De la destinerrance, par Martin Bogren, photographe

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©Martin Bogren

Calcutta, entre 2018 et 2020.

Un oiseau perché sur le sommet d’un bâton ou d’un mince parallélépipède de fer, tête et bec penchés à la façon de qui se questionne sur la condition humaine, ou prépare quelque passe de sorcellerie.   

Un paysage lointain, mer de nuages ou rivages d’une côte natale.

Un drap tendu sous les arbres, toile de projection, trouble du désir.

Un esquif ou un cargo, comme un jouet d’enfant fendant la brume et la moire liquide.

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©Martin Bogren

Un être perché sur un poteau de lumière, telle une luciole.

Echo d’un oiseau prenant son envol, écho des bras d’une femme se recoiffant, écho du noir, écho du silence.

L’enfant ouvre la porte.

Fantôme d’une veste accrochée à un cintre, que maintient une ficelle installée contre un mur de pierres brutes.

Fantôme d’une installation publicitaire que le temps a ruiné.

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©Martin Bogren

Spiderman escalade la ville.

Tout flotte, même ce qui devrait peser.

Portrait d’un petit garçon torse nu, roi des rues, épiphane.

Un arbre étique, élément d’un conte aux cinquante images.

Un tissu, véronique d’un monstre de carnaval.

Un volatile : mort ?

Grimper sur un mur, et dans la couleur.

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©Martin Bogren

Voir avec les yeux de l’ingénu : la danse d’une main, un pratiquant de Kalarippayatt, un équilibriste.

L’art est une médecine, un soin ayurvédique, une réparation.

On joue dans le sable, on défile en uniforme, on tient son jumeau par l’épaule : mieux vaut être deux, la vie est semée d’embûches.

Un kiosque, un temple, une fête foraine, une ronde d’ombres.

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©Martin Bogren

Quelqu’un s’apprête à sauter, quelqu’un s’est endormi, quelqu’un part à l’école, vêtu comme son papa de son plus beau costume.

L’électricité traverse les corps, comme une étreinte mystique.

On se masque, on est déchiré, fissuré, abandonné.

Les figurants sont fatigués, ce sont des oiseaux blessés.

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©Martin Bogren

S’en remettre à la nuit, disparaître, renaître.

Tel est Passenger de Martin Bogren, artiste suédois publié par les meilleurs éditeurs de livres de photographie européens (Journal, Max Ström, Aman Iman, L’Artière), et maintenant, en France, dans l’Aveyron, par les éditions Lamaindonne fondées par David Fourré.

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Martin Bogren, Passenger, Editions Lamaindonne, 2021, 92 pages, 50 photographies

Martin Bogren – Lamaindonne

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©Martin Bogren

Martin Bogren est représenté par la Galerie VU’

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©Martin Bogren

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