L’après jour, une ballade photographique de Laure Vasconi

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©Laure Vasconi

L’après jour de la photographe Laure Vasconi n’est pas Le jour d’après, de Roland Emmerich (2004), film catastrophe annonçant une nouvelle ère glaciaire.

Ici, tout est relativement calme, le glas n’a pas sonné, et l’on peut prendre encore le temps de brasser les archives, de les regarder en tous sens, sans hiérarchie, loin de l’obsession calendaire.

L’après jour est un journal photographique reprenant vingt-ans de travaux, aboutis ou non.

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©Laure Vasconi

C’est un livre de traces mémorielles, de routes sans poteaux indicateurs, de visages plutôt jeunes, d’édifices urbains, de paysages sans tonitruance, d’éternel retour du même, ou à peu près.

Il y a, analysables selon la féconde logique dialectique, des antennes paraboliques, des escaliers d’immeubles, des façades obturées, des pulls à capuche, des bulldozers, des structures de béton, et des joies d’enfants, des soirs de Noël, des grâces de danseurs, des déjeuners sur l’herbe, nus ou non.

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©Laure Vasconi

L’après jour pourrait être composé de photogrammes d’un film noir ou d’un road movie s’il n’échappait à toute classification et ne puisait sa force de sa grande liberté formelle.

La vie se donne comme un flux, de sensations, de lumières, de fictions inachevées.

Quelqu’un jardine, trace des cercles dans la terre, créant peut-être ainsi le rite fondateur d’une nouvelle religion.

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©Laure Vasconi

Des habits disposés sur le sol selon la forme d’un corps humain attendent leur prochaine incarnation.

Un petit garçon en lunettes de soleil recroquevillé dans un panier en osier contemple sans sourire sa drôle de contemplatrice cyclopéenne.

On reconnaît Berlin, un écran de télévision, des belles de nuit.

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©Laure Vasconi

Les images sont de toutes tailles, se chevauchant parfois, en doubles pages ou miniatures isolées dans le vaste océan blanc du livre.

Le principe est donc musical, pas forcément contrapunctique, à tout le moins jazzé.

La vie se déploie telles des vagues de rêves.

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©Laure Vasconi

Pas de punctum à proprement parler, mais des successions de points de désorientation, parce que de l’anarchie savamment orchestrée, et de la confiance dans l’appariement, se déduiront bien les lois d’un hasard supérieur.

Le monde appartient aux enfants, c’est-à-dire aux arbres, aux hérissons, aux nuages sans nom, aux chiens errants étendus dans la rue.

Mais si la beauté est buissonnière, la réalité est aussi particulièrement âpre quand on n’a pas de toit, quand on est réfugié, quand on vit sans racines, sous les ponts, près des aéroports, sur des cartons mouillés.

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©Laure Vasconi

Laure Vasconi ne discourt pas, s’enchante plutôt de ce qui est, sans masquer le chagrin possible.

L’après jour est un livre d’énergie indocile, de feu doux, de fraternité, d’amour maternel, nous enjoignant calmement de ne pas oublier le petit Apache sommeillant en chacun de nous.

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Laure Vasconi, L’après jour, texte Laure Vasconi, Filigranes Editions, 2019 – 330 exemplaires

Site de Laure Vasconi

Filigranes Editions

 

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