Passantes de lumière, par Christine Kuzbinski, photographe

©Christine Kuzbinski Je ne connais pas Christine Kuzbinski, l’auteure qui m’envoie (E)mouvances, livre autopublié, mais j’y perçois une grande délicatesse envers le vivant et une pudeur très belle. Cet ouvrage, dont les images sont en noir et blanc, contemple avec une douce stupeur calme la rencontre entre les ombres et la lumière, entre la peau…

Le grand assassinat, par Pierre Bergounioux, écrivain

« Les manchots, les unijambistes étaient légion, que l’époque, insoucieuse de ménager certaines apparences, avait simplement pourvus d’un crochet d’acier nickelé ou d’une espèce de sabot rond, caoutchouté, qui faisait penser aux chèvre-pieds des vases grecs ou des tableaux néoclassiques. » (Pierre Bergounioux) Repartir, revenir, comprendre. Par sa folie meurtrière, La Première Guerre mondiale hante encore notre…

De l’exil intérieur, par Hélène Amouzou, photographe

©Hélène Amouzou Alors que la distinction entre humain et non-humain, vivant et processus technologique, devient inepte, un corps s’impose. Alors que le projet transhumaniste pense réalité augmentée, calcul intégral, façonnage de l’espèce, et état de guerre permanent contre quiconque oserait contredire ses plans déments, Hélène Amouzou se regarde frontalement, avec franchise, sans exhibition ni fausse…

A la campagne, par Denis Diderot, écrivain, philosophe, encyclopédiste

La Proposition embarrassante, Antoine Watteau, 1715, huile sur toile, 65 × 85 cm, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg « Je voudrais être à la campagne, pour ne plus vivre au milieu de ce tumulte public, qui me noircit l’âme. Un peu de bon air, de repose et d’étude paisible, me feraient grand bien. » (Diderot à Grimm, mars…

Un siècle volage, par Arlette Farge, historienne

La servante justifiée, Contes et nouvelles en vers, Jean de La Fontaine, 1666, Lavis de Fragonard vers 1770 « On dit même que le mariage est une libération plus qu’un enfermement parce qu’on peut se permettre d’autres liaisons. » S’il est relativement aisé de savoir comment les nobles au XVIIIe siècle vivaient leurs amours, comprendre la vie…

Au désert, par Monique Deregibus, photographe

©Monique Deregibus Quand est-on véritablement vivant ? Quand comprend-on que nous ne sommes pas de ce monde, ou si peu ? Quand nous réveillons-nous de la torpeur que nous prenons pour l’existence ? Il faut pour cela l’aide d’éléments initiatiques, lieux, objets, personnes, situations. Il faut la chance, l’ouverture, la fêlure laissant passer la lumière. Il faut basculer….

Hastière, poétique du paysage, par Christophe Le Toquin, photographe

©Christophe Le Toquin Troisième opus sur la Belgique de Christophe Le Toquin – après Le Pays Noir et Bruxelles Noir -, Hastière, offre un panorama noir et blanc des environ de la commune située dans la province de Namur, et plus largement des Ardennes. Le format tabloïd permet une lecture à la fois ample et…

Au royaume de Pluton, par David Nissen, photographe

©David Nissen Vingtième volume des éditions IIKKI, Shadow’s Praise est le fruit de la collaboration entre le photographe français David Nissen et le compositeur japonais Akhira Sano. Tous deux ont conçu un livre/musique d’atmosphère, où l’on ressent particulièrement le savoir-faire de l’artiste comme directeur de la photographie dans le domaine du cinéma.   David Nissen…

La croisière ne s’amuse plus, par Olivier Barrot, écrivain

« A force d’être malheureux, on finit par être ridicule. » (Voyage autour de ma chambre, Xavier de Maistre) Toute l’œuvre d’Olivier Barrot est un éloge du voyage, de l’altérité, de la fraternité dans la différence. Son dernier récit, Vaisseau fantôme, aurait pu être une allègre promenade en bateau de croisière de luxe du côté de l’Amérique…

Pères et fils, affaires d’âmes, par Eric Courtet, photographe, et Marie-Hélène Lafon, écrivain

Publié dans la bien-nommée collection « Ligatures » aux éditions Isabelle Sauvage, ils restent est un ouvrage qui questionne la relation père-fils, en photographie (Eric Courtet) et textes (Marie-Hélène Lafon). Un père et un fils s’étreignent (première image), dans un même habit bleu semblant les confondre. Le plus ancien des deux a le visage grave, presque bouleversé….

Le Tao celto-breton de Nolwenn Brod, photographe

©Nolwenn Brod Il y a dans toute l’œuvre de Nolwenn Brod, qui est admirable, une dialectique constante entre la violence intérieure et les chemins de libération, entre la pudeur et la franchise du corps, entre le silence et l’expressivité des visages. C’est une tension entre la sensation d’enfermement et la brûlure intime, entre l’extase et…