Namur, une rage silencieuse, par Jean-François Flamey, photographe

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© Jean-François Flamey

Comme à peu près partout dans notre belle Europe, Namur, noble dame couchée sur les flancs de la Meuse, a confiné, qui reconfine aujourd’hui, et reconfinera probablement encore après-demain.

La chanson n’est pas douce, elle est désespérante, exaspérante.

Confrontés à l’espace de leur quatre murs ou un peu plus, les photographes ont vu leurs yeux grandir démesurément, cherchant à percer les parois de la claustration.

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© Jean-François Flamey

Pour certains, le voyage fut intérieur, quasiment initiatique, peut-être même un peu mystique : face au vide, on peut accroître sa capacité de sagesse.

Ainsi Jean-François Flamey dans le périmètre de sa réclusion, marchant au coucher du soleil sur les quais splendides, regardant les  ombres se former en lui, et dans les rues désertées.

Ses images ont une texture onirique très belle, presque japonaise parfois, parce que nous avons tous été alors des somnambules errant dans les limbes ou sur le pont flottant du ciel.

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© Jean-François Flamey

Métamorphosée par l’art, la mi-vie est devenue sur-vie, gloire de l’instant au-delà du mal.

La lumière aurait pu disparaître, a disparu quelquefois, mais par la roc de la rue Antée se redresse, photographie ses sensations, son chancellement.

Un réverbère, des oiseaux, une fenêtre éclairée.

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© Jean-François Flamey

Dans le train fantôme de l’Histoire, s’affichent des lettres de peu (Restez chez vous, Prenez soin de vous et des autres), quand Moïse voyait en lettres de feu.

Tout va finir par rentrer dans le désordre…, titre de l’opus flameyien, est notre nouveau commandement, le plus triste peut-être, ou le plus enthousiasmant si l’on croit encore aux vertus de la révolution.

Cigarette, cou nu, couperet du noir barrant la poitrine comme le bloc architectural aux abords de la route.

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© Jean-François Flamey

Un porte-manteau, une piscine fermée, un caniveau qui déborde, un jogger à tête de chien.

De quoi avons-nous vraiment besoin ?

Avons-nous encore l’envie de jouer à cache-cache ?

Sommes-nous des poissons morts, asphyxiés sous nos masques ?

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© Jean-François Flamey

Une enseigne lumineuse, des skateurs, un roitelet si beau qu’il faut le laisser partir.

Envers, travers, dévers : la photographie nous conduira à Rome la sainte, ville de la Transfiguration.

Si tu ne connais pas le chemin que capture l’objectif, le chemin, lui, te connaît.

Une silhouette féminine, des broussailles, des traits de peinture.

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© Jean-François Flamey

Des rencontres furtives.

Des vies à louer.

Des dos  courbés.

Et puis une main traversant une nuit atomique, main négative et primitive caressant la fourrure d’un chat bigleux.

Dans une période soustractive, Jean-François Flamey a tenu ferme le carnet de ses visions.

Quel sera le tome 2 ?

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Jean-François Flamey, Tout va finir par rentrer dans le désordre…, impression Atelier OOBLIK (Marc Tallec et Claire Morin), Ohm éditions, Collection 50/50, 2020

Ohm éditions

Jean-François Flamey

Ooblik

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