D’arche en arche, par Robert Groborne, peintre, sculpteur, photographe

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© Robert Groborne

Robert Groborne, né en 1939 à Alger, est peintre, sculpteur, dessinateur, graveur, photographe, ayant trouvé en Claude Molzino, philosophe, son critique/passeur de prédilection.

Je les découvre réunis par deux fois, aux éditions Manucius, avec les ouvrages Journal du Japon (1994-1996), publié en 2015, et Passer, sans fin (2020), titre derridien s’il en est, concernant la pratique de sculpteur de l’artiste.

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© Robert Groborne

Sculpter, c’est ouvrir des portes, pour peut-être les faire correspondre aux portes qui sont en nous.

Il est écrit à l’entrée de la petite église Sainte-Onenne de Tréhorenteuc, dans la forêt de Brocéliande : « La porte est à l’intérieur. »

Voilà pourquoi il faut l’art, la prière, l’amour.

Une sculpture comme une épure.

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© Robert Groborne

« Il s’agit de bronze, écrit Claude Molzino, ce métal lourd mais dont la pesanteur ici se retourne, s’inverse et prend son envol, battant en brèche la vocation formelle du matériau, comme dit Focillon, et assumant en plénitude l’appel de la sculpture à être un art aérien, un art de l’ouvert. »

Les sculptures et les polaroïds japonais de Robert Groborne relèvent d’un art de la soustraction, d’une forme d’ascèse, d’un dialogue avec les lumières et le vide.

Il y a ici une recherche de la mise en évidence des lignes, de l’architecture, de la structure du vivant, de notre habitat, de notre façon d’inscrire notre corps dans des constructions sensibles et symboliques.

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© Robert Groborne

Les œuvres de Robert Groborne ne sont pas que simples assemblages de matière : s’exprimant ainsi, l’esprit s’expose.  

Le langage bute sur les figures géométriques, les regarde dans tous les sens, les contourne, glisse avec le photographe sur un bambou, un tissu, un kanji.

Tout est profondément sensé, même si nous ne parvenons pas à dire pourquoi.

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© Robert Groborne

Il y a du shintoïsme chez Robert Groborne, des bronzes comme des glyphes, et des traits en suspension comme des linteaux, ou des arches.

Claude Molzino pense archétypes, variations musicales, recueillement, dépassement de la dualité dans la métamorphose.

Bien sûr, le psychologue des profondeurs Carl Gustav Jung n’est pas loin, de même que Hölderlin médité par Heidegger.

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© Robert Groborne

« Arche, huis, bouche, chaque œuvre parle, poursuit le philosophe, non pour caqueter bruyamment comme le fait tout bavardage – y compris (surtout ?) dans l’art contemporain – mais pour incarner la dimension oratoire, la consistance d’oraison ou de prière, sise au fond de toute parole. »

C’est vers cette parole au cœur de toute parole, prenant la forme d’un nénuphar, d’un tatami, d’une vasque ou d’une fenêtre que se dirige au Japon l’artiste pérégrin.

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© Robert Groborne

Des cadres dans le cadre, comme des théories de portes, ou de voiles se levant successivement.

L’œuvre de Robert Groborne est une entrée dans le simple, demandant, pour ne pas le manquer, beaucoup de science.

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Robert Groborne, Passer, sans fin, texte de Claude Molzino, Editions Manucius / Editions Peuplier, 2020, 46 pages

Editions Peuplier

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Robert Groborne, Journal du Japon (1994-1996), texte de Claude Molzino, Editions Manucius, 2015, 132 pages

Editions Manucius

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Se procurer Passer, sans fin

 

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