L’Apesanteur et la disgrâce, une exposition pneumatique, par Gérard Berréby, fondateur des éditions Allia

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Mise à nu & X Files, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

A l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, situé à Lessines, en Belgique, Gérard Berréby a imaginé une exposition, L’Apesanteur & la disgrâce, s’intéressant aux métamorphoses du corps souffrant, proposant une mise en abyme d’un lieu chargé de douleur et d’apaisement.

La Belgique est pour le fondateur des éditions Allia, par ailleurs supporter fervent de l’équipe d’Anderlecht, le symbole même de l’amitié, un pays où la subversion n’oublie pas la fraternité, et où la sensibilité à l’art n’est pas d’abord une affaire de spécialiste.

Dans cette exposition étonnante, déroutante, et ouverte à bien des égards sur le merveilleux, Gérard Berréby a considéré la matière même du temps à la façon des baroques, retournant l’effroi de la mort en geste de jouissance.

Il y a beaucoup de liberté dans les dialogues imaginés ici entre les œuvres originales, les documents vernaculaires, les pièces inédites, et la structure du lieu qui les accueille.

Avec ironie, humour et distance éblouie, la sensation de l’Unus Mundus guide ainsi le regard d’un continuateur de la Renaissance à travers les siècles.

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Vocation Mundi, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

Qu’est-ce que l’Hôpital Notre-Dame à la Rose située à Lessines en Belgique, où vous organisez actuellement une exposition, L’Apesanteur & la disgrâce ? Comment avez-vous été amené à vous intéresser à ce lieu ? Est-ce une île, une utopie sociale construite selon les lois d’une communauté autarcique ?

Des amis bruxellois, Valérie Glansdorf et Bruno Hellenbosch, avaient vu ma précédente exposition au Centre d’art contemporain Dox à Prague et en avaient parlé à l’un de leurs amis en Belgique, François Delvoye. Et c’est ce dernier qui m’a fait découvrir ce lieu. À la première rencontre dans l’hôpital même, avec Raphaël Debruyn, le directeur, j’ai immédiatement compris que quelque chose pouvait se tisser dans cette institution si particulière et extrêmement complexe.

Car il s’agit d’un lien unique en Europe. Fondé en 1242 par Alix de Rosoit et remanié à la Renaissance, il était dirigé par une congrégation religieuse et accueillait les indigents. D’emblée, c’était un décor : le Moyen Âge mais aussi l’humanisme des XVe et XVIe siècles. Ce n’est qu’à partir de 1980, date à laquelle il a cessé son activité hospitalière, qu’il est devenu un musée de l’hôpital. Peu à peu, il s’est ouvert à des expositions d’art contemporain. Y sont exposés une très riche collection de matériel médical d’époques différentes qui continue à être alimentée, et un fonds artistique déployant une iconographie religieuse de qualité diverse, avec des choses parfois très étonnantes, notamment une Lamentation autour du corps du Christ du XVIe siècle, dans laquelle ce dernier arbore une poitrine toute féminine. Mais le lieu n’est pas muséifié pour autant : les choses sont pour une bonne part restées dans leur état originel. Y compris le mobilier, aussi bien celui de l’hôpital proprement dit que le mobilier liturgique, marqué par le baroque. Le matériel médical est conservé dans le lieu historique, voire dans les pièces mêmes, où il a vécu et servi. Ce sont parfois de véritables instruments de torture qui ne laissent pas indifférent. Tout cela plante un décor vertigineux, bigarré, ambivalent, propice, dans tous les cas, à imaginer une exposition, non pas isolée dans une pièce que l’on aurait vidée, mais une exposition dans l’exposition, dans une sorte de mise en abyme non exempte de contradictions et de contrepoints. Il fallait prendre le contrepied de ce lieu imposant, chargé, travaillé par la douleur et son soulagement. Cette thématique était déjà présente dans mon travail, où le corps souffrant et ses métamorphoses occupe une bonne place. Très vite, j’ai pensé qu’il fallait investir, voire subvertir parfois, avec tact et distance, l’entièreté de l’espace, s’y faufiler, Bref, proposer une exposition pneumatique comme vous le dites. J’ajouterai que Raphaël Debrun m’a accordé une totale liberté qui m’a permis de prendre possession de l’espace et d’y agir à ma guise.

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L’oiseau prend son envol, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

Qui est Fabienne Lesage, la complice vous ayant accompagné dans cette aventure ?

C’est d’abord une amie de longue date, avec laquelle j’ai souvent collaboré aux éditions Allia. Et il se trouve qu’elle m’a cette fois pleinement assisté, accompagné, aidé et soutenu dans tous les stades de réalisation de cette exposition, de sa conception jusqu’à l’accrochage. Je lui suis reconnaissant de tout ce qu’elle a apporté. Mon exposition n’aurait pu se déployer de la sorte sans son concours. C’est aussi la raison pour laquelle je préfère le terme de complice à celui d’assistante.

Qu’incarne pour vous la Belgique ?

Ma Béatrice ! En tout cas, de nombreux liens tissés depuis ma prime jeunesse. Et puis, il faut dire que le premier livre que j’ai publié aux éditions Allia, c’était Mes Inscriptions de Louis Scutenaire, lequel est né à Lessines, la revue Les Lèvres nues de Marcel Mariën, les écrits dada de Clément Pansaers et bien d’autres choses encore figurent à mon catalogue.

J’ai toujours nourri de l’intérêt pour les surréalistes belges. J’ai aussi publié plus tard un livre d’entretiens avec Raoul Vaneigem… né lui aussi à Lessines ! Lequel m’a fait l’honneur d’une visite guidée de la ville. Bref, je compte en Belgique de nombreux amis.

La Belgique est aussi un pays amateur d’art. La moindre demeure, même la plus modeste, arbore sur un mur une lithographie ou quelque petite œuvre originale. Et j’ai été sensible à l’art proprement flamand, à la lumière dans les tableaux des Primitifs de la Renaissance.

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Anti-traité, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

Et la peinture à l’huile vient de là, notamment avec Van Eyck. C’est une période extrêmement féconde où l’on croise Brueghel l’Ancien et la révolte des Gueux au milieu du XVIè siècle. Le choc pictural qui démarre en 1420, parallèlement à la Renaissance florentine du Quattrocento et baptisé ars nova par Panofsky, est représenté par trois maîtres, Robert Campin, Jan Van Eyck et Rogier van der Weyden.

La Belgique a produit dans ce domaine de grands noms, avec aussi, plus récemment, James Ensor, Magritte et Marcel Broodthaers, pour les plus connus d’entre eux, mais dont l’importance n’est pas toujours estimée à sa juste valeur.

Enfin la langue française employée par les Belges diffère à maints égards de celle utilisée par les Français. Avec des trouvailles, des bonheurs de langue comme, par exemple, dire un essui pour une serviette. On dîne à midi et on soupe le soir. Et à bien y réfléchir, c’est beaucoup plus logique.

J’ajouterai encore que les grands grammairiens de la langue française sont belges. Pour un petit pays souvent regardé de manière condescendante par son voisin, c’est déjà beaucoup.

J’apprécie les rapports humains dans la vie quotidienne qui sont tout sauf empreints de formalisme.

D’ailleurs, on dit de la Belgique que c’est la Naples du Nord. Comment résister à cela ? C’est un pays de cœur pour moi. De plus, j’aime la Jupiler et je suis supporteur de l’équipe d’Anderlecht et des Diables rouges.

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Du pont de la Dendre, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

Le titre de votre exposition fait directement référence au recueil de textes de Simone Weil, La pesanteur et la grâce (1947). Votre intérêt pour le langage est-il directement hérité des surréalistes puis des lettristes/situationnistes ?

Ce recueil de textes de Simone Weil, tirés de ses cahiers et mâtinés de mysticisme, pouvait en effet représenter un horizon pour cette exposition. J’avais en tête la notion de disgrâce, physique, morale, sociale… et naturellement s’est imposé a contrario celle d’apesanteur, par référence à la fois à un phénomène physique mais aussi à une élévation de l’âme ou, pour poursuivre la métaphore religieuse imposée par le lieu même, à une ascension ou une assomption. Attiré par les corps empêchés perdus dans la nuit mentale, ce titre n’a en réalité, malgré la référence et le jeu sur les mots, que peu à voir avec le surréalisme ou les situationnistes, sinon à travers la notion de détournement. Toutefois, il se trouve que, pas mal de temps après avoir découvert les thèses des situationnistes, j’en ai aussi connu plusieurs, rencontres qui ont été fondamentales pour moi. Et notamment, celle de l’artiste Ralph Rumney, qui m’a énormément appris et m’a aidé, sans le savoir, à me libérer dans ce domaine. Wolman aussi, bien avant mais d’une tout autre manière, a eu un impact sur ma perception de l’art, de ce qu’il est possible de faire, plastiquement, avec des mots, la lettre et le son. Je reste attaché à la notion de détournement sous toutes ses formes. A Lautréamont qui a détourné Pascal, Vauvenargues et un article du Figaro consacré à un fait divers dans Les Chants de Maldoror. Cela a quelque chose de jouissif et d’iconoclaste et ces notions ont été très présentes dans la préparation de cette exposition. Et puis je me sers de tout pour tout et choisis le médium qui correspond le mieux à l’idée que je souhaite exprimer. Et cela peut passer par le mot, l’image et le son ou que sais-je encore. De la couleur des mots à l’articulation des formes. Bref, je ne m’interdis rien et ne cherche pas à tout prix à innover. Et avant tout je m’amuse, je garde vivantes les sensations de l’enfance que je réinvente sans cesse. Et jouer, selon Winnicott, est signe de bonne santé. Quant à Simone Weil, je lisais et relisais son bref essai, La Personne et le sacré, et je m’arrêtais régulièrement sur cette phrase : « Il faut encourager les idiots, les gens sans talent, les gens de talent médiocre ou à peine mieux que moyen, qui ont du génie. » Et j’ai toujours été sensible aux gens qui viennent d’ailleurs. Il est dommage de laisser un domaine à ses seuls spécialistes. Et cela relève de l’hygiène mentale que des individus non programmés pour une chose se l’accaparent afin de dire ce qu’ils ont à dire. Il suffit de changer d’approche, de regarder à partir d’un autre angle et l’on voit autre chose. Oser exprimer. Loin des écoles, des poncifs en vogue et des idées reçues.

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Les cheveux des femmes, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

Il est noté en quatrième de couverture du catalogue : « combien il a fallu être triste pour ressusciter » Avez-vous conçu votre exposition comme une expérience intérieure ? Je fais ici bien sûr référence à Georges Bataille.

Ce vers, tiré d’un poème que j’ai écrit, invoque nécessairement l’expérience intérieure. Si j’ai lu il y a longtemps Georges Bataille avec beaucoup d’intérêt, je dois avouer qu’il ne constitue pas pour autant une référence dans ce projet, ou alors à mon insu, ce qui n’aurait rien d’étonnant. Je revendique et j’assume toutes sortes d’influences, des plus nobles aux plus mineures. Pour bien comprendre l’importance des influences, il faut lire la conférence De l’influence en littérature donnée par André Gide, à Bruxelles d’ailleurs, au Cercle culturel de La Libre Esthétique en 1900. Perdu dans les stations des profondeurs, on abandonne toute résistance et on laisse venir ce qu’il y a de plus enfoui en nous.

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29.IV.2007, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

L’Apesanteur & la disgrâce reprend l’expression « Les Tables du temps », titre de votre précédente exposition au cipM de Marseille en 2015. Cette question des temps et temporalités brassés est-elle centrale chez vous ? Pouvez-vous revenir sur les principes et intentions structurant cette première exposition ?

J’ai conçu Les Tables du temps à compter d’un bref séjour à Montréal en 2012. J’y avais visité une exposition à la grande bibliothèque, consacrée à Raymond Klibansky, La bibliothèque d’un philosophe. J’y ai été frappé par la reconstitution d’une image représentant les planètes, la lune et le soleil, et tirée du manuscrit du Timée de Platon. En cheminant, je me suis intéressé aux diagrammes de la structure de l’univers de Jacob Boehme dans Le Véritable Principe de toutes les choses. Ainsi que par la représentation du cosmos en forme d’horoscope de Giordano Bruno. D’emblée, j’ai imaginé une transcription dans l’espace de ce que j’y ai vu, ce qui a notamment abouti à l’œuvre que j’intitule Anti-traité. Et de là, j’ai imaginé une sorte de suite, qui a pris la forme de confrontations. Deux miroirs qui se regardent se parlent-ils ? se serait demandé Warhol. Ce sont des œuvres qui ravivent des interrogations anciennes et font notamment écho à la Renaissance, mais dont je détourne en quelque sorte la portée ou le sens. L’Homme de Vitruve par exemple est un squelette qui a plus à voir avec les Danses macabres du Moyen Âge qu’avec l’homme tout en muscles placé au centre de l’Univers. Il y a en effet une sédimentation du temps et une temporalité envisagée à la fois sous une forme apocalyptique mais aussi jouissive. Car le temps se joue de nous, il fallait donc jouer à mon tour. Evidemment, le titre, « Les Tables du temps » est en lui-même programmatique, également par les échos qu’il est susceptible d’éveiller, notamment avec les Tables de la loi. J’ai d’ailleurs réalisé deux panneaux exposés à Lessines qui s’intitulent Mes tables de la loi.

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Eclipsé, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

Quel est votre lien personnel avec la spiritualité et la mystique religieuse ? L’impression générale est que, pour exorciser un lieu chargé de souffrances, vous avez effectué une sorte de cérémonie vaudou.

Je suis athée de longue date et éloigné de toute religion, mais j’ai toujours été fasciné par l’iconographie religieuse de différentes époques et de différentes confessions, ainsi que par le rituel liturgique. J’ai toujours été rétif aux dogmes et aux doctrines et sensible à la contemplation de la structure de l’Univers. Dans le catholicisme, le corps souffrant, le corps-martyre est largement présent. D’ailleurs, quand j’ai découvert ce lieu la première fois, j’ai été quelque peu assailli par la pesanteur, c’est le cas de le dire, de l’affliction qui y règne de part en part. Il a fallu que je dépasse un peu mon propre tourment face à ce que je voyais, que j’exorcise mes propres peurs. D’une certaine manière, je montre aussi la souffrance mais en la vidant de tout signe religieux, en l’amenant sur le plan d’une souffrance plus générale. J’ai tenté en quelque sorte d’extrapoler ce dont le lieu est chargé et de le transporter ailleurs, sur un plan à la fois plus historique et plus actuel, dans une autre temporalité qui ne serait plus celle, eschatologique, de la religion, mais un ici et maintenant.

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Frappes ponctuelles, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

C’est comme dire : ceci n’est pas un roman au moment précisément où l’on écrit un roman. Il y a la chose et ce qui va au-delà, un peu sa face cachée, renfermée dans sa conception même et que je tente de mettre en lumière. Nous voyons tous à peu près les mêmes choses mais certains les voient différemment, ou alors autrement. Et quand une idée, une observation se cristallise en moi et chemine sur la durée, j’en arrive à la transcender sous une forme ou une autre, par une production matérielle quelle qu’elle soit.

Il y a de la magie noire, peut-être de l’alchimie dans votre exposition. Avez-vous relu L’œuvre au noir (1968) de Marguerite Yourcenar pour la préparer ?

J’aimerais beaucoup transformer le plomb en or, mais je n’ai pas encore trouvé la formule. Je n’ai pas relu L’Œuvre au noir pour l’occasion. Encore une fois, si cette œuvre est présente dans mon travail, c’est à mon insu. Et au-delà, nous ne sommes pas maîtres de ce que nous faisons. L’exposition que je présente ici m’échappe, même si j’en suis responsable. On est le jouet du ciel, d’une énergie extérieure qui se joue de nous. On se retrouve à un carrefour d’influences, à la croisée de la route sur laquelle on avance, je ne crois pas à autre chose.

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Enquête judiciaire, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

L’Apesanteur & la disgrâce est-elle une exposition, à l’instar de l’architecture du lieu, de nature éminemment baroque ? L’étrange y côtoie l’humour et les surprises du détournement.

Par la force des choses, oui. Le baroque découle du lieu dans lequel je me suis intégré, du dialogue que j’ai tenté d’instaurer avec l’espace et les œuvres, avec distance, parfois avec ironie et peut-être avec humour. Le baroque réside aussi dans la circularité entre les choses, dans l’abondance et, comme l’écrivait Eugenio d’Ors, partout où interviennent des intentions contradictoires.

Que sont les « gravures de Vésale » ?

André Vésale est un anatomiste et médecin brabançon du XVIe siècle. En 1543, il publie ses découvertes à Bâle, De humani corporis fabrica libri septem, La Structure du corps humain. Cette œuvre de près de 700 pages est abondamment illustrée de planches anatomiques, tantôt attribuées à Jean Calcar, tantôt à l’école du Titien. Je suis parti d’un lot de reproductions de ces gravures que j’ai découvert à l’hôpital et je les ai colorisées. Et j’en ai aussi réalisé une vidéo. Ce travail souligne l’importance de la dissection, il s’agissait de voir l’intérieur du corps humain comme un ensemble d’organes regroupés en systèmes. C’était une approche tout à fait nouvelle pour l’époque.

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Un vrai charnier, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

Comment avez-vous travaillé pour découvrir les documents et œuvres d’art que vous exposez ?

J’ai puisé dans un corpus d’œuvres que j’avais déjà produites et exposées mais aussi créé beaucoup de choses nouvelles, directement en rapport avec le lieu, décidément inspirant. Près de la moitié des œuvres exposées ont été réalisées spécialement pour l’occasion.

Avez-vous vécu longtemps à Lessines pour la conception de votre exposition ? Qu’avez-vous ressenti ?

J’y suis allé à maintes reprises pour de brefs séjours, avant d’y demeurer plus longuement, une vingtaine de jours, avant l’ouverture de l’exposition. L’hôpital semble une sorte d’oasis dans une ville par ailleurs fortement touchée par le chômage.

Quels liens entre votre travail d’éditeur, votre activité de poète, et le geste de cette nouvelle exposition ?

Les liens sont évidemment nombreux et de tous ordres, à commencer par une même curiosité et une même attention à ce qui m’entoure. Je ne suis pas un homme séparé. Ce que je fais aujourd’hui irrigue ce que je réaliserai demain. Etant d’un naturel rétif à la compartimentation des choses, à leur classement, je me plais à mélanger les genres. Poète, éditeur, créateur de formes et d’images, je m’amuse à refuser toute sorte de statut qui m’emprisonnerait. Et pourquoi pas mage pendant qu’on y est ? Un et indivisible.

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Circuits fermés, Gérard Berréby © Nicolas Kohen, photographie

Comme André Breton, la recherche et l’attente du « hasard objectif » guident-ils votre existence ?

Disons plutôt que le hasard agit sans que je le cherche ou l’attende. Ce n’est pas dans une démarche réfléchie mais dans l’acceptation d’une sorte de nécessité, la quête de l’or du temps.

Propos recueillis par Fabien Ribery

Gérard Berréby, L’Apesanteur & la disgrâce, avec la complicité de Fabienne Lesage, texte de Raphaël Debruyn, Forces de production (All is well) par Jill Gasparina et un entretien de Gérard Berréby avec François Delvoye et Valérie Glansdorff, Hôpital Notre-Dame à la Rose, Lessines (Belgique), 2018

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Exposition éponyme à l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, Lessines, du 19 mai au 30 septembre 2018

Site de L’Hôpital Notre-Dame à la Rose

Editions Allia

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