Tropical Stoemp, revue de photographie barbare

© Mathieu van Assche Le stoemp est un mets belge, dont les protagonistes eux-mêmes ignorent la recette exacte. Il est généralement composé de carottes, de poireaux et d’épinards, mais il peut être aussi constitué d’images, ainsi le premier numéro de la revue de photographie belge, au titre oxymorique pour un plat du Nord, Tropical Stoemp….

D’arche en arche, par Robert Groborne, peintre, sculpteur, photographe

Robert Groborne, né en 1939 à Alger, est peintre, sculpteur, dessinateur, graveur, photographe, ayant trouvé en Claude Molzino, philosophe, son critique/passeur de prédilection. Je les découvre réunis par deux fois, aux éditions Manucius, avec les ouvrages Journal du Japon (1994-1996), publié en 2015, et Passer, sans fin (2020), titre derridien s’il en est, concernant la…

Eloge de la douceur, Peder Severin Krøyer, peintre danois

« C’est une heure incertaine, c’est une heure entre deux / Où le ciel n’est pas gris même quand le ciel pleut » (Françoise Hardy) L’heure bleue, période entre le jour et la nuit où le ciel se remplit presque entièrement de bleu foncé, est aussi le titre d’une chanson de Françoise Hardy, un parfum de Jacques…

A propos de prés, par Francis Ponge, poète

Le Printemps, 1956 – Pablo Picasso « Au dessus des prés à l’aube et le soir, / la nappe de brume » En 1971 fut publié chez Skira, dans la collection « Les Sentiers de la création », La Fabrique du Pré, de Francis Ponge, livre montrant les dessous – ou brouillons – du poème Le Pré, le poète…

La morale est un mensonge, par Thomas Bernhard, écrivain

« Le psychiatre est le plus incompétent des médecins, et il est toujours plus près du crime sadique que de la science. Toute ma vie, ce dont j’ai eu le plus peur, c’est de tomber entre les mains des psychiatres, en comparaison desquels tous les autres médecins, qui sont en fin de compte toujours funestes, sont…

Un Tex Avery écrit par Kafka sous LCD, la fin du monde, par Thomas Vinau, romancier

« La vie ce petit inventaire merdouilleux » (Thomas Vinau) L’humour apocalyptique sied bien au philosophe pince-sans-rire de l’accident et des pollutions systémiques, Paul Virilio, cité en exergue du roman (oui, si l’on veut, à la façon du caoutchouc) de Thomas Vinau, Fin de saison (Gallimard, collection Sygne) : « La fin du monde est un concept sans avenir. »…

Ne jamais briser l’harmonie, Hokusai, par Kenneth White, essayiste, poète, nomade

« Hokusai arrive sur la scène du monde flottant au moment où les « images rouges », les « images de brocart » jonchent les rues d’Edo comme des feuilles d’automne. » (Kenneth White) En ces temps désastreux, la création d’une nouvelle collection par une maison d’édition de qualité est une bonne nouvelle, d’autant plus enthousiasmante qu’il s’agit de rééditer des…

En Neuroleptie, par Christophe Esnault, poète

© Aurélia Bécuwe « Car quand tu es à 400 miligrammes / A 500 milligrammes / A 600 milligrammes / A 800 milligrammes / Tu as pris tellement de poids / Que tu n’entres pas dans la cabine de douche » Ça ne va pas toujours très fort pour Christophe Esnault – des troubles de la sensibilité…

Foules du XXIe siècle, par Bas Losekoot, photographe

© Bas Losekoot Posant son regard sur la foule des grandes villes – New York, Sao Paulo, Séoul, Mumbai, Hong Kong, Lagos, Istanbul, Mexico -, le photographe néerlandais Bas Losekoot s’intéresse aux points de solitude qui en chacun fondent l’humanité. Aux moments d’interruption par l’introspection, aux contrepoints, à l’arrêt soudain du mouvement ininterrompu par l’effet…

Hoc opus / Hic labor est, par Jean-Luc Godard, Jean Parvulesco et Christophe Bourseiller

Pour aborder le continent Godard, jeune auteur de quatre-vingt-dix ans, dont plus de soixante consacrés au cinéma, deux ouvrages paraissent conjointement, un livre de témoignage de Christophe Bourseiller, En cherchant Parvulesco (La Table Ronde) et Godard / Machines, recueil d’articles publiés sous la direction de Gilles Mouëllic et Antoine de Baecque (Yellow Now). Qui était…

A l’Est de nulle part, par Fabio Ponzio, photographe

« Le personnel des administrations, les manières et les visages des concierges jusqu’à ceux des directeurs, tous me regardaient comme des paysans parvenus. La police, les services secrets, les fonctionnaires du parti avaient beau être grossiers et contents d’eux, c’étaient encore à moitié des paysans. A force de les dresser, on ne leur avait guère enlevé…