Brassaï, peintre de la vie moderne, ou la vie en amitié

Brassaï, arrivé à Paris en 1924, voulait être peintre, il fut, soutenu par le Hongrois André Kertesz, reconnu comme photographe, et devint très vite la maître des photos de nuit. L’album de cet artiste total, Paris la nuit, publié en 1932 est un classique, comme Les petits poèmes en prose de Charles Baudelaire, ou Les…

La corne acérée du taureau, une iconographie de la corrida, par Ozvan Bottois

Dans un texte intitulé « De la littérature considérée comme une tauromachie » constituant la préface de son maître livre autobiographique, L’Âge d’homme (1939), Michel Leiris écrit : « Ce qui se passe dans le domaine de l’écriture n’est-il pas dénué de valeur si cela reste « esthétique », anodin, dépourvu de sanction, s’il n’y a rien, dans le fait d’écrire une œuvre…

La pensée de jouvence de M. le béni, fou de joie

Dans un essai magistral, L’Axe du Néant, paru en 2003, le philosophe et romancier François Meyronnis a su exprimer comme personne avant lui l’esprit de la collection L’Infini (Gallimard), qui accueillait son texte : diagnostic du nihilisme en sa puissance de ravage planétaire, mais aussi pari sur la merveille,  l’ivresse du rien, constituant l’envers d’une force…

La mort, lèvres blanches, yeux cavés, Max Jacob supplicié, par Lina Lachgar

On vient d’arrêter Max Jacob, le poète, l’ami de Pablo Picasso, de Jean Cocteau, de Michel Leiris, d’Edmond Jabès, d’André Salmon, l’épistolier inlassable, le fantaisiste, le satiriste, l’esprit libre. A Saint-Benoît-sur-Loire, dont l’abbaye bénédictine est un des hauts lieux de la chrétienté, la Gestapo jubile : on vient de bâillonner la poésie. A Saint-Benoît-sur-Loire, Max Jacob,…

L’Europe comme espace d’inspiration, par le germaniste Peter von Matt

Le philosophe et romancier Denis Diderot (1713-1784) donne dans L’Encyclopédie une définition parfaite de la nation :  une certaine quantité de peuple, rassemblé sur un territoire donné, et se plaçant sous l’autorité d’un même gouvernement. Cette définition peut paraître minimale, mais elle évite bien des malentendus. Il ne s’agit pas en effet comme chez Johann Gottfried…