Une autre Aurélia, journal d’une disparition, par Jean François Billeter

« Jusqu’à la fin nous sommes restés dans l’ignorance de ce qui se préparait. Comme dans les mythes grecs, les dieux nous ont préservés de la connaissance. Je tiens cela pour une chance insigne. » Dans Une rencontre à Pékin (éditions Allia, 2017), le sinologue Jean François Billeter a raconté son double coup de foudre pour la…

L’étrange bonheur de nager, Yannick Haenel, une saison au Fresnoy

Engagé à suivre pour une année le travail des étudiants du Fresnoy, Studio national des arts contemporains (Tourcoing), Yannick Haenel a fait, au moment de dire ce qu’il avait vu, compris, partagé, bien plus que le texte qu’on lui demandait (l’exposition est imaginée par Jean de Loisy), mais un livre, un texte d’écrivain. Le titre…

Un fouet cosaque sur ma commode, par Honoré de Balzac, dernière correspondance

« Il y a dans les événements humains une force supérieure qui les dénoue et qui rend les discussions publiques, l’intervention de l’opinion, complètement inutile. L’homme peut nouer, il ne dénoue jamais. Ceci atteint tous les drames politiques. Aussi, selon moi, l’homme politique est-il peu de chose devant le poète et l’écrivain. Le livre est plus…

Talismans, par Stéphane Zagdanski, peindre le retrait de la parole

Au ravage se confondant avec le triomphe de la métaphysique en son déchaînement nihiliste, Stéphane Zagdanski oppose le retrait de l’être comme prière. En un geste absolu, l’écrivain Zagdanski (L’impureté de Dieu : Souillures et Scissions dans la pensée juive, Céline Seul, Le sexe de Proust, De l’antisémitisme, Noire est la beauté) a décidé de réécrire…

Penser pour une femme, quelle folie ! par Lydie Dattas, ou le feu de la Desdichada

« Hier, ma beauté était un lilas aux yeux perçants à quoi aucun garçon ne résistait, que toutes les filles jalousaient. Soûlées par leurs propres yeux noirs, les saintes se laissaient caresser dans le parc en complotant la machiavélique robe blanche. » Par sa fougue rimbaldienne et son métaphorisme faisant songer quelquefois aux Illuminations, Carnet d’une allumeuse,…

Italiana, sensations d’Italie, par Giulio Rimondi

La longue route de sable, voyage effectué en 1959 par Pier Paolo Pasolini le long des côtes italiennes, avait permis d’imaginer l’auteur de La Vie violente heureux. Il s’agissait alors, pour l’intellectuel journaliste, de chercher à rencontrer physiquement son pays, à l’éprouver géographiquement, afin de le reconnaître intimement, et de, peut-être, pouvoir parler en son…

Départs dans l’affection et le sang neufs, par Paul Hennebelle, photographe

Transeo, du photographe Paul Hennebelle, se présente comme le journal très personnel d’un déraciné. « Les déménagements successifs de mon enfance ont effacé toute attache que je pouvais avoir avec le territoire. Etre de partout, c’est aussi être de nulle part. Transeo, c’est transiter d’un lieu à un autre. » Imprimées à l’encre risographique, les images de…

Les vertiges de l’identité carnavalesque, par Olivier Culmann, photographe

Questionnant les notions d’identité et de représentation sociale, le photographe Olivier Culmann, membre du collectif Tendance floue, a imaginé avec The Others (Xavier Barral, 2015), une série hilarante sur notre besoin de faire de nous-même notre propre idole. Construites dans des studios photographiques en Inde, ses images montrent à la fois les métamorphoses du même…

La pensée du mythe, contre la castration de l’intellect, par Walter Friedrich Otto, et Pascal David

C’est à l’initiative de Pascal David, philosophe et traducteur, qu’ont été rassemblés sous le titre générique d’Essais sur le mythe quatre textes courts consacrés par le philologue allemand Walter Friedrich Otto à la pensée mythique. La nouvelle publication aux éditions Allia de cet ouvrage, dans une traduction remaniée, est un événement, tant nous peinons parfois…

L’amour parfait, ou Le sac du semeur, portrait d’une revue numérique

C’est en tant que veilleur et passeur attentif à la parole parlante qu’Arnaud Le Vac, a pensé Le sac du semeur, la revue qu’il anime, où la poésie et l’art occupent une place structurante. La combativité, la voyance et le désir d’infini d’un Victor Hugo guident son ambition poétique, de l’ordre d’un dégagement, d’une expérience…