De l’intime au masculin, par JeanLouis Tripp, bédéiste

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Extases, de JeanLouis Tripp, est une bande dessinée impertinente, amusante, et informative, une exploration du désir masculin et des émotions érotiques abordées avec un gai savoir communicatif.

Premier volume d’une entreprise autobiographique courageuse consacrée au dévoilement intégral de son intimité, cet album de l’auteur du Bœuf n’était pas mode (1978) est une manière d’encyclopédie modeste traitant le thème des relations amoureuses par le biais de la découverte de la sexualité. Son sous-titre dit tout de sa volonté de dessillement : « Où l’auteur découvre que le sexe des filles n’a pas la forme d’un x… »

Sans gloriole ou volonté de performance, loin des stéréotypes, l’amour à deux ou plusieurs est ici abordé de façon confiante, ludique, douce, drôle.

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« Le sexe était comme les antennes des insectes. Un instrument de découverte, une manière de connaître les autres… mais de cela, je n’étais pas encore conscient… »

Un homme dans sa fragilité et ses fantasmes, ainsi s’avance en tremblant dans toute sa détermination JeanLouis Tripp, exposant de façon presque candide la complexité de l’éros masculin.

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« Le romantisme fait battre le cœur plus fort, et j’adore ça !… »

Extases – titre trouvé par l’ami Lorenzo Mattotti – commence par l’arrivée en classe de CM1 de la jolie Dorothée Scheffer, grands yeux curieux, excellente élève, partie très vite pour les grandes vacances en Australie. Admiration, premier chagrin d’amour.

Petit à petit, l’enfant fait son apprentissage : un nu de Modigliani dans la chambre à coucher des parents, des revues naturistes allemandes, et cette question lancinante, obsédante : « Qu’y a-t-il sous les jupes des filles ? »

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En Angleterre, les collégiennes sont pop, n’ont pas froid aux jambes, et sont plutôt entreprenantes. C’est le premier baiser avec la langue, les rêveries, la découverte de l’onanisme, l’inouï d’une première éjaculation.

Et le lecteur de comprendre que la quête du plaisir ne va bien entendu pas s’arrêter là.

Jeanlouis commence à dessiner, rencontre Caroline, apprend à connaître son corps, et la puissance de l’orgasme féminin.

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« Et moi, tel Rahan, je savais maintenant faire naître le feu sous mes doigts… »

Mais assez vite, malgré son amour fou pour Caroline, JeanLouis ressent la monogamie comme une limitation de son être, invente des jeux, et multiplie les expériences, avec des garçons, une autre fille.

La vie en toutes jouissances, le sens même de l’aventure quand on a dix-huit ans.

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Mais soudain c’est le drame : « Mon frère Gilles est mort dans sa douzième année sur une route départementale du Finistère, renversé par un chauffard qui a pris la fuite. »

Rage, violence, baisse de la libido, soutien de Caroline, et reprise en main.

La vie de couple devenant routinière, le jeune homme propose à sa compagne le chemin de l’adultère, tentant de vaincre sa jalousie par une érotisation candauliste de la tromperie.

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Bientôt ce sera une orgie (fin du livre), et l’on se demande bien quelle tournure prendra le volume 2 d’Extases.

Le dessin est en noir et blanc, rapide, électrique.

C’est la vie à cent à l’heure, une curiosité omniprésente, une volonté de tromper la mort.

Extases

JeanLouis Tripp, Extases, Où l’auteur découvre que le sexe des filles n’a pas la forme d’un x…, éditions Casterman, 2017, 280 pages

Editions Casterman

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