L’ombre du photographe, la substance du temps, par Jean-Jacques Gonzales, écrivain

©Archive Gonzales « En désertant la scène, le passant la montre. » (Jean-Jacques Gonzales) Comment était le monde avant notre naissance ? Comment être certain qu’il existait ? Qui étaient nos parents lorsque nous n’étions pas conçus ? Qui étions-nous nous-même aux moments de l’âge tendre ? Instrument de remémoration et de construction de souvenirs exceptionnel, l’appareil photographique est une machine…

La présence, l’absence, par Claude Batho, photographe

 ©Claude Batho Morte jeune à 46 ans, en 1981, Claude Batho a laissé une œuvre intemporelle. En 2014 paraissait, aux éditions GwinZegal, en collaboration avec le Musée Nicéphore Niépce, une monographie superbe de son œuvre aux nuances de gris touchant l’âme. On peut penser au mage Boubat, mais la singularité de Claude Batho est d’avoir…

Memento mori (une mélancolie interminable), par René Tanguy, photographe

© René Tanguy Que faisons-nous de nos morts ? Que faisons-nous des vivants ? Que faisons-nous de notre traversée du temps ? Que faisons-nous de notre incarnation ? Arrive un moment où le photographe ayant déjà beaucoup travaillé se penche sur ses archives, et découvre une nécropole. Il était l’ami, le passant, le journaliste, l’artiste, le voici désormais responsable…

Le temps, l’exil, la présence, par Jean-Jacques Gonzales, photographe

« La photographie ne ferait qu’épaissir le voile qui (me) sépare du monde en le rendant visible ; ce faisant, elle pourrait se donner les moyens de l’outrepasser. » (Jean-Jacques Gonzales) Je ne trouve pas le temps d’écrire sur chacun des volumes des éditions d’art strasbourgeoises L’Atelier contemporain, mais chaque ouvrage devrait être l’objet d’un long article,…

Pascale Ogier, un cristal de Bohème, par sa demi-sœur Emeraude Nicolas

Fille de l’actrice Bulle Ogier et du musicien Gilles Nicolas, Pascale Ogier fut le très beau visage des Nuits de la pleine lune d’Eric Rohmer (1984), et une présence mélancolique de l’underground artistique des années 1980, fréquentant aussi bien les blousons noirs que Jim Jarmusch, Jacno que Jacques Rivette et ses fantômes, Alain Pacadis que…

Lolita, femme fatale, par Guillaume de Sardes, photographe, écrivain

Essayiste (Nijinski. Sa vie, son geste, sa pensée, 2006) romancier (Le Nil est froid, 2009, Le Dédain, 2012, L’Eden la nuit, 2017), Guillaume de Sardes se situe aussi dans la tradition française des écrivains-photographes. Pour sa dernière programmation, Jean-Luc Monterosso lui offre le bel espace de la MEP (Maison Européenne de la Photographie, Paris) afin…

Eurydice ne se retourne pas, par Christine Lefebvre, photographe

Magnifiquement adressé à Eurydice, L’entre temps, de Christine Lefebvre, peut être vu comme un voyage au pays des morts, Orphée étant une photographe ramenant du royaume d’Hadès de jolies femmes au dos nu. Pour son premier livre (Filigranes Editions), Christine Lefebvre fait montre d’une grande maîtrise formelle et poétique, pensant son ouvrage comme une traversée…

La photographie comme une bénédiction, par Israel Ariño

Avec La pesanteur du lieu (éditions Anomalas, Domaine de Kerguéhennec, 2017), le photographe catalan Israel Ariño radicalise ses lignes esthétiques. Plus noir, plus plastique, plus crépusculaire encore que l’ouvrage Le nom qui efface la couleur (Filigranes Editions, 2014), La pesanteur du lieu invente un territoire au bord de l’effacement. Dans la nuit d’un crépuscule sans…