Pierre-Yves Freund n’existe pas, par Pierre-Yves Freund, plasticien

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© Pierre-Yves Freund

L’œuvre de Pierre-Yves Freund s’apparente à une méditation sur le très peu et le lien forme/pensée/forme.

Son travail interroge plus qu’il n’affirme.

Ses prélèvements de matériaux dans la nature ou la ville, lors de ses marches, sont des suspensions de temps destinées, dans un espace géographique donné, lors d’une exposition, ou dans le secret d’une déposition imperceptible dans un torrent ou un bois, à transformer l’espace à partir du geste d’intervention.

Le moindre déplacement/replacement est une façon d’affecter le tout.

Ses sculptures, ne dédaignant pas l’apport du classicisme, tremblent entre le dérisoire et l’abouti.

La démarche est d’une méticulosité ascétique ouverte paradoxalement au processus du hasard.

Inassimilable socialement, l’œuvre de Pierre-Yves Freund produit, entre résistance des matériaux et sensation de mutabilité, une impression d’ailleurs, telle une entaille dans l’ordre de la réalité.

Nous avons conversé par écrit, librement, follement, dans la confiance d’une écoute réciproque.

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Atelier © Pierre-Yves Freund

L’une de vos œuvres est un néon intitulé nexistepas. N’êtes-vous personne ? Votre travail général n’est-il pas une méditation sur le rien ? Ne crée-t-on jamais que sur la ligne de flottaison entre le tout et le rien, dans un jeu de renversement infini entre ces polarités contraires ?

Rien n’est jamais vraiment plus rien, ou nous ne serions plus là pour tenter de le nommer. Alors presque rien ?

Mon travail me semble une réflexion sur le très peu, une recherche vers  un possible équilibre, fut-il éphémère. Tendre à …

Le rien se situe peut-être dans le fait de retirer beaucoup de ce qui génère du bruit dans la réalisation. Retirer jusqu’à penser que moins serait trop peu.

Philippe Cyroulnik écrit que mon travail se situe sur cette ligne de crête fragile où se font et se défont les visions et les choses. En ce lieu le vide permet d’éprouver la plénitude et le flou reconfigure le visible.

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© Pierre-Yves Freund

Votre regard me situe et me permet d’être à un moment. Je ne suis pas certain que le tout et le rien soient de polarités contraires. Suis-je mon travail, existe-t-il  indépendamment  de moi ?

Les citations qui m’ont marqué affluent à chaque pas de pensée, tenter de les éviter ?

Concevez-vous vos sculptures (ce terme vous convient-il ?) comme une tension entre la matière brute utilisée et la forme que lui donne la main expérimentée, entre le temps géologique et l’inscription qu’exerce l’intention créatrice ?

Oui, sculpture, et sculpteur, même utilisant la photographie.

Il y a tension entre une mise en espace et la matière. La main n’est pas expérimentée, elle expérimente, simple outil. Le mal faire est également un chemin vers d’autres possibles, d’autres ombres à mettre quelquefois en lumière. Cela ne prend forme qu’en faisant. Et ce faire est intime, se passe dans mon atelier, geste que presque personne ne sait.

Le temps géologique, le temps simplement, la trace et la mémoire estompée font également partie de mon vocabulaire, au même titre que les matières, plâtre, silicone,  pensée, regard, la marche lente m’est essentielle.  La lenteur.

Pour un geste montré, personne ne saura le nombre de ceux éliminés, de tentatives non abouties, non satisfaisantes. Ou/et tout peut aller très vite, au point de perdre le chemin pris quelquefois.

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© Pierre-Yves Freund

Dans un texte intitulé L’art comme expérience, rédigé à l’occasion de votre exposition Noir T à  la poudrière de la citadelle de Belfort (2015), Philippe Cyroulnik et Nicolas Surlapierre évoquent votre famille artistique, citant les noms de Toni Grand, Robert Smithson, Bernard Pages, Robert Morris, et Richard Monnier. Qu’en pensez-vous ?

De grands noms, des œuvres que j’aime .

Les premières rencontres furent l’Arte Povera, une exposition du MonoHA à Saint-Étienne, Bruce Nauman et cette impossibilité que je ressens de vouloir le ‘ranger’ dans un tiroir … Mais pas que.

Daniel Pontoreau, Didier Marcel, Laura Lamiel … Autant de noms qui me sont sympathiques.  Dans une conversation orale, les noms afflueraient, le regard ajouterait au plaisir de le nommer, soulignerait les proximités, les amitiés.

Le point commun à ces noms n’est pas tant la notion de famille, de proximité, que celle d’attachement à la matière, à la forme, qu’elle naissent des mains de l’artiste ou d’un artisan qui donne forme à des mesures, des dessins.

Un certain classicisme, une présence de la matière, une non linéarité des propositions, un rapport à l’espace,  une volonté de ne pas imposer, pas de certitudes trop pesantes, un non pouvoir,  des interrogations.

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© Pierre-Yves Freund

Donner forme à une pensée.

Tony Smith parlait ainsi de ses sculptures de métal noir : Je pense à elles comme à des graines ou des germes susceptibles de répandre la maladie. (…) Elles sont noires et probablement malfaisantes. L’organisme social ne peut les assimiler que dans des espaces abandonnés, dans ses terrains vagues, aux fanges incertaines de son territoire ; dans des endroits à l’écart de toute recherche de bien être – zones de danger non balisées, excavations et toits non gardés.

Quelle est la part du hasard dans votre processus artistique ?

Il fait partie du vocabulaire initial, comme le sont les rencontres fortuites.

Je dirais ‘ choix de hasard délibéré ‘. Ne prendre qu’avec parcimonie. Peu. Rien ?

M’intéresse autant le processus que la réalisation finale. Le processus peut amener vers ailleurs qu’initialement pensé.

La part du hasard est importante lors de la réalisation. Je pose un cadre, des règles non rigides à l’intérieur desquelles je tente. Moules réalisés avec des matériaux de l’atelier, sans ajustement méticuleux,  mains qui moulent à l’aveugle, pièces mises en terre…

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© Pierre-Yves Freund

Une forme née d’un objet trouvé, dupliqué, réplique de ce qui fut jeté au sol, dans la ravine du monde. Déplacée la forme peut parler encore, ou pas, peu sauront les formes reposées.

Faire ouvre le champ des possibles. A partir de quand un geste (me) semble-t-il abouti ? Quand le continuer, le refaire, l’épuiser n’apporte plus grand-chose, jamais rien par contre.

Faire, hasard et temps donc. Et redite.

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© Pierre-Yves Freund

Pourquoi avoir appelé vos blocs de plâtre Tentatives de réparation ?

Le métal des bacs présentait un défaut, quelque chose que j’étais le seul à voir, à connaître. Donc réparer la blessure , penser la forme réparatrice pour qu’elle dise autre chose.

L’évidence ne me plaît pas, elle serait trop simple,  pour cela que l’acte de réparer doit aboutir à une forme qui ne dise plus rien de la blessure, sans pour autant la nier. Pour cela que j’ai fort peu de sympathie pour l’art qui se confond avec l’auto-thérapie.

Réparer à l’endroit de l’accroc le tissu du temps, fut une belle exposition à laquelle j’aurais aimé participer… Comme à une autre ‘La lettre perdue’. Pas de regret. Peut-être simplement ces mots me parlent, la poétique des titres me semble importante. J’aurais aimé signifie simplement que je n’étais pas là.

Il y a certainement des blessures au plus profond qui n’ont pas à être nommées.

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© Pierre-Yves Freund

 » Il y a toujours à l’intérieur des habitations une créature d’argile qui meurt par manque de création. Souvent cet être manque au point de sa naissance non encore commencée. Sans doute est-ce la raison pour laquelle la question de la survie n’est pas même cette question à laquelle correspond le temps de réponse d’une vie. » Docimasie, de Patrick Wateau.

Apprivoiser les ombres, les connaître.

Le rassurement n’est pas mon propos.

Seriez-vous un artiste japonais vivant à Augerans dans le Jura ?

Être de nulle part ? Être.  (Je voulais simplement exister un instant dans la tête de quelqu’un)

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© Pierre-Yves Freund

L’activité artistique est-elle pour vous de l’ordre d’une ascèse spirituelle ?

Ascèse, voire ascétisme

Ascétisme : austérité, expiation, flagellation, pénitence … (Dictionnaire des synonymes)

Spirituel est autre ; disons un certain mysticisme peut-être. Une permanence de la pensée éveillée.

J’ai aimé réaliser un travail sur Siméon le stylite, mais je ne me sens pas plus enclin à la moindre religiosité que KimSooja quant elle demeure immobile dans une foule en mouvement.    Possible qu’une certaine approche de la méditation m’ait parlé, un jour,  mais non, en fait non, j’aime trop la ravine du monde.  Et j’espère ne jamais oublier l’idée de la maison du peuple, à la Louis Guilloux, dont vous parlez.

 » Comme vous j’ai cette haine farouche des drapeaux et des églises. »  Une parole de Jacques Bertin que j’ai reprise un jour…

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© Pierre-Yves Freund

De qui avez-vous reçu votre métier, vos influences majeures ?

Un métier ?  Un mot à définir donc.

Les techniques s’apprennent auprès de qui les connaît, ou je demande à l’artisan de les réaliser, il s’agit d’un dialogue le plus souvent.

L’expérimentation a une part également .

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© Pierre-Yves Freund

Je ne déteste pas que certains qui savent faire s’approprient mes gestes pour les relire, en photographie par exemple. Ce n’est pas une règle.

Les rencontres contribuent à me faire avancer (ne pas rester sur place). Creuser est aussi avancer.

Votre œuvre se bâtit à la jonction de l’immémorial, de l’archéopoétique (formes premières, totémiques, archétypique), et du très contemporain. Sculptez-vous du temps ?

Le temps fait partie de mon vocabulaire, il a une place importante dans mon travail.

Le temps pluvieux qui ronge les plâtres qui lui sont offerts, ou qui brûle, les pluies qui rongent et patinent.

Les terres et les racines, ou les herbes qui reprennent possession d’un espace ou d’une surface qui leur fut imposé, temps d’effacements.

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© Pierre-Yves Freund

La chose posée se modifie.

Les trois arbres de Proust ;  s’il avait voulu les retrouver, il les aurait retrouvés. Par contre, il n’aurait jamais retrouvé l’instant premier.

Quelle est la place de l’ironie ou de l’humour (duchampien) dans votre travail ? Je pense à l’inscription « Que de vent » sur une photographie de paysage de montagne boisée ?

Que du vent ‘ inscrit au blanc de Meudon sur une baie vitrée dominant la vallée de la Drobie, en Ardéche, écrit visible de l’intérieur du refuge, le vent soufflait fort par moment.  Pas d’humour, mais un constat d’état(s).

Je ne manie pas l’ironie ; j’aime les jeux de mots de Duchamp, surtout quand sa poésie l’emporte.

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© Pierre-Yves Freund

J’aime certains poètes contemporains, Patrick Wateau, Caroline Sagot Duvauroux, Guy Viarre …  Je ne suis pas ironique.  Plus sensible à l’écriture poétique, à l’importance du titre, en cela aussi Duchamp avait tout compris.

La dérision a-t-elle à voir avec l’ironie ?

Une œuvre comme celle d’Annette Messager vous inspire-t-elle quelquefois ?

Moins que celle de son ami Christian Boltanski, avant.

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© Pierre-Yves Freund

Vous aimez expérimenter la diversité des matériaux et des techniques. Quelles sont vos découvertes ou audaces les plus récentes ?

L’audace ? Je ne me sens pas audacieux, simplement persévérant. Répétitif, ayant volontairement réduit mon vocabulaire plastique, sans pour autant le verrouiller.

Je travaille, ce qui est en ce moment n’est que la continuité de ce qui a été. Je ne sais si je découvre, à moins de prendre ce mot dans le sens de regards nouveaux qui s’offrent. Je ne cherche ni à surprendre, ni à séduire. Simple désir de cohérence, ce qui ouvre de possibles chemins nouveaux d’ailleurs.

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© Pierre-Yves Freund

Votre approche philosophique de l’art est-elle de nature phénoménologique ?

‘La phénoménologie s’intéresse à la façon dont les choses nous apparaissent ou nous sont données dans l’expérience. Elle cherche moins à analyser des arguments, en faisant d’autres arguments, qu’à décrire la vie intentionnelle et à l’interpréter.’

La conscience des intentions ?

Peut-on différencier l’approche sociale, l’approche philosophique, l’approche matérialiste d’un travail ? Je pense qu’il est un tout, et que chacun peut se l’approprier, s’y reconnaître, y trouver ses propres questionnements, ou passer à côté sans être touché, sans même le remarquer. Un peu comme l’approche faite d’un individu par un médecin homéopathe, il y a un tout avec ses interpénétrations, pas une suite de morceaux.

Il existe un texte d’une conférence de Cadere dans laquelle il aborde son travail avec le regard de différents interlocuteurs, mathématicien, sociologue.. .  Tout dépend du point de vue depuis lequel on regarde une œuvre.

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© Pierre-Yves Freund

Arriver au silence des fragments (Patrick Wateau).

Un pavé qui serait une feuille de papier froissé : cherchez-vous à vous confronter à la résistance des matériaux, et à leur possible mutabilité ?

Je crois là que votre lecture de mon travail est une réponse.  Il nous faudrait un dialogue, silencieux.

Je pars souvent de rencontre de formes, de géométries croisées qui m’interpellent à un moment, de marche en ville ou en nature, de petites phrases écrites. Je peux déplacer en m’appropriant, en distanciant et en fonction d’une préhension d’un espace proposé.

L’objet déplacé peut perdre tout sens, dés lors je le replace là où je l’avais dérobé. Ou pas. Est ce le sens de ‘mutabilité ‘ ?

Mot pris dans le sens ‘déplacement’ ?

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© Pierre-Yves Freund

La colère de pavés de papier, une métaphore séduisante.

La résistance, la mutabilité  ne sont elles pas liées à la notion de temps nommée  antérieurement ?

Scrupulus : diminutif (de scrupus : pierre pointue, roche) qui désigne par son étymologie bien ancienne, une petite pierre, pointue, qui provoque un moment d’hésitation, de doute, d’empêchement. Une petite pierre qui, malgré sa petitesse, nous pose, à compter de ce moment, un problème, qui nous oblige à un détour.

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© Pierre-Yves Freund

Pourquoi aimez-vous le mot « imparfait » ?

En opposition à ‘parfait’. Je ne tends pas à l’être, du moins à ce jour. N’y a-t-il pas quelque chose de terriblement définitif dans le terme ‘parfait ‘ ?

Le prendre également comme un temps de conjugaison ?

Les volumes sont souvent imparfaits, portent les traces de leur vécu, des transports … Le mot ‘parfait’ est pour moi la meilleure raison d’utiliser le terme ‘imparfait’.

Qu’appelez-vous des « rituels d’appropriation » ?

Parlé de la ravine, de petits prélèvements.

Ce terme ‘rituel d’appropriation’  correspond également à une vidéo, quand un souffle tentait de redonner mouvement aux ailes d’un papillon. Elle fonctionne en boucle, petits rituels d’endormissement. Rituels et non rites.

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© Pierre-Yves Freund

C’est aussi un mot qui sert à justifier les différents prélèvements que je réalise, éphémères.

L’appropriation de l’espace où je vais travailler ? Marcher dans l’atelier, le ranger, déranger – je pense à des vidéos de Bruce Nauman.

M’approprier le lieu d’exposition.

Passer de longs moments à placer déplacer quelques formes de plâtre, reculer, regarder, déplacer de rien, recommencer cela des heures durant… Est-ce cela ma sculpture, est-ce quelque chose de l’ordre de la méditation, de la concentration ? Est ce que cela résonne  convenablement avec l’espace ?

Sinon poser vite et partir, mais c’est un objet peut-être ainsi perdu.

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© Pierre-Yves Freund

A l’opposé, ou presque, confier, s’affranchir du geste personnel, faire confiance à autrui… L’histoire aussi importante que la forme peut-être ? Dans ce cas, l’appropriation est confiée à autrui.

Ce que faisait Boltanski, quelques instructions données pour une mise en espace.

Il y a chez vous une sorte de discrétion dans l’occupation de l’espace par vos objets-sculptures. La notion de secret vous conduit-elle ? L’éloge de l’ombre, de Junichirô Tanizaki n’est-il pas un de vos livres de chevet ?

Il l’est.

Tanizaki. La notion de secret, d’ombre ; le secret confié, de mots donnés dans certains écrins, des boîtes fermées qui permettent de conserver une idée, ou de ranger une pièce quand l’habitude a cessé de nous surprendre. Je n’ai pas de certitude.

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© Pierre-Yves Freund

Qu’appelez-vous un lieu ?

Ce ne sont pas les choses qui existent, ce n’est pas le monde qui existe, mais le rapport entre eux (Lee Ufan)..

Un lieu, ce peut être là où nous sommes, là où nous passons, endroit qui semble n’être rien, et devient lieu d’être un instant nommé.

Un lieu est sans doute partout, mais pas n’importe où.

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© Pierre-Yves Freund et Arnaud Vasseux

Votre rêve ultime ne serait-il pas que les pièces que vous produisez soient considérées, après un temps de suspension lié à la stupeur de leur découverte, comme des êtres de nature, et puisent être confondus avec l’ordre environnemental ?

Elles le sont pour certaines, déposées dans le lit d’un torrent, au creux d’un arbre, sous un pont, enterrées… Et je sais chacune d’entre elles, ou presque. Pas perdues.

L’acte de création est-il pour vous de l’ordre d’une addition ou d’une soustraction ?

Forcément une addition en me nourrissant de ce qui existe,  et plus le temps avance moins je sais de choses.

Une chose qui arrive,  découvrir une réponse portée par autrui à une question qui taraude. Chercher une autre réponse ailleurs.

Donc addition de bruit dans un premier temps. Un brouillon à biffer.

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© Pierre-Yves Freund

Forcément une soustraction de tout l’inutile  dont je m’entoure, intentions rassurantes (esthétiques ? adroites ?)  qui semblent abouties, mais sont écrans dressé entre moi et quelque chose de plus nécessaire que je pressentirais ? Tenter d’approcher cette ombre, d’en connaître une origine, une lumière ? Une grotte ?

NOTES

Difficile de prétendre ne pas exister, paradoxe impossible à tenir des lors que le travail est montré. En même temps toute cette agitation n’est rien, hors le désir d’exister un instant. Les egos d’artistes.

Faire se côtoyer du presque dérisoire (mot pris dans le sens facilité ou banalité) et du pensé abouti. Comprendre les ponts possibles, les apprivoiser, travailler sur ces passerelles qui peuvent mener ailleurs, vers quelque chose du domaine de l’art. Du bel objet d’art ?

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Quelque chose contenant sa propre fin, qui peut ne pas fonctionner, ne pas être ; à la manière de ces pièces ‘Quelque chose’, parallélépipèdes creux et clos de plâtre à l’intérieur desquels est allumé un tube halogène de 500 watts. Pression et chaleur font se fissurer le contenant, cela peut fonctionner ou pas, cela va vers une extinction. Ne reste qu’image de ce qui fut, ou aurait pu être.

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Quelque chose‘ : petits parallélépipèdes de plâtre, contenant chacun un tube halogène de 500 watts ; mis sous tension, ils réagissent, fument, se fissurent, et s’éteignent plus ou moins rapidement, rien n’est prévisible. Ils peuvent demeurer inertes.

Acte performatif, échange autour d’une pièce à durée de vie limitée, mise en espace temporaire, dont subsistent photographies et vidéos.

Un instant, temps d’effacement renouvelé ou non jusqu’à épuisement. Lucioles aléatoires, cela peut s’éteindre de n’avoir jamais été.

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Mes dernières photographies répondent également à ces préoccupations, il s’agit de détails aléatoires de rencontres d’éléments, et je voudrais que cela dessine un autre possible, un peu comme le conte la fin du livre ‘l’homme qui rétrécit’.

Paradoxalement dans ces dernières photographies beaucoup se dessine (trop?), que je ne peux estomper sous peine de tomber dans une postproduction adroite. Un renversement ?

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Site de Pierre-Yves Freund

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