« c’était là. Regarde tout est là » Menschen (les gens, les hommes) est un très beau mot, devenu synonyme de douleur depuis que les Nazis ont décidé d’en priver une partie de l’humanité, leur préférant celui de Stücke (morceaux, pièces) pour désigner les Juifs qu’ils cherchèrent à exterminer. Je lis ainsi Menschen, de Gérard Haller, livre…
Étiquette : Poésie
Les détraquages zen d’André Velter et Ernest Pignon-Ernest
Annoncer la couleur, d’Ernest Pignon-Ernest et André Velter, est un livre (Actes Sud), comme son titre malicieux ne l’indique pas, en noir & blanc et nuances de gris. Pour leur dix-neuvième production en commun, le peintre et le poète ont dialogué, sans que l’on sache qui précède qui, si l’image produit le texte ou si…
Jeter des pierres au vent, par Federico Garcia Lorca, proses inédites
« Rien de plus antipoétique que le lien logique entre deux objets de quelque espèce qu’ils soient. Il faut briser les amarres des liens visibles et invisibles. Il faut laisser les objets et les concepts aller librement où ils veulent, qu’ils luttent, qu’ils volent pour que le monde soit plus amusant et que puisse exister la…
Le lichen du temps et la pierre de poésie, par Frédéric Jacques Temple, écrivain
« Attention / à ne pas éteindre / en toi / le soleil. » Frédéric Jacques Temple a 98 ans, l’âge d’un très bel arbre ombrageant la garrigue. Qui serons-nous à cet âge ? Où ne serons-nous plus ? Serons-nous encore en capacité d’écrire notre vie ? Par le sextant du soleil, beau titre yang, presque tantrique, est son dernier…
L’esprit au plus haut niveau, Francis Ponge et Christian Prigent, correspondance croisée
« Vous me connaissez assez (je veux dire, l’auteur – par exemple – du « Pour un Malherbe ») pour savoir qu’une parfaite fureur me paraît la seule justification d’une activité critique. Il faut évidemment qu’elle s’accompagne d’une vraie culture et s’exprime preuves à l’appui. Mais voilà qui est bien votre cas. » (Francis Ponge, le 13 novembre 1969)…
My chief happiness manager est un salaud, par la revue Lignes, n°62
Le dernier numéro de la revue Lignes (62), consacré aux « mots du pouvoir et au pouvoir des mots », est excellent, qui offre à ses contributeurs la participation à un dictionnaire critique permettant, à la façon de Victor Klemperer, ou de Eric Hazan, de faire un état des lieux des maux langagiers pourrissant notre…
L’écorce encore vive de l’arbre dépouillé, par Frank Smith, poète
« nous écrivons des obscurités nouvelles » Le corps va plus vite que nous, il ne cesse de se modifier. La première phrase prononcée est déjà bien en retard sur les transformations de qui l’a lancée plus tôt. Vingt-quatre états du corps par seconde, écrivent chez Lanskine Jean-Philippe Cazier et Frank Smith, au moins. Le…
James Joyce, poète
Lorsqu’il poétise, à Dublin, Trieste ou Zurich, le grand James Joyce écrit bref, et élégiaque. Dieu est là, peut-être, dans le simple, parmi les bêtes, plus chaudes qu’âme d’homme irrémédiablement blessé, séparé. Il y a les élans d’amour, et la puissance du vent, « Ô mon enfant de bleu veinée ». « Sous les orties…
Lobos y Ovejas, qui est le loup ? qui la brebis ? par Manuel Silva Acevedo, poète chilien
« Il y a un loup dans mes entrailles / qui se bat pour naître / Mon cœur de brebis, naïve créature, / se vide de son sang pour lui » A propos de son ami Manuel Silva Acevedo, l’écrivain et scénariste Antonio Skarmeta écrit : « Il donnait l’impression de vivre toujours en hiver….
Une vie ordinaire, par William Cliff, poète
« Cette année-là, j’avais été à la recherche / d’un appartement pour avoir ma vie à moi » Lorsque tout se décompose, Lorsque l’automne est un interminable déclin, Lorsque le dernier amant a franchi la porte du cinquième étage du galetas de Bruxelles, sans espoir de retour, Il y a le vers et les formes fixes, rondeau…
Japon, prière de se déchausser, par Elena Janvier et Gérard Macé, écrivains
« Au repos, les ciseaux japonais sont ouverts. » Qui connaît les délices et les difficultés des rencontres franco-japonaises, qu’elles prennent la forme de l’amitié, de la relation amoureuse éphémère ou de l’union conjugale, trouvera dans le livre d’Elena Janvier, Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime (Arléa, 2012), nombre de clés et réflexions…
Le lyrisme comme brûlure, par Elena Schwarz, poétesse pétersbourgeoise, et sa traductrice, Hélène Henry
Après l’œuvre de Viktor Krivouline, les éditions brestoises Les Hauts-Fonds nous offrent la chance de découvrir la poésie d’Elena Schwarz (1948-2010), figure pétersbourgeoise majeure d’un groupe informel appelé les « poètes du souterrain ». Cherchant à mieux connaître cette poétesse ardente et étrange, ainsi que le contexte dans lequel son nom avait pris part, j’ai…