« Je me suis aperçu que le silence n’était pas muet. Que le silence, comme le dit Meschonnic, n’est pas un arrêt du langage mais que c’est, en fait, une catégorie du langage. C’est-à-dire qu’il y a une qualité d’expression qui ne peut s’atteindre que dans le silence et par le silence. » Claude Régy a créé…
Étiquette : Antonin Artaud
L’art tôt fou d’Artaud, à propos d’une pandémie, par Michel Surya, écrivain, directeur de la revue Lignes (7)
Pour y voir clair, pour ne pas être seuls à réfléchir, pour être ensemble, et pour ne surtout pas en rajouter dans les commentaires oiseux, j’ai proposé à quelques amis ou connaissances de choix d’intervenir dans L’Intervalle à propos de la pandémie virale que nous vivons actuellement, et des mesures exceptionnelles que nous supportons quant…
Un geste pour rien, par Eric Rondepierre, photographe plasticien et Huron
« Du Possible, sinon j’étouffe ! » (Proust/Eric Rondepierre) Voici enfin, parmi la marée des insignifiances et livres fabriqués sans nécessité, un ouvrage créant un trou dans le trou, parce qu’il fait penser, que sa phrase est subtile sans se rengorger de préciosité, et qu’il a fourbi ses armes dans la méditation ininterrompue des textes…
Ne me parlez surtout pas de musique, Glenn Gould par lui-même
w « Puis-je en placer une, maintenant ? » Excentrique sublime, Glenn Gould (1932-1982) était aussi très drôle, à la façon d’Antonin Artaud, ou de Woody Allen. « Je trouve que vous coupez quelque peu les croches en quatre, M. Gould. » Plus loin : « Oh, certains de mes amis sont critiques, mais je…
Eloge du corps vivant, par Bernard Andrieu, philosophe (1)
Philosophe et professeur de Staps à l’université Paris-Descartes/Université de Paris, Bernard Andrieu élabore une pensée parmi les plus stimulantes qui soient, proposant une réflexion d’ampleur sur le lien entre le corps vivant et la conscience que peut en avoir le corps vécu. Le chercheur appelle ainsi émersiologie l’éveil du corps vécu par l’intelligence du corps…
Demain n’existe pas, Maldicidade, par Miguel Rio Branco, photographe
Le papier est fin, pourtant bourré de tessons de verre. L’encre est entêtante, tel un vin qui cogne fort. Le format 24,5 x 33 s’impose sur la table de travail, dans le cabinet des merveilles, entre les délicatesses des uns et des autres. Lumières du noir & blanc, noirceurs de la lumière. Publié chez Taschen,…
Van Gogh et Artaud suicidés de la société, et très vivants
Certains matins, vous ne savez pas pourquoi, ou ne le savez que trop, la journée s’annonce avec une grande difficulté. Vos boussoles habituelles, l’amour, le désir, le travail, la soif de découvertes, le goût des moindres faits, la marche à l’étoile, semblent inopérantes. Mais, comme vous vous connaissez, vous avez pris soin, en cas de…
Crier enfin, par Angélica Liddell, auteure, metteuse en scène, interprète
« Les années passent et je ne trouve pas mon jumeau dans le monde, je ne trouve pas la personne qui se sent dégoûtée par les mêmes choses que moi, qui aime les mêmes choses que moi, je ne la trouve pas. » Angélica Liddell crie, hurle, pisse, se masturbe, brûle, jouit, se bat contre la mort…
De la littérature irréméable, par Michel Surya et Mathilde Girard
Défense d’écrire aura probablement peu de lecteurs, pourtant quel livre ! Eloge de la littérature irréméable, cet ouvrage est une conversation entre Michel Surya, écrivain, éditeur, directeur de la revue Lignes, et Mathilde Girard, philosophe et psychanalyste, dont la présence dans le champ des idées et de la sensibilité se fait de plus en plus délicieuse…
Antoine de Galbert ou le portrait d’un collectionneur hanté par ses œuvres mêmes
On croit souvent que le collectionneur est un Narcisse quand il est davantage un Prométhée doublé d’un Œdipe. Les œuvres qu’il rassemble ont les contours d’une énigme sur l’identité. Ce sont aussi des fragments arrachés à l’oubli, des parcelles de feu pour éclairer le futur. Invité par les éditions Actes Sud à montrer une petite…
Eric Dupont, galeriste d’art, et Wanderer enthousiaste
La vaste culture, quand on est galeriste, n’est pas une coquetterie, mais la substance même d’un travail de vision : être capable de voir ce qui ne se voit pas, ou pas encore. Le contemporain est interpellé personnellement par les lumières tentant de percer les ténèbres que nous confondons avec le jour. Il est donc dans…
Ils ne mouraient pas tous, mais, par Rafael Garido, écrivain
« Roues à aubes / que l’eau bregmienne retourne / . » Livre hybride (textes/images), Vis-à-Vis, de Rafael Garido (éditions Zoème, 2017) est un ouvrage qui frappe immédiatement par l’inventivité de son dispositif et son bilinguisme assumé (français/espagnol) : une double couverture, une possibilité de faire pivoter l’objet, de le retourner et le renverser pour le lire deux…