Imaginez un banquet, par Lauren Malka, philosophe

« Ma seule affaire, c’est en effet d’aller par les rues pour vous persuader, jeunes et vieux, de ne vous préoccuper ni de votre corps ni de votre fortune aussi passionnément que de votre âme, pour la rendre aussi bonne que possible ; oui, ma tâche est de vous dire que la fortune ne fait…

La contre-image, par Antanas Sutkus, photographe lituanien majeur, par François-Nicolas L’Hardy et Jean-Marc Lacabe

La présentation en France de l’œuvre du photographe lituanien Antanas Sutkus, au Château d’Eau à Toulouse, puis actuellement à l’Hôtel Fontfreyde de Clermont-Ferrand, est une véritable joie, tant l’impression de découvrir un continent inconnu est forte. Fort d’une archive considérable, Antanas Sutkus a porté sur son pays et ses habitants, alors que la censure et…

De l’art de la première de couverture, par cinquante illustrateurs rassemblés

Sous-titré « 50 livres rêvés par 50 illustrateurs », L’Iconographe (La Table ronde, 2017) est un hommage à l’intelligence créatrice des illustrateurs de livres. Il était temps de mettre en lumière, dans un livre d’art se dégustant lentement, cette profession méconnue, pourtant indispensable à la mise en valeur du texte, comme un écrin suscitant l’envie d’ouvrir et…

Nathalie Sarraute aux Etats-Unis, un roman nouveau

En 1964, alors que son quatrième roman vient de paraître en anglais (Les Fruits d’or), Nathalie Sarraute est invitée à donner un cycle de conférences aux Etats-Unis. Son mari, avocat au barreau de Paris, ne peut pas l’accompagner. Vingt-quatre lettres du « petit Fox » à son cher « Chien Loup » pallieront l’absence. Ayant attendu longtemps qu’advienne une…

« Les bourgeois m’inspirent de la pitié », un entretien avec Annie Ernaux

Pour Annie Ernaux, l’écriture littéraire est une puissance de mémoire et de métamorphose, permettant de dominer la domination et de renverser les rapports de force, en faisant de la fragilité, quand elle est dite sans trembler, une arme contre l’arrogance des bourgeois. Avec Mémoire de fille, la romancière revient sur la jeune femme de dix-huit…

En désespoir de cause

Dans un livre majeur publié en 1956, L’Obsolescence de l’homme, sous-titré Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle, le philosophe allemand Günther Anders écrit : « Nous vivons désormais dans une humanité pour laquelle « le monde » et l’expérience du monde ont perdu toute valeur : rien désormais n’a d’intérêt, si ce n’est le fantôme du…