Le kaki de nagori, le goût des saisons, par Ryoko Sekiguchi, écrivain

« Mademoiselle, je suis beaucoup plus âgé que vous, et je ne sais si je pourrai encore goûter ce légume l’année prochaine. » Le goût de Nagori est celui de la saison qui s’enfuit, emmenant avec elle toute une palette de légumes, fruits, saveurs, couleurs et odeurs. C’est un départ annuel, un voyage à regret,…

Dominique Fourcade, quarante ans d’entretiens sur la poésie

  « Ce qui donne sens à ma vie c’est l’expérience de la langue comme corps. Et, à partir de cette expérience, d’avoir compris que la langue est le corps qui fonde le réel – peut-être même est-elle le corps du réel. Dès lors un point de non-retour est franchi : certitude que l’on n’accède…

Toute âme est un nœud rythmique, par Jean Paul Civeyrac, cinéaste, écrivain

Auteur d’une œuvre cinématographique noire et lumineuse, pudique et poétiquement ardente, Jean Paul Civeyrac est aussi écrivain, ce dont atteste indubitablement son deuxième livre publié chez P.OL. Rose pourquoi (lire ma chronique sur ce livre dans le numéro de mars de la revue Art Press) La sortie prochaine, le 18 avril 2018, de Mes Provinciales, son…

Chypre et les désastres de la guerre, par Monique Deregibus, photographe

A Chypre, Monique Deregibus a rencontré l’absurde d’un conflit territorial commencé il y a plusieurs décennies, affectant aussi bien les hommes que l’entièreté du visible. A Chypre, où toute prise d’images est suspectée de servir les intérêts des puissances étrangères, ou des ennemis séculaires, Monique Deregibus a fait fi de l’interdiction de photographier. Son troisième livre…

De la vie des morts, par la photographe Marine Lanier

Messagère psychopompe, Marine Lanier est une photographe très attentive à ce qui de la vie relève de polarités contraires, non pour les opposer, mais parce qu’elles construisent des tensions entre  lesquelles s’inventent les lignes de nos existences. Dans un livre de passages et de silences, Nos feux nous appartiennent (éditions Poursuite et JB, 2016), son…

De sa vie restera une onde, par Ryoko Sekiguchi

Formulons une hypothèse sous forme de questions : contrairement à ce que l’on croit spontanément, le corps ne provient-il pas de la voix, plutôt qu’il ne la porte ? N’y a-t-il pas, autrement dit, préséance de la voix sur le corps ? Le chant/l’appel/la nomination ne nous précède-t-il pas ? Si la littérature est d’abord voix – el l’on…