« Une joie particulière accompagne la météo, clémente, une légèreté appréciable à laquelle je succombe facilement. J’entre dans l’église de Saint-Germain où des garçons sont en train de chanter. Une communion peut-être. Il y a dans l’air un enchantement solennel et j’éprouve le désir familier de recevoir le corps du Christ, mais je ne me joins…
Étiquette : Albert Camus
Nothing is trivial, par Adrien Boyer, photographe
C’est un ensemble de riens qui sont des presque tout. Ce sont des pans de murs, des éléments d’architecture, des bouts de rue. C’est une photographie presque décevante, et pourtant elle est merveilleuse, car elle émane d’un sensualiste cherchant par la volupté des couleurs et des formes assemblées par le hasard un dépassement de l’antinomie…
Les noces de la réalité et du mystère, par Adrien Boyer, photographe
Ordonnateur de chaos, telle est la définition traditionnelle de l’artiste que pourrait incarner Adrien Boyer. A la façon d’un musicien, le photographe porté par la galerie Clémentine de la Féronnière (Paris) révèle, en assemblant de façon très subtile les différents éléments se trouvant dans son champ visuel, la structure autonome, quasi invisible, d’une réalité que…
Eric Dupont, galeriste d’art, et Wanderer enthousiaste
La vaste culture, quand on est galeriste, n’est pas une coquetterie, mais la substance même d’un travail de vision : être capable de voir ce qui ne se voit pas, ou pas encore. Le contemporain est interpellé personnellement par les lumières tentant de percer les ténèbres que nous confondons avec le jour. Il est donc dans…
Un homme, ça s’empêche, mais ça peut fraterniser, par Albert Camus et Jacques Ferrandez
« Au mois d’août, le soleil disparaissait derrière la lourde étoupe d’un ciel gris de chaleur, pesant, humide, d’où descendait une lumière diffuse, blanchâtre et fatigante pour les yeux, qui éteignait dans les rues les dernières traces de couleur. » Adaptateur d’Albert Camus, le dessinateur Jacques Ferrandez aurait pu être son frère cadet, ayant offert à…
Le siècle de la peur, par Albert Camus et Tomoko Yoneda, photographe
Le 4 septembre 1914, un peu avant le début de la bataille de la Marne, Lucien Camus, 1er r zouaves, 54eme Cie, envoie une carte postale à sa femme. On peut y lire : « Reçois ainsi que les enfants un gros baiser Le bonjour aux amis Donne-moi de tes nouvelles : la santé et les nouvelles…
Une vie ordinaire, par Paol Keineg, poète
« Le temps est beau, on voit les clochers de Hanvec et de Rumengol, et moi j’écrase les doryphores à deux pieds avec le sentiment exaltant d’écraser l’infâme. » Paol Keineg n’a pas besoin de jouer au poète pour en être entièrement un. Lorsqu’on connaît la sensation poétique de l’existence, sa fragilité, son inouï, sa drôlerie, et…
La peinture métaphysique de Djamel Tatah
Les peintures de Djamel Tatah sont immédiatement reconnaissables : des personnages mélancoliques, songeurs ou soucieux, isolés sur des aplats de couleurs, des migrants stoïques étonnamment présents malgré leur allure de silhouettes découpées. Il y a en eux une insondable solitude, mais aussi toute la trame des drames contemporains – les millions de déplacés, de déportés, que…
La légende du Festival mondial du théâtre de Nancy, par Jean-Pierre Thibaudat
Il s’est produit à Nancy, de 1963 à 1983, un événement considérable : la tenue d’un festival de théâtre révolutionnant les arts de la scène. Au primat du texte se substituait celui du plateau, du corps en expansion, du jeu, des images, selon un principe dionysiaque qui en fit très vite le rendez-vous incontournable de la…
Du thym dans les cheveux, Maria Casarès – Albert Camus, une correspondance amoureuse
« Je suis si heureux, Maria. Est-ce que cela est possible ? Ce qui tremble en moi, c’est une sorte de joie folle. » (juin 1944) Chers amis, l’hiver sera bouleversant, passionnant, brûlant, et c’est Gallimard-Héphaïstos qui mène la danse. « Il n’y a qu’une clairvoyance, celle qui veut obtenir le bonheur. » (juin 1944) Paraissent simultanément en collection…
Hors de la beauté du monde, point de salut, par Hélène David, photographe
« Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures, la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent…
Le proche infini, selon Didier Ben Loulou, photographe
Il y a dans le travail photographique de Didier Ben Loulou une puissance de regard qui sidère, et enchante. Ses images sont un entrelacs de réalité la plus quotidienne, la plus sensuelle, et de méditations de nature métaphysique sur la solitude, le vide existentiel. Chaque fragment photographique de Didier Ben Loulou s’impose ainsi comme un…