Lumière, fuite de lumière, temps, par Clara Chichin, photographe

 

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© Clara Chichin

A l’occasion de sa première grande exposition personnelle à l’Abbaye Saint-Georges de Boscherville (Seine-Maritime) intitulée Le dos des arbres, j’ai demandé à Clara Chichin de poser elle-même quelques mots sur ses images.

Deux poèmes m’ont été adressés, que je confie à mon tour aux lecteurs de L’Intervalle.

Membre depuis 2012 du studio Hans Lucas, fondé par Virginie Terrasse, Lorenzo Virgili et Wilfrid Estève, Clara Chichin construit un travail questionnant la notion de paysage dans une palette chromatique inventant un territoire imaginaire.

Ses photographies sont des propositions d’égarements, une tentative chimique de traverser le temps tout en soulignant de façon très graphique la permanence des formes.

Clara Chichin entraîne son spectateur dans un théâtre d’arbres et de végétations souveraines, indifférentes à la présence d’une femme traversant parfois le cadre, Béatrice discrète, virgule d’être souvent floue ou en déséquilibre.

Travaillant la notion de persistance rétinienne, la poétique photographique de la jeune artiste française fait se rencontrer l’intime et le monumental d’un ordre naturel duquel elle-même procède tout en s’en démarquant délicatement par l’usage de son boîtier de visions.

 Il y a ici beaucoup de pudeur et de détermination.

Le dos des arbres
© Clara Chichin

 

« le dos des arbres

 

d’une rive l’autre

les allers retours,

 

regard porté vers le ciel

(contre le ciel, les cimes)

de tout leur long leur corps à terre

 

des nuances de gris

– quelque chose d’un peu fade –

 

les bras ballants,

errements, et les cris abrutissants en demi teinte,

le souvenir des pleurs au réveil

 

les arbres à terre,

les bras ballants,

(à la prise de vue, souvent elle leur coupe les bras ou les pieds,

une tenue incertaine, un peu molle)

 

elle se dit qu’elle répète chaque fois les même petites phrases,

mais leur parle très peu

 

de l’une à l’autre

– entre deux eaux – »

Le dos des arbres
© Clara Chichin
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© Clara Chichin
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© Clara Chichin

 

« la vie devient feu quand le cœur se déchire 

 

Elle a photographié ce bouquet de fleurs – une étrange nature morte –

posé sur la table, dévoré par la lumière.

Le feu.

La lumière a brûlé la pellicule – accident, fuite de lumière -.

Les couleurs sont flamboyantes,  chaudes, froides, sombres et lumineuses ;

percée lumineuse dans couleur peau – grain de peau traces plis corps taches,

cendres –

Elles ne croient plus aux chevaliers,

alors, le corps part en fête, les larmes coulent.

Le corps le cœur se consume, exulte.

Feu rituel- chants incantation, une déclamation,

un chant d’un amour adolescente,

une complainte du corps en désir, d’un amour éperdu. »

Le dos des arbres
© Clara Chichin
Le dos des arbres
© Clara Chichin
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© Clara Chichin

 

Clara Chichin, exposition Le dos des arbres à l’Abbaye Saint-Georges de Boscherville (76), du 20 mars au 10 juin 2018 – commissariat de Christine Ollier

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© Clara Chichin

Clara Chichin

Le dos des arbres
© Clara Chichin
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© Clara Chichin

Abbaye Saint-Georges de Boscherville

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© Clara Chichin

 

 

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