De la noblesse lusitanienne, par Michele Palazzi, photographe

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© Michele Palazzi

C’est un livre sidérant d’intelligence calme et de beauté se présentant sous la forme de cahiers cousus, de pages à déplier, scandées de photographies imprimées sur papier transparent, et d’une pochette carrée contenant le tout, faisant songer à celle d’un disque 33 tours.

La confection en est artisanale, et d’une grande solennité, comme un objet à la fois expérimental et sacré.

Son auteur en est l’artiste italien Michele Palazzi – né en 1984 -, ayant donné comme titre à cet ouvrage de soin extrême Finisterrae : terra di confine.

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© Michele Palazzi

Il s’agit d’une exploration en quelques images de l’identité lusitanienne, à la fois très concrète et fantasmée, premier volume d’un projet de dimension sud-européenne devant se développer par la suite en Italie, puis en Grèce.

On est ici aux marges du mythe et de l’immémorial, dans une approche du territoire observé comme à la fois sublime et inquiétant.

Peu de photographies, mais une profondeur de temps dans l’espace, des portraits d’humains et d’animaux, des lieux vides porteurs d’un feu intérieur pouvant se mettre à crépiter à n’importe quel moment.

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© Michele Palazzi

 

Le rêve d’Europe commencerait-il au Portugal ?

Les nobles visages révélés par le photographe sont-ils de la lignée ininterrompue des seigneurs de notre continent ?

Il y a ici beaucoup de noblesse, beaucoup de mystère, et l’impression de découvrir par chance, dans une bibliothèque de bois vénérable, un incunable.

Diptyque d’une usine Léviathan et du mufle d’un bovin mâle aux yeux bandés.

Diptyque d’un reste de glacier surmonté d’une croix et d’un apiculteur.

Des ombres, un ossuaire, des flammèches.

Une matière spectrale et des murs de pierres effondrées.

Des veines, des roches, des empreintes, une chambre à l’abandon.

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© Michele Palazzi

Le sens est suspendu, mais tout semble pouvoir reprendre vie à chaque instant, comme dans l’attente d’un nouveau tremblement de terre de portée destinale.

Voici un cheval mauve près d’un léopard alangui, faussement endormi.

Finisterrae ne palabre pas, ses images semblant surgir de la nuit et de l’inconscient d’un pays révélé dans toute sa force visuelle et son énigme par un Italien sismographe pratiquant l’art de la soustraction.

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Michele Palazzi, Finsterrae : terra di confine, texte Herberto Hélder, design Valentino Barachini & Chiara Capodici, Leporello / Origini Edizioni, 2019 – 200 exemplaires numérotés

Origini Edizioni

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Michele Palazzi

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Michele Palazzi est réprésenté par Contrasto Agency & Academic Coordinator at the Rome University of Fine Arts (RUFA)

 

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