Nuits sans remède, clartés de l’écriture, par Erri De Luca

« Je ne sens pas le poids de l’âge sur mes épaules, mais dans mon dos, en cétacé qui traîne un filet accroché à sa queue. » J’ai beaucoup de respect et d’admiration littéraire pour Erri De Luca, dont j’ai chroniqué depuis une dizaine d’années, sur ce blog, dans Artpress ou dans d’autres supports, tous les livres…

La bête est revenue, par Julien Coquentin, photographe

©Julien Coquentin « Il a été reconnu, dans des expériences multipliées, que la noix vomique est un poison très actif et très subtil contre les quadrupèdes ; et il serait extrêmement avantageux de pouvoir l’employer d’une manière efficace à la destruction des loups, dont les ravages, dans ce département, sont incalculables. » (le Préfet du département de l’Aveyron,…

Vers le nu intérieur, par Belinda Cannone, écrivain

« Ce qui est bon est léger. Tout ce qui est divin marche d’un pied délicat. » (Le cas Wagner, Friedrich Nietzsche) J’avais beaucoup aimé en 2021 le texte inédit de Belinda Cannone publié en Folio 2euros, Petit éloge de l’embrassement. Je voulais le chroniquer, le laissant en attente sur une pile de livres à part, et…

Paul Cézanne, seul contre tous, par Mika Biermann, écrivain

Paul Cézanne, Le Meurtre, 1867-1870 « Le soir, dans sa bonté, est tombé en douceur. Un violet poussiéreux a cédé la place au bleu bateau. Une fraîcheur insoupçonnée monte de la terre. La résine des pins se fige sous l’écorce, les papillons ont fait leur valise, les rongeurs sortent les couverts. Une chouette hôle. » Quel râleur…

On n’est pas des débiles, par Christophe Esnault, écrivain cas contact

Christophe Esnault, cheveux coupés, Jérôme Bosch, musée du Prado, Madrid « Le confinement a des avantages : elle peut se masturber toute la journée. Et du coup, le soir elle a ses deux mains disponibles pour applaudir très longtemps. Bien plus longtemps que sa voisine de balcon. Celle qui reçoit trois hommes par semaine et parfois en…

Les secrets de famille et le rire de Sollers, par Marc Pautrel, écrivain

Autoportrait, 1643, Diego Velazquez « Lorsqu’un écrivain naît dans une famille, la famille est foutue. » (Philippe Roth) Marc Pautrel – Orpheline, Une jeunesse de Blaise Pascal, La sainte réalité, La vie princière, L’éternel printemps, Le peuple de Manet – est un maître des récits courts. Philippe Sollers, son éditeur, est un soutien indéfectible et attentif, qui…

Altiplano, vertiges de la mémoire, par Paule du Bouchet, écrivain

Hampatura ©Jean-Patrick Razon « Les montagnes sont comme l’arc du temps, surgi du néant pour s’enfoncer un peu plus loin, dans l’éternité minuscule d’une vie. Aujourd’hui il se trouve que c’est la mienne. Pour cela seul, ces montagnes-là que je retrouve, ces sommets, ces dessins, ces courbes hallucinées parcourues de douceur et de l’ombre des nuages…

Exercices d’admiration, par Nicolas Comment, écrivain

Jean-Jacques Schuhl, Paris, 2014 ©Nicolas Comment  « Le temps passe tout doucement pour ceux qui vivent perdus dans un rêve. » (Bob Dylan) Les lecteurs de l’excellente revue Novo connaissent bien les chroniques de Nicolas Comment (vite, aller vers les dernières pages) sur la musique, ses amis et les artistes d’importance et de tous horizons qu’il a…

En état de siège, par Colin Lemoine, écrivain

« Je suis prêt à tout pour ne plus souffrir. / Prêt à payer, sacrifier, abjurer, renoncer, apostasier, subir, endurer, remercier quand même, tendre la main, la joue, me mettre à genoux, m’abaisser, m’humilier. / Toute douleur est une soumission. / Avoir mal, c’est se préparer à obéir. » Malgré, de Colin Lemoine, est une stase, une…

La suite, c’est l’infini, par Antonio Jiménez Saiz, photographe-écrivain

©Antonio Jiménez Saiz « le martel dément (le martèlement) / / le martèlement le martèlement le martèlement » Vous connaissez peut-être, sûrement, le nom et le travail du photographe Antonio Jiménez Saiz, dont je suis attentivement le travail depuis plusieurs années. Avec son dernier opus, La procession des rythmes, certes encore parsemé d’images (le serpent du sacré,…

L’incurable présent et le feu du verbe, par Guillaume Basquin, écrivain

« qu’est-ce qui fait 999 fois clic-clic & une fois clac me demande ma plus jeune fille Ninon ? le savez-vous ? non ? eh bien un mille-pattes avec une jambe de bois pardi ! » C’est entendu, cet homme-là est le diable, ou tout simplement un dément. Quel crédit en effet accorder à un individu capable de confondre un tableau…