©Nge Lay « Plus d’hésitation, / le détonateur de la révolution / c’est toi ou moi. » (K Za Win, poète et militant birman abattu dans la rue lors d’une manifestation) Mettant en lumière des productions qui émergent dans l’urgence d’un contexte politique et répressif, la collection Bones will crow chez Héliotropismes (Marseille) est remarquable. ©Nge Lay…
Étiquette : Poésie
L’impatience des corps, les rouages du cœur, par Christophe Manon, poète
Cimetière de Saint-Martin, Brest ©Fabien Ribery « Ce que le regard attend / toujours / se dérobe / et c’est peut-être / un sommeil très ancien / qui vient / le souvenir d’une étreinte / ou d’un baiser / cette part inflammable de soi / qui relance le corps / une chose et son ombre /…
Une poésie ouvrière et antifasciste, par Jazra Khaleed, écrivain
« Selon Facebook, jusqu’à la fin de 2015, trois cent onze de mes amis avaient été tués depuis le déclenchement de la guerre. J’ai décidé de fermer mon compte, il faut que la mort ait un début, un milieu et une fin. Je ne peux pas passer ma vie à a suivre. » Publié pour la première…
To built a fire, de Jack London, par Aleksi Barrière, traducteur
Ruée vers l’or du Klondike « Ne voyage jamais seul. » En découvrant la nouvelle traduction de la célèbre nouvelle de Jack London, To build a fire, j’ai compris pourquoi il me plaît de relire régulièrement ce texte. Pas seulement pour méditer sur la folie de l’homme et son péché d’hubris, sur la puissance de la nature…
Apprendre à flotter, par Erri De Luca, écrivain, et Alessandro Mendini, dessinateur
« Paola m’appelle. J’entends mon nom dans un labyrinthe, je ne sais où me tourner. C’est la voix de ma mère au bord de la mère qui me demande d’aller piquer une tête au lieu de me creuser la cervelle en plein soleil sur des mots croisés. C’est celle d’une fille dans une rie d’essence en…
Nicolas Bouvier, poète jusqu’à la moelle
« Ce midi-là / la vie était si égarante et bonne / que tu lui as dit ou plutôt murmuré / ‘va-t’en me perdre où tu voudras’ / Les vagues ont répondu ‘tu n’en reviendras pas’ » (Nicolas Bouvier, poème Le point de non-retour, Trébizonde, 1953) Les amis de Nicolas Bouvier sont très nombreux, et peut-être de…
Manifeste féministe & écrits modernistes, par Mina Loy, poète
« Aime ce qui est atroce dans l’ordre pour en découvrir le noyau sublime. » Femme supérieurement libre, Mina Loy (1882-1966) fut une comète. Après sa redécouverte par l’excellente biographie de Mathieu Terence, Mina Loy éperdument (Grasset, 2017), les éditions Nous proposent un florilège de ses écrits radicaux, Manifeste féministe & écrits modernistes. Assumant la cruauté de…
La fureur poétique, l’avilissement des cœurs, l’édition, par Marcelin Pleynet, écrivain
La Tempête, Giorgione, 1506 « L’effort que je dois faire pour survivre dans ce contexte paralyse toute spontanéité ; une enveloppe protectrice se durcit autour du noyau final affectif, et je ne peux pas plus penser que sentir. » L’époque est si plate, si ennuyeuse, si peu concernée par la portée subversive d’un véritable travail littéraire, que la…
Des filles, des garçons, des moraines et des buses, par Joël Baqué, poète
©Claude Nori « Certains instants échappent (presque) au temps. » Composé de trois parties, Chaos, du poète Joël Baqué, est un ensemble de variations toutes en douceur glissée et fines notations sur le thème du chaos : des filles et des garçons sur les plages, des roches et des montagnes, des buses sur leur piquet et des proies…
Fleurs du Mal, par Charles Baudelaire, et Antoine d’Agata, photographe
©Antoine d’Agata / Magnum Photos « La sottise, l’erreur, le péché, la lésine / Occupent nos esprits et travaillent nos corps, / Et nous alimentons nos aimables remords, / Comme les mendiants nourrissent leur vermine. » Avez-vous remarqué comme les éditions scolaires des Fleurs du Mal, de Charles Baudelaire, sont de plus en plus laides, et/ou outrageusement…
Hep mes mains l’abeille, un chant d’amour, par Stacy Doris, poète
©Anne-Sophie Costenoble « Hep mes mains l’abeille / rends-les moi je t’aime / – temps qui passe ? Mince / temps n’est pas voulu / pas manger veux pas / dis tiens pour prends, va » Ecrits peu avant sa mort à cinquante ans, en 2012, adressés en premier lieu à son mari aimé Chet et ses deux…
D’une beauté magdalénienne, par Dominique Fourcade, poète
Polyptyque de saint Vincent Ferrier, 1464-1470, de Giovanni Bellini, exposé dans la basilique San Zanipolo, Venise « si, j’oubliai, il s’est passé ceci, sans un mot / dans l’ourlet de la vague / juste vu / toi nue / un trait de fusain blond au bas du ventre / ou plutôt / au haut de tes…