Ensemble, alléger notre fardeau, par Mathieu Riboulet, écrivain

  « Car nous sommes dans un temps d’attentat, de violence, de respirations courtes, d’hébétudes transitoires, de confusions profuses, un temps de crépuscule, car nous sommes dans des villes hantées par des fantômes, hantées par des mendiants, et quand les uns nous parlent nous entendons les autres, nous tendons des aumônes, nous ramassons des balles,…

La mémoire, la reconnaissance, le collectif, par Lucie Pastureau, photographe

L’adolescence est pour la photographe Lucie Pastureau une période d’intense fascination. Pour la série Luminescences, elle a rencontré à l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul, à Lille, des jeunes filles en souffrance, leur proposant de les observer comme des planètes étranges, voire « des extraterrestres ». Interrogeant sa place d’artiste au sein d’une institution, et le rôle de chacun…

De l’art de la critique en photographie, par Christian Gattinoni

Depuis plusieurs semaines, je croisais le nom de Christian Gattinoni dans des publications, dans le livre de Marie L Borgia, Rencontres en Amnésie (André Frère Editions, 2019), dans celui de Krystyna Dul, Resonance (Lëtz Arles a.s.b.l. / Centre national de l’audiovisuel (CNA), Luxembourg, 2019), et comme coauteur avec Yannick Vigouroux de l’ouvrage Histoire de la…

Le déclic avant l’acte photographique, par Sophie Calle

Parce que…, de Sophie Calle, publié par Xavier Barral, m’avait échappé, peut-être parce que je m’étais quelque peu lassé du nom et des travaux de l’artiste internationale, de son système de trouble identitaire, de ses séries baroques de mentir-vrai à la Calderon. Je ressentais une sorte de facilité apportée par le métier et la reconnaissance…

Journal d’une fille perdue, un premier roman de Clémentine Haenel

Mauvaise passe, de Clémentine Haenel (aucun lien de parenté avec le renard pâle que chacun connaît – allusion page 122) est un livre qu’il faut endurer jusqu’au bout, dans l’insupportable de ses dérives, de ses violences, de ses dégoûts accumulés, pour qu’en naisse, quelques instants, sous la lumière de Suède, une beauté d’apaisement. Mauvaise passe…

Lolita, femme fatale, par Guillaume de Sardes, photographe, écrivain

Essayiste (Nijinski. Sa vie, son geste, sa pensée, 2006) romancier (Le Nil est froid, 2009, Le Dédain, 2012, L’Eden la nuit, 2017), Guillaume de Sardes se situe aussi dans la tradition française des écrivains-photographes. Pour sa dernière programmation, Jean-Luc Monterosso lui offre le bel espace de la MEP (Maison Européenne de la Photographie, Paris) afin…

Entre sourire et silence, le roman-photo, par Jan Baetens

« Un roman-photo ou photo-roman est une histoire généralement sous une forme proche de la bande dessinée, composée de photos agrémentées de textes disposés dans des phylactères. Des journaux comme Nous Deux, Lancio ou Girls en France, ou comme Grand Hôtel en Italie sont spécialisés dans la publication d’histoires en roman-photo, à connotation généralement sentimentale. » (fiche…

La possibilité du mal, par Christophe Honoré, cinéaste, écrivain

On ne sait jamais de quel côté, ni sous quelle forme, viendra le mal. Les artistes sont en cela exposés qu’ils travaillent à leur propre mis à nu, ainsi qu’au dévoilement des grands et petits secrets formant toute l’armature de l’édifice social. Un matin, Christophe Honoré, cinéaste, écrivain, trouve punaisé sur la porte d’entrée de…

La Méditerranée, espace photosensible, par Guillaume de Sardes, commissaire d’exposition

Guillaume de Sardes est écrivain (L’Eden la nuit), photographe (Retours à Beyrouth) et commissaire de l’édition actuelle du festival Photomed consacré à la photographie méditerranéenne, exposant dans différent lieux d’art de Marseille de nombreux auteurs, pour la plupart jeunes. J’ai souhaité l’interroger pour L’Intervalle sur les principes d’orientation du vaste cycle d’expositions qu’il a imaginé,…

Je suis le roi du bois, le Zeus, le criminel, par la photographe Anne-Lise Broyer

Anne-Lise Broyer pratique l’acte photographique comme un dessaisissement, une tentative d’éblouissement et de perte. La dramatisation des instants participe chez elle d’une poétique de la voyance, d’une volonté d’opérer une sorte d’archéologie du présent permettant de relier espaces et temps dissemblables, pourtant profondément unis. Passant par la littérature et l’érudition pour interroger notre façon d’être…