A broken Hallelujah, par Peter Wendel, photographe

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© Peter Wendel / Journal

Heureux sont ceux occupant le devant de la scène, peut-être, ou vivant simplement dans la lumière.

Heureux les bienheureux, et tant pis pour les êtres du sous-sol, les reclus, les invisibles.

Pour se confronter au noir, il y a l’art, la métamorphose du néant en lignes de sens, par exemple un livre de ténèbres de Peter Wendel conçu comme un de profundis, Behind the Sofa (Journal).

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© Peter Wendel / Journal

On est ici du côté de la déchirure du moi, de la maladie mentale, de la psychose.

Des doutes, des angoisses, un tunnel interminable.

Comment sortir de la prison ?

Comment quitter les larmes ?

Comment reprendre vie ?

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© Peter Wendel / Journal

Une sphinge nous accueille, énigme de nous-même.

Sculptant une matière noire très dense, les images de Peter Wendel sont des rescapées, des visions négatives, des fantasmes d’épouvante.

Elles touchent au sublime, cette confrontation de l’effroi et de la beauté.

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© Peter Wendel / Journal

On pense à Michaël Ackerman, à la dialectique de l’aliénation et des chemins de liberté par l’intime retrouvé, exposé, explosé.

La normalité ? prière de pas déranger.

Mais les requins dans l’ombre ? l’impression d’être pris dans la nasse ? les rats dans notre cerveau ?

Ne pas dormir, et ne pas pouvoir se réveiller.

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© Peter Wendel / Journal

Le trauma originel pour le petit d’homme s’appelle quelquefois, souvent, la vie, avant que la nuit obscure ne devienne spirituelle.

L’œil scialytique précède le regard du Grand Inquisiteur.

Poe, Nerval, Hoffmann, Odilon Redon…, Peter Wendel : écrire, peindre, photographier dans le croassement du corbeau.

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© Peter Wendel / Journal

Engloutissement, envahissement, drogue du conte noir.

Institut, institution, poussière sous le tapis, ou derrière le canapé (Behind the Sofa).

Petite fille, gare au gorille !

Des rails qui ne mènent nulle part, une cigarette, des scarifications, c’est Nan Goldin  soignant sa dépression dans un hôpital de Londres.

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© Peter Wendel / Journal

Maman est un brouillard aux dents acérés, c’est une gravure de Dürer appelée Mélancholia, un fantôme tendant les bras vers son enfant.

Il y a ce noir, cette désespérance, ces impasses, puis, comme une éclaircie, un vol de mouettes dans les nuages blancs, au mitan de la vie.

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Peter Wendel, Behind the Sofa, texte Bob Hansson, editing and design Gösta Flemming & Peter Wendel, Journal (Suède), 2020

Peter Wendel – site

Editions Journal

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Coste B dit :

    Félicitation pour ce blog, quel travail magnifique!

    J'aime

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