Ecrire Clémence, par Michèle Audin, passeuse d’âme

Il y a entre l’oubli et la mémoire une étrange dialectique : le ressouvenir n’est pas antagoniste de l’absence, il s’appuie même sur le manque pour établir des points de vérité. Pour retrouver Clémence, jeune femme de la fin du XIXe siècle, il faut savoir l’oublier en l’aidant à renaître. Tel est le projet de Michèle…

Eloge des ombres, par Adam Pape, photographe

Si l’on veut préserver encore quelque chose de l’ordre d’une intimité, d’un ensauvagement secret, de notre envie de vivre selon la logique de nos instincts, il convient d’imaginer de nouveaux espaces, de pénétrer les zones d’ombre et de s’en faire des amies précieuses. Prises dans les parcs des quartiers new-yorkais de Washington Heights et de…

Dada es-tu là ? par Philippe Pétremant, photographe de vacuité

Philippe Pétremant est un photographe vivant et travaillant à Lyon, soutenu par la galerie Le Réverbère depuis 2002, qui lui offre aujourd’hui un livre présentant cent dix pièces, Hiperman. On y perçoit immédiatement toute l’ampleur du rire de cet artiste ne craignant ni le macabre, ni le saugrenu, ni le kitsch. Voici la tête d’une…

Photographier la grâce, par Judith van IJken

C’est un livre d’une délicatesse folle, qu’il ne faut surtout pas étouffer de mots. C’est un tissu fin que l’on tient du bout des doigts, et dont on peut entendre le doux froufrou lorsqu’on le fait vivre en le dépliant. Il s’intitule Anamorphosis, la Hollandaise Judith van IJken en est l’auteure. Anamorphosis est un ensemble…

Les métamorphoses d’un père, par Charlotte Abramow, photographe

« Je vais vous raconter l’histoire de mon père, qui, à l’heure où j’écris ces lignes, a 86 ans. Il a traversé une guerre, un cancer et un coma, et a aujourd’hui déménagé sur une planète qui n’existe que dans sa tête. » Charlotte Abramow est une jeune artiste belge très douée, et très aimante, ayant commencé…

L’insurrection venue, par le poète Christophe Manon

Alors que je lisais samedi 1er décembre Qui vive du poète Christophe Manon, publié aux éditions Dernier Télégramme, j’ai commencé à recevoir d’amis parisiens, et jusque tard le soir, des vidéos des émeutes ayant lieu aux alentours de la place de l’Etoile. Des mots ont alors rencontré des images montrant des actes de grande violence….

Une rêverie de statues, par Patrick Tournebœuf, photographe

On ne les voit plus tant ils sont omniprésents dans nos villes, nos villages, nos bourgs, nos hameaux. On ne les voit plus parce qu’ils rappellent la mort, la douleur, les conflits fratricides, la laideur. On ne les voit plus, et pourtant nous ne pouvons pas ne pas les honorer, même un peu, ni nous…

Le parti pris des paysages, par Beatrix von Conta, photographe

Glissement de terrain est un titre qui m’enchante, parce qu’il me fait penser à celui du film d’Alain Robbe-Grillet, Glissements progressifs du plaisir (1974), œuvre librement inspirée de La Sorcière de Jules Michelet (1862) mettant en scène une succession de décalages, rapprochant la réalité des fantasmes, et qu’il appartient au vocabulaire des géographes. Entre observation…

Le vertige d’être au monde, par J.H. Engström, photographe

Tout va bien est un film de Jean-Luc Godard et de Jean-Pierre Gorin, sorti en 1975, racontant la grève dans une usine et la séquestration d’un patron. Depuis, les idéaux politiques ont chuté, et la guerre se joue plus que jamais sur le plan intime : contre le recouvrement et la transformation de tout geste libre…