Les années pompes funèbres, par François Durif, écrivain

Untitel, Donald Judd, Marfa, Texas, 1984 « Pour quoi êtes-vous ici ? » (Robert Filliou) Vide sanitaire, de François Durif,est un livre de plis, de ballottements dans les forces contraires, de déplacements intimes, et de dialogue fin entre les vivants et les morts. « Mon récit risque d’être morcelé, je vous préviens – dans ma tête, un rond-point/ Ne…

Une immense fissure, du silence en poésie, par Stefan Hertmans, écrivain

« Au cœur de la radicalité littéraire réside en fait non pas le cri d’Artaud, mais le mot impossible de Celan. » Le Gantois Stefan Hertmans, que publient en France les éditions Gallimard (Guerre et Térébentine, Le Cœur converti) et Le Castor astral (Le Paradoxe de Francesco, Antigone à Molenbeek), fait partie de ces écrivains dont la…

Peindre des nymphéas, Monet à Giverny, par Jean-Philippe Toussaint, écrivain

« Le fait que je sois devenu écrivain ne m’avait jamais traversé l’esprit jusqu’à l’âge de vingt ans. Jamais, adolescent ou même étudiant à Sciences-Po, je n’aurais pu imaginer que j’allais un jour devenir écrivain. » J’ai beaucoup aimé les livres de Jean-Philippe Toussaint, le cycle de Marie Madeleine Marguerite de Montalte bien sûr (Faire l’amour, Fuir,…

L’unité dans la dualité, par Pentti Sammallahti, photographe

Moscou, Russie, 1980 ©Pentti Sammallahti Parce que ses photographies sont drôles, émouvantes, silencieuses sans effroi, Pentti Sammallahti nous sauve de la délectation morose et du dégoût pour l’époque. Peut-être aussi parce que l’artiste finlandais s’intéresse davantage à l’atemporalité et à la dimension du sacré dans les situations apparemment les plus anodines qu’aux fissures de terreurs…

Vivre, entre dons et épreuves, par Charles Juliet, écrivain

« J’ai l’impression que mon adolescence n’a jamais pris fin. Au long des années, elle s’est enrichie d’un accord avec ce que je suis, d’une force calme, d’une vision sereine de la vie. Et la faim est toujours là. Insatiable. » Charles Juliet est de ces écrivains qui touchent par leur constant souci d’authenticité, en poésie ou…

Le vide et les vacations farcesques,  un premier livre éblouissant de Tiphaine Le Gall (1)

« Quelques jours plus tard, il remit à son éditeur, le fameux Edgar Firmin, deux cent quatre-vingt-trois pages vierges, sans titre, en lui annonçant que son œuvre était achevée, et qu’elle ne souffrirait aucune correction, aucun ajout, aucune modification. » C’est sans contexte l’un livres des plus enthousiasmants de cette rentrée littéraire morose, très certainement l’un des…

La faux siffle sur la terre, par Patrik Ourednik, écrivain, ou le mentir vrai du «  Je me souviens »

« Je me souviens que pendant mon voyage en France en soixante-quatorze, je draguais les filles en leur disant : « Je viens de Tchécoslovaquie et j’aimerais faire l’amour avec vous. » Je me souviens que ça marchait : tout d’abord, elles m’interrogeaient sur la situation politique du pays. » Vingt-quatre chapitres, vingt-quatre années d’une vie formée, déformée, encadrée par la…