La photographie, un chant orphique, par Alain Willaume

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© Alain Willaume / Tendance Floue

Il faut imaginer Alain Willaume, enfant, plongé dans la lecture d’un atlas grand ouvert, comme on parcourt d’abord le monde en rêveries et sensations colorées, avant de se frotter physiquement à sa géographie.

Photographe de l’inquiétude d’être au monde, Alain Willaume est aussi paradoxalement celui de la dissolution de l’ego dans le paysage, le visage des autres, les ciels et les plaques de neige.

La parution d’une monographie somptueuse, radicale, très noire, Coordonnées 72/18, chez Xavier Barral, permet de comprendre pour la première fois peut-être à quel point le travail du photographe se situe à la jonction de la révélation et du néant, du visible et du trou noir.

Très sensible aux désastres affectant l’ensemble de la planète, en premier lieu la standardisation des comportements par la prolifération de la peur à l’échelle mondiale, Alain Willaume construit une œuvre d’alerte, sans naïveté, mais également sans sombrer dans les plaisirs de la délectation morose et de la haine de soi.

On lira par exemple ceci dans l’entretien qui suit, sonnant comme une déclaration de principe : « Je milite bien-sûr pour une pudeur des images, une orchestration de leur rareté, pour que chacune et chacun développe un système immunitaire contre l’envahissement de l’intime et la colonisation de l’imaginaire. »

Adepte d’une économie intime du retrait, l’impact visuel des photographies d’Alain Willaume se nourrit d’une nécessité de traverser la menace déposée en nombre de ses images par le rappel d’une précarité constitutive en chacun, en chaque objet du monde, qui fonde notre véritable communauté d’êtres vivants.

Croire au chant orphique de l’artiste contre le champ social construit comme terrain de guerre.

Bonne lecture.

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© Alain Willaume / Tendance Floue

Votre monographie reprenant plus de quarante ans de travail, Coordonnées 72/18, emprunte son titre au vocabulaire de la géographie. Alain Willaume est-il un point mouvant sur une carte de géographie restituant en images des états de présences à la fois stables et modifiés ?

Vous ne pensez pas si bien dire. Quand je voyage, j’atteins mon point d’euphorie maximale quand je sens que je me dissous dans l’espace au point de n’être plus qu’un simple point qui se déplace sur une carte. Lier ce livre à la géographie, dresser ainsi une sorte d’atlas, c’est lui donner son véritable statut de chant des pistes à mon travail dans une période absolument critique où le sentiment de parenté avec notre Terre semble timidement ré-émerger alors même que nous la détruisons.

N’y a-t-il pas dans votre poétique photographique une tension constante entre abstraction et figuration, ce qui apparaît et ce qui disparaît, une forme de paix et un océan de troubles, une soif d’être au monde et une sensation de néant ?

Je crois en effet ne savoir photographier que sous cette tension : elle fonde à mes yeux le réel et le rend lisible à mes yeux. Mon penchant naturel à la contemplation du monde est sans cesse vrillé par les innombrables tragédies qui l’habitent. Sans vouloir faire le récit circonstancié de ces désastres, j’essaie néanmoins d’en être l’écho, même diffracté. Mais je ne peux pas non plus résister au témoignage de quelques-unes de ses beautés fulgurantes. C’est la friction de ces deux pôles qui constitue, je crois, l’assise de ma photographie. Et ce livre, pour la première fois, en témoigne.

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© Alain Willaume / Tendance Floue

Votre livre est très sombre, comme porteur d’une menace constante, comme un état de guerre perçu en permanence. Pensez-vous comme Héraclite que Polemos est père de toutes choses ?

Plutôt que dépositaire passif d’une menace, je le vois comme une alarme qui signalerait l’urgence à résister à la peur. La peur est le principal instrument de soumission des peuples et c’est elle la véritable menace qui mènera à la guerre. Elle est entretenue à grand renfort de mises en scène du chaos et de mensonges plus ou moins bien élaborés, plus ou moins bien maîtrisés. Cette peur pourrait bien se transformer en une haine-panique incontrôlable qui balaiera toutes les parties, tous les scénarii et se retournera aussi bien contre les apprentis-sorciers qui croient la manipuler que contre ceux qu’ils voulaient surveiller et dominer.

La toute puissante polémique (Polemos), sans cesse attisée par les politiques, amplifiée par les réseaux sociaux et relayée par la plupart des media, est l’écran de fumée qui cache la violence sociale exercée par les élites sur les plus faibles.

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© Alain Willaume / Tendance Floue

La texture de nombre de vos images fait penser à des surfaces de sables, comme si l’espace était du temps pulvérisé. Comment envisagez-vous votre rapport au temps ?

C’est une belle sensation que vous décrivez là. J’ai moi-même été frappé, quand le livre a été imprimé, par l’adéquation entre le toucher du livre et le grain de beaucoup de mes images. C’est un des multiples talents de Xavier Barral que d’avoir su élaborer, par la combinaison de certaines encres avec le papier choisi, une forme imprimée qui rende aussi justice à ces textures et crée ainsi cette impression granulaire qui sied si bien à mes images. Quant à mon rapport au temps, je ne sais pas très bien quoi vous dire sinon que je suis devenu réfractaire à la vitesse, à la pression insatiable entretenue par la société occidentale.

Et sinon, j’adore la ponctualité même si je ne porte plus de montre depuis mon adolescence.

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© Alain Willaume / Tendance Floue

Que pensez-vous du terme dystopie associé quelquefois à votre univers photographique ?

Il me semble qu’avec celui d’Anthropocène, le terme de Dystopie est réapparu récemment, à la faveur des périodes troubles que nous traversons ; je ne crois cependant pas suivre les préceptes de ce genre littéraire dans la mesure où je travaille un matériau unique qui est la réalité présente et non pas un scénario pseudo futuriste préétabli qui finirait forcément mal. Me fiant à mon instinct et à ma perception du réel, je préfère laisser ouverte la conclusion. Mes images sont des énigmes : elles ne font que poser des questions, libre à chacun de reconstituer sa propre histoire. Et le dévoilement des images que je livre à la fin de l’ouvrage – à la demande expresse de Xavier Barral – ouvre davantage encore le champ.
Il me semble que  le sentiment funèbre que peut donner le livre est contrebalancé par les grandes ruptures en couleur et par l’aspect souvent méditatif des portraits qui déchirent régulièrement l’obscurité. C’est du moins ainsi que nous l’avons conçu à la suite des premières pistes données par Corinne App, la graphiste qui a construit les rythmes de l’ouvrage.

Vous assemblez des documents de natures très diverses, cartes, dessins, captures d’écrans. Qu’attendez-vous de leur friction ?

Cet assemblage complète le récit, enrichit ma photographie en s’y frottant et ainsi élargit son territoire vers des zones inédites. Et les textes de Gérard Haller qui parsèment le livre ouvrent d’autres portes, tels des échos amplifiant encore la portée des images. Ou réciproquement.

Le sacré se trouve-t-il chez vous dans la prise de conscience de la précarité du moindre existant ?

À mon sens, cela serait plutôt la conjonction entre cette conscience, en effet, et celle, politique, puissante et autonome, de la libre beauté du monde. Le sacré, lorsqu’il est associé à la liberté, est le territoire de l’art.

Night Shot
© Alain Willaume / Tendance Floue

Comment évoquer le drame des Tibétains, que vous avez rencontrés depuis 1989, sans les trahir par la séduction possible des images ? En regardant chacun, face à face, comme un mystère d’être au monde, un point d’irréductible ? Vous avez utilisé pour approcher des moines et moniales en prière la caméra à vision nocturne, outil mis au point d’abord par l’industrie militaire.

Lorsque j’ai découvert tout à la fois ce peuple, sa philosophie et son histoire cruelle, j’ai cherché longtemps comment témoigner de ce qui m’avait tant touché. Le haut plateau désertique du Tibet était déjà pour moi un territoire légendaire. Côtoyer les gens qui avaient fui le joug de l’oppresseur chinois ravivait encore ce magnétisme. Pourtant, quelque chose clochait dans sa représentation : la tragédie de ces femmes, de ces hommes, de ces enfants restait masquée derrière l’extraordinaire photogénie de l’exotisme de leurs rituels, l’humanité de leur générosité et la légèreté de leurs rires. Après plusieurs tentatives infructueuses, j’ai finalement trouvé un outil photographique adéquat qui se nourrissait de cette obscurité même qui menace de les engloutir : la technologie numérique du night shot. Elle a été inventée par et pour la guerre, une caméra paradoxale conçue pour voir quand il n’y a plus rien à voir, et qui se nourrit littéralement d’extinction : vision nocturne, magie noire. Et il est bien ici question de l’extinction programmée d’une des dernières cultures du monde véritablement bienveillante. En usant d’un paradoxe – retourner l’usage d’un outil militaire pour scruter le secret lové au cœur de l’exil intérieur de ces gens – j’avais trouvé une manière de montrer au monde ce qu’il perdrait si ce feu s’éteignait. Et simultanément d’évoquer, par cet objet de guerre, le point aveugle où l’esprit s’envole, et de montrer cela même qui menace cette braise, si fragile et précieuse.

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© Alain Willaume / Tendance Floue

Face à la déferlante des images capturant, recouvrant et viciant le monde, une voie de salut ne se trouve-t-elle pas dans la clandestinité, le retrait du visage, l’ombre ?

Oui ! Il est vital de résister à ce génocide culturel de masse auto-infligé, catastrophe qui engendre ignorance, perte de repères et effacement des valeurs. Je milite bien-sûr pour une pudeur des images, une orchestration de leur rareté, pour que chacune et chacun développe un système immunitaire contre l’envahissement de l’intime et la colonisation de l’imaginaire.

Vous avez photographié nombre de personnes cagoulées. Etes-vous allé au Chiapas ? Si oui, qu’y avez-vous vu ? Si non, pourquoi ?

Non, vous pouvez noter que je ne cherche pas à photographier des gens qui se cachent pour ne pas être identifiés mais bien qui cherchent à se protéger, et qui, par là même, deviennent eux-mêmes menace. C’est cette dichotomie qui me passionne et qui phagocyte nos sociétés.

Sommes-nous condamnés, nous qui chutons depuis notre naissance, à habiter le monde comme des survivants ?

C’est par l’illusion de la toute puissance que l’Homme chute. Et c’est la sobriété précaire du survivant qui nous sauvera, celle du migrant que nous sommes toujours pour quelqu’un d’autre.

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© Alain Willaume / Tendance Floue

Que voient vraiment les personnes que vous photographiez à Séville lors de la Semaine sainte, alors que passe un palio ? Sont-elles dans un état de conscience entre la vie et la mort ?

Elles regardent passer les interminables cortèges de pénitents qui défilent par dizaines de milliers sous leurs yeux pendant une semaine entière. Au-delà de la ferveur, il me semble que certains regards du public reflètent le désarroi de côtoyer ces silhouettes funestes et ambiguës du catholicisme traditionaliste espagnol.

Votre élément dominant est-il le feu ?

Non, c’est l’air, c’est le VENT. C’est la puissance de son invisibilité indomptée qui fait s’envoler mon esprit quand je marche dans le paysage.

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© Alain Willaume / Tendance Floue

Vous aimez les cratères, les entrées, les volcans. Votre démarche photographique est-elle orphique ?

J’aime les lieux de passage. J’ai cherché en vain la porte de Hadès dans le Magne grec. J’ai cru reconnaître le Styx près de Calcutta. Je suis monté sur la barque de Charon, le passeur, au cap Colère tout au nord ouest de l’Écosse. J’ai senti le soufre des volcans en Indonésie et en Islande.  J’ai par deux fois photographié la foudre, en Australie et en Afrique du sud. Les mouches m’ont recouvert, en Australie encore. Et trois fois, la mer a tenté de me noyer, en Grèce, au Maroc et en Inde…
Mais dans la mesure où c’est le chant d’Orphée qui permit aux Argonautes de résister au chant des sirènes, je m’en sens en effet assez proche.

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© Alain Willaume / Tendance Floue

Il y a dans votre œuvre le motif récurrent du cri, du masque, voire de la défiguration. La peinture de Francis Bacon vous inspire-t-elle ? Je pense aussi au film de Franju Les Yeux sans visage (1960).

Je crois que l’origine, pour moi, de ce motif en effet récurrent, du portrait sans visage est antérieure à ma découverte de Bacon et de Munch. En tentant une PPC (petite psychanalyse de comptoir), je dirais que cette obsession pourrait avoir deux origines :

– mon grand-père paternel avait conservé un éclat d’obus qui l’avait atteint dans la tête durant la guerre de 14-18 et il en avait gardé une légère déformation d’un œil. Il a été élevé par la Nation Reconnaissante au rang de « gueule cassée » et avait, comme tel, accès à Toulon, à une maison de retraite spécialisée où il séjournait avec d’autres « gueules cassées ». Lors d’une visite mémorable que nous lui avions rendu avec mes parents, l’enfant que j’étais avait été choqué par certains d’entre eux qui m’avaient semblé véritablement monstrueux.

– bien plus tard, un autre souvenir qui date de ma préadolescence pourrait être une autre référence possible :  c’est une peinture de Magritte de 1934, Le viol, qui représente un portrait de femme mais dont le visage est un corps féminin nu.

Que serait pour vous la photographie absolue ? Qu’y a-t-il au-delà des finisterres (Kenneth White) ? Pourquoi un tel goût pour les frontières et les territoires extrêmes ?

J’aime le bord des gouffres, les sites autoproclamés ou non du bout du monde. Ce sont des lieux qui m’attirent car il n’y a là nulle part d’autre où aller. Pour le photographe qui cherche toujours où se mettre pour trouver le meilleur angle, c’est une sensation particulièrement grisante. La photographie absolue serait donc faite de nuit, au-delà de ce point où la terre s’arrête, de l’autre côté.
Je me souviens avoir entrevu pendant une fraction de seconde, par le hublot brumeux de l’avion qui allait me déposer pour la première fois à l’aéroport militaire de Leh, au Ladakh, un panneau sur lequel était écrit : CLEAR ALL YOUR DOUBTS HERE. En arrière plan, les pics déchiquetés de l’Himalaya. C’est une image que je n’ai jamais pu faire. La photo que l’on n’a pas pu faire est une autre version de la photographie absolue.

Ce goût pour les limes doit aussi venir du fait que j’ai grandi à Strasbourg, une ville-frontière, et que les bords du Rhin qui la jouxtent à l’est, au nord et au sud, avec ses paysages désertiques, ses friches industrielles, ce fleuve puissant et venteux qui incarne les pointillés de la géographie, ont été le terrain de jeu de mes débuts de photographe. C’était pour mes ami.e.s et moi un lieu de liberté sauvage aux accents d’aventures épiques et clandestines et nous y avons vécu heureux, loin du monde des adultes.

Tenez-vous systématiquement des carnets de voyages ?

Moins systématiquement qu’il y a quelques années… mais quand je voyage « pour moi », cela m’arrive encore.

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© Alain Willaume / Tendance Floue

Comment avez-vous travaillé avec Corinne App et votre éditeur Xavier Barral ? Avez-vous exclu beaucoup d’images ?

Corinne App, qui est une graphiste qui aime passionnément la photographie et qui me connaît depuis bien longtemps, m’a proposé, en juin 2013, de réaliser un objet éditorial hors de toute contrainte, sur la base d’un vaste ensemble d’images que je lui avais remises, choisies parmi mon corpus de l’époque, très divers et sans chronologie. Une fois terminée, la maquette, d’un format spectaculaire proche du A3, me sidéra par sa cohérence, une cohérence que je n’aurais jamais osé soupçonner moi-même. Après en avoir imprimé un exemplaire, je le montrai à quelques rares amis dont l’avis comptait à mes yeux, mais elle ne reçut pas l’accueil escompté. Je le rangeai donc dans un tiroir et ne l’ai ressorti que… cinq ans plus tard, début 2018, lors d’une séance de travail consacré à un tout autre sujet avec un autre ami graphiste : celui-ci fit montre d’un tel enthousiasme lorsqu’il vit cette maquette que cela m’incita à retenter ma chance auprès d’un éditeur, d’autant plus que le projet d’installation avec le théâtre de la Colline à Paris avait pris forme. Je partis donc aux Rencontres d’Arles 2018 où une maison d’édition que je ne connais alors pas me proposa… de le publier tel quel. J’étais abasourdi et tellement heureux ! Moins de deux heures plus tard, à la faveur d’un coup de théâtre vertigineux, Xavier Barral apprit l’existence de cette maquette et de la proposition qu’un de ses confrères me faisait. Lorsqu’il m’offrit de publier lui-même ce qui deviendra Coordonnées 72/18, l’évidence était devenue criante. Je choisis donc de travailler avec lui… La suite sera pour moi un véritable conte de fée dans la mesure où la passion éditoriale de Xavier ayant rejoint l’enthousiasme de Corinne (à l’invitation de Xavier, elle se remit à l’ouvrage pour intégrer cinq ans de photos en plus), le projet dépassa toutes mes espérances en matière de créativité ! À aucun moment, Xavier ne tenta d’économiser un euro, bien au contraire. Et le résultat est à sa démesure. Comme promis, le livre fut prêt en un temps record pour l’ouverture de l’installation photographique au Théâtre National de la Colline. Et je n’ai pas une image à y rajouter !

Comment désormais prolonger votre travail, vos recherches ? Considérez-vous votre monographie comme un point d’aboutissement ou une chance de nouveau départ ?

Cet ouvrage ne se veut en aucune manière un « bilan de carrière » mais se présente au contraire comme une œuvre autonome. Et comme tel, il apporte un apaisement temporaire à la tension qui prévaut dans ma vie de photographe. Cette tension demeure, mais prendra une nouvelle forme, je le pressens déjà. Il marque donc sans conteste un nouveau départ. Et d’ailleurs, je ne ressens aucune dépression postnatale.

Expo Mélancolie des collines
© Alain Willaume / Tendance Floue

Comment avez-vous conçu votre installation photographique actuellement visible au théâtre de la Colline à Paris ? Y avait-il des attentes particulières de la part de son directeur, Wajdi Mouawad ?

J’ai eu une liberté totale. Dès le départ de cette aventure,démarrée sous l’égide de Pierre di Sciullo qui conçoit la communication du théâtre, j’ai ressenti une grande connivence et une profonde admiration pour l’univers de Wajdi Mouawad. J’ai essayé, avec un grand sentiment de responsabilité et d’humilité, d’accompagner cette tension artistique qui l’habite, et que d’une certaine manière je partage, par le choix des images. Elles  n’illustrent aucun spectacle en particulier mais des liens visibles ou plus secrets existent entre elles et sa vision du monde. J’ai également proposé de m’emparer de ce lieu plutôt ingrat, parce que non destiné à l’exposition, que sont le bar-restaurant et les espaces publics du théâtre pour les « gauchir », afin qu’ils entrent en résonance avec la programmation exigeante de Wajdi. Que les murs mêmes lui appartiennent encore un peu plus. C’est également pourquoi nous avons introduit un dispositif évolutif et participatif qui permettra à des textes de venir s’inscrire dans la scénographie.

Où partez-vous bientôt ? Pourquoi ?

Tokyo, Shanghai, Rio sont d’hypothétiques destinations futures pour des projets collectifs de Tendance Floue mais rien n’est encore confirmé à ce jour. Au printemps ou à l’automne, une île située entre la Crète et la Libye sera une autre destination possible, mais pour un projet personnel cette fois, en quête d’un territoire totalement inconnu et où je n’ai aucun repère de quelque sorte qu’il soit.

Propos recueillis par Fabien Ribery

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Alain Willaume, Coordonnées 72/18, textes David Chandler, Gérard Haller, Alain Willaume, traduction de l’anglais Anne Testut, Editions Xavier Barral, 2019, 288 pages – environ 288 photographies N & B et couleur

Exposition Mélancolie des collines, installation photographique, La Colline – théâtre national (Paris), du 8 janvier au 28 décembre 2019

Alain Willaume est membre du collectif Tendance Floue

Tendance Floue

Editions Xavier Barral

Expo Mélancolie des collines

La Colline théâtre national

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