Il grido, par Olivier Pin Fat, photographe, artiste visuel

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©Olivier Pin Fat 

Les amis des éditions italiennes Origini Edizioni (Livourne) produisent sur le plan graphique et des recherches formelles des livres exceptionnels.

Dernier en date de leurs expérimentations majeures, Bones apart du rare et radical Olivier Pin Fat,

Présenté sous emballage cellophané cousu main, cet ouvrage est un ensemble de sept pièces indépendantes de formats différents rassemblées comme on regroupe sous pochette des documents de travail.

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©Olivier Pin Fat 

Au lecteur donc de développer ses intuitions, et de construire une unité perdue, éclatée, retrouvée.

Des calques, des posters, des scotchs, un cahier à spirales, on n’a jamais rien vu de tel.

Dessiné par Valentino Barachini, Bones apart est un chaosmos, une poétique totale composée d’images en noir & blanc analogiques, découpées, déchirées, associées, montées avec une inventivité qui enthousiasme.

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©Olivier Pin Fat 

C’est un territoire de liberté, un espace échappant au contrôle (social/du regard/du marché), acceptant les accidents du tirage comme des apparitions de vie.

C’est un mystère au sens ésotérique, faisant songer au premier pharaon, Osiris, dont les quatorze parties de corps dispersées dans toute l’Egypte furent recherchées par sa sœur-épouse tant aimée, Isis, qui parvint à le réanimer par le battement de ses ailes, ainsi que le fera peut-être le lecteur le plus génial, ou le saint.

Tout ici est perte et renaissance, égarement et retrouvailles, mélancolie et énergie.

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©Olivier Pin Fat 

La photographie n’a nul besoin d’être parfaite pour exprimer, pour révéler, pour mythifier.

Elle s’auto-reproduit, se duplique, se repique, en quête de sa propre origine.

Première étape d’un travail au long cours, Bones apart métaphorise en ses nombreux fragments le corps d’une femme enceinte dont l’accouchement fera naître des yeux dès que les poumons du petit d’homme auront reçu la brûlure de l’air inaugural.

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©Olivier Pin Fat 

Voilà donc une matrice, des cuisses qui s’ouvriront, des seins d’où le lait coulera.

Mais Olivier Pin Fat n’est pas essentialiste : il y a le giron, mais aussi le beau sexe du transsexuel se coiffant les cheveux avec les mains.

Il y a inondation, ou fécondation, il y a nuit originelle, précapitaliste, pulsionnelle et pulsante.

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©Olivier Pin Fat 

Une paupière, un tourbillon, des couloirs, un temple-discothèque.

Sur le matelas des fantasmes poussent des forêts de symboles, la mousson y est perpétuelle.

Coulures, délabrements, carcasses, humidité amniotique.

La colonne vertébrale pense, comme les brins d’herbe, comme le pied franchissant l’abîme.

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©Olivier Pin Fat 

Par les blessures des images mises côte à côte à la façon d’une mosaïque abstraite, par le blanc de la déchirure qui les colle, par la faille et l’entaille, bée l’univers entier.

Miscellanées et mycélium, racines et rhizomes forment la substance capiteuse de Bones apart.

Il faut commencer par faire l’amour, mélanger les fluides, puis se retrouver seuls ensemble, pour comprendre qu’on peut sortir de son cadavre, que la vie n’est pas un programme, un projet ou une ambition, mais qu’elle est un cri d’unité, dont l’art à son plus haut niveau se fait le témoignage.

Ce que perçoit Dante quand il regarde Giotto : il grido.

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Olivier Pin Fat, Bones apart, design Valentino Barachini, 2022 – 150 exemplaires numérotés et signés

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Olivier Pin Fat

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Se procurer Bones apart

 

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