Philippe Pétremant est un photographe vivant et travaillant à Lyon, soutenu par la galerie Le Réverbère depuis 2002, qui lui offre aujourd’hui un livre présentant cent dix pièces, Hiperman. On y perçoit immédiatement toute l’ampleur du rire de cet artiste ne craignant ni le macabre, ni le saugrenu, ni le kitsch. Voici la tête d’une…
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Photographier la grâce, par Judith van IJken
C’est un livre d’une délicatesse folle, qu’il ne faut surtout pas étouffer de mots. C’est un tissu fin que l’on tient du bout des doigts, et dont on peut entendre le doux froufrou lorsqu’on le fait vivre en le dépliant. Il s’intitule Anamorphosis, la Hollandaise Judith van IJken en est l’auteure. Anamorphosis est un ensemble…
Les métamorphoses d’un père, par Charlotte Abramow, photographe
« Je vais vous raconter l’histoire de mon père, qui, à l’heure où j’écris ces lignes, a 86 ans. Il a traversé une guerre, un cancer et un coma, et a aujourd’hui déménagé sur une planète qui n’existe que dans sa tête. » Charlotte Abramow est une jeune artiste belge très douée, et très aimante, ayant commencé…
La plaie infectée de lumière du poème visuel, par Coşkun Aşar et Yusuf Sevinçli, photographes turcs
C’est grâce à Andrea Copetti de Tipi Bookshop (Bruxelles), ami des meilleurs photographes turcs contemporains, que j’ai découvert Blackout, de Coşkun Aşar, alors que je cherchais à me procurer Oculus, de Yusuf Sevinçli. Deux livres sublimes. Blackout est une plongée âpre, radicale, sensuelle, dans la nuit de la ville d’Istanbul, parcourue dans ses rues et…
L’insurrection venue, par le poète Christophe Manon
Alors que je lisais samedi 1er décembre Qui vive du poète Christophe Manon, publié aux éditions Dernier Télégramme, j’ai commencé à recevoir d’amis parisiens, et jusque tard le soir, des vidéos des émeutes ayant lieu aux alentours de la place de l’Etoile. Des mots ont alors rencontré des images montrant des actes de grande violence….
De l’amour non partagé, William Butler Yeats par son traducteur, Claude-Raphaël Samama
Poème Présences (The Wild Swans at Coole, 1919) : « Cette nuit avait été toute d’étrangeté, semblant / Vouloir dresser mes cheveux sur ma tête. / Après que le soleil s’était couché, je fis ce rêve / Où des femmes hilares, timides ou en furie, / Dans leurs dentelles ou couvertes de soie, / Escaladaient bruyamment mon…
Ton soleil en mille pierres de rire, le poète Georges-Emmanuel Clancier, par son fils Sylvestre Clancier, poète
J’ai découvert par son dernier recueil chez Gallimard, Au secret de la source et de la foudre, le poète Georges-Emmanuel Clancier, que je ne connaissais que de nom. Ensemble de poèmes écrits dans les années 1960 pour son amante Arlette Brunette, ce livre vrai, solaire, rempli d’un désir atemporel, m’a particulièrement touché. Cet homme qui…
Une rêverie de statues, par Patrick Tournebœuf, photographe
On ne les voit plus tant ils sont omniprésents dans nos villes, nos villages, nos bourgs, nos hameaux. On ne les voit plus parce qu’ils rappellent la mort, la douleur, les conflits fratricides, la laideur. On ne les voit plus, et pourtant nous ne pouvons pas ne pas les honorer, même un peu, ni nous…
Le parti pris des paysages, par Beatrix von Conta, photographe
Glissement de terrain est un titre qui m’enchante, parce qu’il me fait penser à celui du film d’Alain Robbe-Grillet, Glissements progressifs du plaisir (1974), œuvre librement inspirée de La Sorcière de Jules Michelet (1862) mettant en scène une succession de décalages, rapprochant la réalité des fantasmes, et qu’il appartient au vocabulaire des géographes. Entre observation…
Le vertige d’être au monde, par J.H. Engström, photographe
Tout va bien est un film de Jean-Luc Godard et de Jean-Pierre Gorin, sorti en 1975, racontant la grève dans une usine et la séquestration d’un patron. Depuis, les idéaux politiques ont chuté, et la guerre se joue plus que jamais sur le plan intime : contre le recouvrement et la transformation de tout geste libre…
La beauté partout, par Martine Franck, photographe
Il y a une joie Martine Franck qui est un bonheur de vision embrassant le monde avec fraternité, ses ouvriers, ses artistes, ses démunis, ses beaux fous, ses enfants, ses vieillards. Il y a une drôlerie Martine Franck, inventant des compositions malicieuses déjouant les pesanteurs de l’esprit de sérieux et du reportage de commande, notamment…
Ecrire, photographier, Laure Samama en majesté
« Tes mains s’effacent, seul persiste le monde alentour, lointain, ouvert aux autres, fermé à mon regard. Je ne sais pas s’il m’est devenu opaque, interdit, fermé, ou si au contraire il s’offre enfin à moi dans toute son aridité. » C’est une seule feuille pliée en huit comportant en son milieu une fente, comme une bouche,…