Oiseaux, créatures photosensibles, par Yoshinori Mizutani et Terri Weifenbach, photographes

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© Yoshinori Mizutani / Editions Xavier Barral

« La haie de branchages / Les jeunes oiseaux s’y posent / matinée de neige », haïku du moine Ryokan Taigu (1758-1831)

L’ignorance des scientifique est merveilleuse, que de simples volatiles déroutent, énervent, dépeuplent, laissent interdits.

La fascination est générale : mais comment font-ils ? comment font les oiseaux pour se repérer ? comment trouvent-ils les moyens, lorsqu’ils sont par exemple migrateurs, de retrouver le chemin de leur nid après de longs périples de plusieurs centaines de kilomètres ?

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© Yoshinori Mizutani / Editions Xavier Barral

Ethologues, zoologues, ornithologues, neuroscientifiques s’interrogent, se contredisent, jettent l’éponge ou la pierre, étudient encore, plus loin, plus fort.

Rullandus voit rouge, Ingolstretus vert et Horatius révèle son daltonisme.

On cherche des molécules, on évoque l’influence du magnétisme et des odeurs, on s’enchante, on se décourage, on ne sait presque rien.

A l’heure de la reconfiguration de l’ensemble des humains qui parlent par les technologies de l’intelligence artificielle, les oiseaux échappent, indiquent des voies de liberté.

Voilà pourquoi Xavier Barral les aimait tant, qui avait initié une collection de livres, Des oiseaux, confiée au naturaliste Guilhem Lesaffre.

Quatre volumes sont désormais disponibles, après la publication en 2018 des photographies de Bernard Plossu et de Pentti Sammallahti.

Les nouveaux promus sont le Japonais Yoshinori Mizutani et l’Américaine Terri Weifenbach.

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© Yoshinori Mizutani / Editions Xavier Barral

Réalisées à Tokyo entre 2013 et 2016, les photographies de Yoshinori Mizutani présentent une sélection des séries Tokyo Parrots et Birds.

Ses oiseaux jouent d’évidence la grande partition des couleurs et de la comédie musicale aérienne.

Ce sont des girls, ailes levées, des duos virtuoses entre un Fred Astaire des cieux et une Ginger Rogers aux atours somptueux.

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© Yoshinori Mizutani / Editions Xavier Barral

Ce sont des légions de calligraphes dessinant le vide, à n’en pas douter de grands artistes en ordre de bataille ou surpris en pleine anarchie (leurre).

Les voici qui jouent avec des fils électriques, géomètres turbulents, maîtres du burlesque, circassiens multiinstrumentistes.

 

Corneilles, moineaux, passereaux : Tokyo chante, danse, applaudit ses nuées.

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© Yoshinori Mizutani / Editions Xavier Barral

Leurs couleurs sont d’une flûte enchantée, et leur apparition, chaque fois, un événement se produisant aux lisières du fantastique.

« L’on assiste parfois à l’envol de grands groupes d’oiseaux sans raison apparente dans un grand bruissement d’ailes, écrit Guilhem Lesaffre. L’on a beau en chercher la raison, l’on ne trouve ni faucon, ni renard, ni promeneur ou chasseur dans les environs. De fait, il n’existe aucun motif réel d’inquiétude et ces brusques essors, qualifiés d’envols de cohésion, sont destinés à éprouver celle-ci. »

Les oiseaux de Yoshinori Mizutani sont des horloges mécaniques lancées à l’assaut du ciel, des pulsions vibratiles merveilleuses et légèrement inquiétantes, tant leur puissance semble dépasser la logique de nos pauvres calculs.

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© Terri Weifenbach / Editions Xavier Barral

Accueillis également sous le porche d’une couverture aux effets moirés, les oiseaux de Terri Weifenbach sont des créatures de conte merveilleux, des blasons dans le ciel.

Ce sont des points de fragilité dans un paysage où éclatent les couleurs, des touches de pinceau dans une miniature médiévale.

Nous sommes dans le jardin de la maison de la photographe à Wasington D.C., entre 2015 et 2018, c’est un Eden à la Thoreau.

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© Terri Weifenbach / Editions Xavier Barral

Couché dans les herbes, Terri Weifenbach observe le ballet et la diversité des oiseaux lui faisant l’honneur de visiter son domaine.

Il n’est pas nécessaire grand, mais grandioses sont les desseins de la Providence amenant à lui de petits êtres ailés, ailleurs, cardinaux et linottes.

Autant de joie dans le ciel est un miracle quotidien, saisi par l’artiste avec beaucoup de délicatesse, préservant le mystère des oiseaux pourtant mis en lumière.

p.60 (1)
© Terri Weifenbach / Editions Xavier Barral

Saisis dans différents états de vol, ils nous offrent un spectacle gratuit et leur verbe inconnu.

« L’existence des oiseaux en ville, surtout ceux dont la présence est bien perceptible, ainsi que leur devenir dépendent dans une large mesure des schémas culturels locaux, et, au-delà, remarque Guilhel Lesaffre du ressenti des habitants eux-mêmes. Les photographies de Terri Weinfenbach permettent de prendre conscience des petits joyaux que peut offrir un modeste jardin urbain à quiconque sait se montrer réceptif. »

Une encyclopédie des oiseaux se constitue, c’est un écrin d’or à l’heure de la disparition des espèces.

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Yoshinori Mizutani, Des oiseaux, texte de Guilhem Lesaffre, Editions Xavier Barral, 2019, 96 pages

006477424

Terri Weifenbach, Des oiseaux, texte de Guilhem Lesaffre, Editions Xavier Barral, 2019, 96 pages

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Editions Xavier Barral

Se procurer le volume de Yoshinori Mizutani

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p.65-66 (1)
© Terri Weifenbach / Editions Xavier Barral

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