniers êtres de parole.

Nous avons vécu, nous vivons, une tentative sans précédent d’envoûtement, d’envahissement mental, de dépossession, par la terreur savamment entretenue du péril sanitaire.   

On ne sait plus ce qu’est la santé, que l’on nous vend comme une sécurité de plus, en s’arrangeant pour fragiliser le corps considéré comme un objet à obsolescence programmée.

Pour cela, « tous les moyens d’ahurissement » sont convoqués, le langage est souillé, la peur est constamment suscitée.

La mise en place du totalitarisme biocratique nécessitait une numérisation accélérée de nos modes de vie par une gestion cybernétique reposant sur le mépris de la notion d’émancipation, un virus l’a inventée.  

On a pu se rendre compte avec effarement ces deux dernières années à quel point peu nombreuses étaient les personnes tenant à la liberté (son prix ? 135 euros, au mieux), désireuses au fond de se soumettre aux puissants du moment.

Nous avons vécu une bascule sans retour de l’humanité vers la servitude sur fond de dévastation du monde, devenu, selon les termes des rédacteurs de Ligne de risque, « L’Immonde ».

Dans leur dialogue à trois, Tout est accompli (Grasset, 2019), Valentin Retz, François Meyronnis et Yannick Haenel appellent « Dispositif » cet ordre ou désordre nouveau, insituable géographiquement (au-delà de quelques ancrages cardinaux du côté de la Silicon Valley et des démons du numérique), ayant pris le contrôle sur les existences refaçonnées par la pensée calcultante devenue quasi autonome.

Nous sommes entrés depuis la Première Guerre mondiale, précise François Meyronnis, dans une ère apocalyptique, la fin du monde a déjà eu lieu, nous ne vivons que l’approfondissement progressif d’un mal ayant probablement besoin d’aller jusqu’au terme ultime de la destruction.

Nous vivons le moment terrible et à bien des égards fascinant de l’éradication des derniers vivants, remplacés par les ombres errantes de la petite bourgeoisie mondialisée recalibrée par les armes numériques.

Je ne ferai pas ici le décompte des mensonges du/des gouvernements – il faut lire la revue -, et des stratégies de « conditionnement néo-pavlovien » (Aldous Huxley) visant une population abêtie, mais il faut prendre la mesure de l’évincement des médecins défendant l’honneur de leur profession n’ayant pas décidé de suivre aveuglement la politique vaccinale hystérique imposée par les pouvoirs en place, les grands laboratoires pharmaceutiques s’occupant méthodiquement de notre système immunitaire.

« Mais ce qui relève vraiment de la folie pure, poursuit François Meyronnis, ce fut de préconiser la vaccination pour tous, multipliant ainsi les risques selon des ordres de grandeur imprédictibles, au lieu de la réserver aux populations réellement vulnérables. D’autant qu’on vérifia bientôt qu’un vacciné pouvait contracter le virus et aussi bien le transmettre, et donc que le vaccin n’empêchait nullement la propagation de la maladie. »

Le pass sanitaire, puis le pass vaccinal, ont mis peu à peu au ban de la société les récalcitrants à qui l’on est allé jusqu’à dénier le droit d’être considérés comme des citoyens.

Giorgio Agamben, est-il rappelé avec justesse, appelle homo sacer ces individus sur qui le pouvoir – de plus en plus algorithmique – peut sans aucun frein s’arroger le droit de vie et de mort.  

Il faut aux Etats autoritaires des ennemis publics à jeter en pâture à la populace, les non-vaccinés étant de ceux-là, des dégénérés indignes de confiance, et dangeureux.

« Le virus couronné, dans cette affaire, a joué le rôle du paranymphe : celui qui amène la fiancée – nous ! – à l’autel, pour qu’elle y découvre son futur, ce qui n’est autre que le Dispositif. A lui de redessiner la forme de nos existences ; de nous guider et de nous protéger, tel « un vampire aux allures bienveillantes », selon l’expression du philosophe Eric Sadin. »

Ne vous a-t-on jamais demandé si vous aviez « le schéma vaccinal complet » avec le plus beau des sourires de la niaiserie triomphante ?

« Ainsi la lutte contre le virus couronné, ou plutôt la mise en scène de la lutte, a-t-elle permis d’étendre et de fortifier le biopouvoir au-delà de ce qu’on pensait acceptable dans des Etats respectant un minimum de formes légales, où chacun dispose en théorie de protections juridiques. »

L’enjeu est évident : « parachever le remodelage du monde depuis le virtuel. » / « Car le Dispositif, en nous réduisant à des données algorithmiques, nous jauge et nous mesure sans discontinuer ; nous compare inlassablement les uns aux autres ; et, enfin, nous assigne à être constamment interchangeables dans une sorte de marché aux bestiaux. Ainsi non seulement sommes-nous expropriés mais à tout moment évacuables sur une planète dont on nous explique qu’il faudra bientôt l’évacuer à son tour. »

La parole de vérité étant la première victime d’une « guerre », il s’agira ici d’en réactiver le cœur et la force de renversement révolutionnaire, quand l’ignorance et la volonté de semer la panique sont des armes majeures pour des gouvernants ayant dévoilé, s’il en était besoin, leur profonde nature autocratique.

On nous a imposé de nous plier à la raison scientifique, quand elle est bien souvent un simulacre.

Après une analyse très fouillée de la façon dont les autorités scientifiques présentèrent et traitèrent la « pandémie », Sandrick Le Maguer conclut : « Le professeur Ioannidis de l’université de Stanford, premier spécialiste international des données de santé, estima dès le premier mois de l’épidémie, la létalité mondiale du virus à 0,15% soit la létalité d’une grippe banale. Elle tendait à 0,3% (grippe moyenne à forte) dans les pays riches car la population y était vieillissante et que les mesures prises y furent inadaptées. Malgré cette réalité, les populations se plièrent facilement à des contraintes que, trois mois plus tôt, elles auraient jugées absurdes. Et elles le firent au nom du seul mode de dévoilement de la vérité que désormais l’humain considérait valide : la science. Mais ce fut justement elle qui manqua. »

On lira enfin pour comprendre un peu mieux les lignes de notre avenir épouvantable un Rapport d’information du Sénat (n°673), dont sont donnés ici des morceaux choisis.

Ce qu’on y découvre est tellement impensable, qu’on croit d’abord à un faux, la Chine dans sa gestion des populations étant célébrée sans mesure.

Vers quoi allons-nous ? vers une « identité numérique, clef de voûte de l’Etat-plateforme », doublée d’une « clôture électronique » permettant de surveiller les personnes susceptibles de ne pas respecter les lois destinées à protéger les « honnêtes citoyens ».

Une phrase dit tout du désir de contrôle absolu : « La pandémie de Covid-19 présente une double particularité : c’est la première fois que le numérique est autant mobilisé, et sans doute la dernière fois où il le sera si peu. » 

Et : « Si une « dictature » sauve des vies pendant qu’une « démocratie » pleure ses morts, il y a sans doute d’autres questions à se poser. »

Julien Battesti d’ironiser douloureusement : « Les androïdes sentimentaux aimeront l’odeur des vieux livres électroniques. »

Ligne de risque, Aperçus sur l’Immonde, ou la route de la servitude, textes de François Meyronnis, Sandrick Le Maguer, Julien Battesti, Nouvelle série numéro 3, éditions Sprezzatura (Brest), 2022, 72 pages

Ligne de risque – site

Présentation à la librairie Tschann (125 bd du Montparnasse, Paris) lundi 4 avril 2022, 20h

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