Maurice Blanchot et le chant des sirènes, par Tiphaine Le Gall, écrivain (2)

  La rentrée littéraire est peu exaltante, atone, déprimante, masquée. Heureusement, il y a le premier livre de Tiphaine Le Gall, Une ombre qui marche (éditions de L’Arbre vengeur), dont j »ai écrit hier tout le bien que j’en pense. Pressentant des parentés entre cet ouvrage et Le livre à venir de Maurice Blanchot (1959), j’ai…

De la réalité absolue, par Alexandre de Mortemart, photographe

Vivant entre Londres, Calcutta et Paris, Alexandre de Mortemart est un photographe très inspiré par le cinéma, qu’il s’agisse de celui d’Orson Welles, d’Andreï Tarkovski et des maîtres formalistes russes, pour qui la dramatisation des lignes relève d’une énigme intime. Ses images au noir et blanc argentique, tirées avec beaucoup d’expressivité et de nuances par…

Stratégies de la pénombre, Possession immédiate, volume IX

Avançant vers des horizons sans cesse mouvants, la revue Possession immédiate s’impose comme un espace de liberté devenu très rare aujourd’hui. Recherchant les pulsations de vie partout où celle-ci se présente, de préférence loin des humains suffrages devenus mortifères, la revue de John Jefferson Selve et de ses beaux amis lance pour son neuvième numéro…

La photographie, un chant orphique, par Alain Willaume

Il faut imaginer Alain Willaume, enfant, plongé dans la lecture d’un atlas grand ouvert, comme on parcourt d’abord le monde en rêveries et sensations colorées, avant de se frotter physiquement à sa géographie. Photographe de l’inquiétude d’être au monde, Alain Willaume est aussi paradoxalement celui de la dissolution de l’ego dans le paysage, le visage…

Eloge des ombres, par Adam Pape, photographe

Si l’on veut préserver encore quelque chose de l’ordre d’une intimité, d’un ensauvagement secret, de notre envie de vivre selon la logique de nos instincts, il convient d’imaginer de nouveaux espaces, de pénétrer les zones d’ombre et de s’en faire des amies précieuses. Prises dans les parcs des quartiers new-yorkais de Washington Heights et de…

L’étoile manquante, un récit de l’écrivain photographe Amaury da Cunha

« L’image ne dit rien de tranchant sinon la violence du réel qui n’a pas de nom – pas de camp. » Ce sont des textes d’une page, des récits interrogeant l’énigme d’images fondatrices, des fantômes, des fantasmes. Elles sont prises à l’objectif de l’inconscient et se développent par l’écriture. Elles apparaissent dans Basse lumière de l’écrivain…

Le hasard après le hasard, par Corinne Mercadier, photographe (3)

Corinne Mercadier m’a confié des textes personnels, inséparables de son travail photographique. Pour prendre le temps de les savourer, je les diffuse sur trois jours. Jour 2. « La photographie et moi Se tenir derrière un rideau mouvant, déchiré par endroits, tenter d’apercevoir l’essentiel toujours moqueur, jamais entier et reculant devant moi. Faire de la photographie : faire…

Aussi belle qu’inquiétante, une demeure photographique,  par Amaury da Cunha

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Pourquoi y a-t-il soudain rien plutôt que quelque chose, ou quelqu’un ? Demeure, recueil photographique d’Amaury da Cunha, qui aurait pu s’intituler Vers le visage, tente d’approcher ainsi, dans le questionnement, le mystère de la présence, trouvant des formes dans des pans de nuit, construisant délicatement des « petites…

L’énigme et la beauté du temps arrêté, par Denis Roche, photographe

« Quand vous prenez une photo, quoi que vous fassiez, elle est remplie immédiatement, complètement. Vous ne pouvez pas soustraire le sujet à son environnement plein cadre. Vous ne pouvez rien y faire. Ce fait-là, j’ai besoin de le dire dans mes photos. Je ne suis pas un photographe de la décantation, plutôt de la sédimentation »…

Christopher de Béthune, la photographie comme un vol de pigeon

Jusqu’où ne s’arrêtera pas le photographe belge Christopher de Béthune ? Son dernier livre publié, Skin like winter, radicalise encore un peu plus les lignes esthétiques de ses précédents ouvrages, Pale Tales (2015), Night Ride (2015), Outland (2016), Ill Street Blues (2016), Knights in white satin (2017) et quelques autres pépites noires autopubliées. Qu’est-ce qu’un acte…

Peindre ce qui vient vers nous, par Pierre Tal Coat

Pierre Tal Coat (1905/1985) est un très beau peintre aujourd’hui relativement méconnu des plus jeunes, l’exposition rétrospective magistrale que lui consacra en 1976 le Grand Palais, dans un accrochage imaginé par le poète André du Bouchet, datant quelque peu. Les éditions strasbourgeoises L’Atelier contemporain font aujourd’hui revivre son œuvre, et sa parole, à travers une…