Iles nues, par Angélique Boissière, photographe

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© Angélique Boissière

Comme elles sont belles et gracieuses, les Vénus anadyomènes de la photographe Angélique Boissière.

Ce sont des femmes indépendantes, nues et pourtant pudiques.

Dans leur regard, pas de défi, ni d’invitation provocatrice, mais une sorte d’absence, de retrait, de méditation calme.

Pas de sophistication, elles sont la nature même.

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© Angélique Boissière

Saisies par le Pentax ou le Rolleiflex, cet appareil de grande classe élégamment posé sur la colonne d’air faisant face au plexus solaire, siège des émotions, et dont le maniement est déjà une érotique, elles acceptent pleinement le regard qui les révèle dans leur puissance et leur fragilité.

Elles se prénomment Aimée, Alena, Amandine, Anaïs, Anne, Auriane, Anwenn, Camille, Carla, Carolyn, Cha, Claudia, Daria, Dovile, Elise, Eliya, Gwen, Hana, Jospéhine, Karole, Léa, Lily, Lux, Maëva, Manya, Mara (de Nudée), Maria, Mélissa, Rachel, Ragnil, Sara, Sonyna, Typhanie, Violette, Virginie, Zaza.

Elles sont petites filles, le plus souvent femmes, parfois enceintes, toujours en accord avec le paysage, les roches, le sable, l’eau.

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© Angélique Boissière

Ce sont des laisses de mer merveilleuses, des coquillages précieux échoués sur la grève.

Elles sont pensives, peut-être ainsi d’autant plus dangereuses pour le regardeur.

L’océan est leur meilleur amant, pourquoi s’embarrasser d’un homme ?

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© Angélique Boissière

Ensemble, elles forment la plus douce des communautés, la plus ardente, la plus profonde, peau contre peau, seins contre seins.

Blondes, brunes, cheveux longs pour la plupart, elles sont là, sensuelles, Eve multiple.

Les falaises d’Etretat ont de la chance, qui contemplent longuement leur abandon.

Tiens, voici la sœur jumelle de Kate Moss, photographiée par Peter Lindbergh.

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© Angélique Boissière

Leur corps nu épouse la pierre.

Toutes viennent de naître à vingt-huit ans, et ne veulent pas mourir du Temps.

Le noir et blanc leur va bien, qui les immortalise.

Nausicaa et ses suivantes échangent leur rôle : c’est la démocratie des peaux et des ivresses féminines.

Des voiles les recouvrent parfois, collés à leur chair par la force du vent.

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© Angélique Boissière

Les seins tremblent de froid, les toisons, qui ne sont heureusement pas celles des normapathies pornographiques, sont abondantes et chaudes.

Angélique Boissière aime ses modèles, c’est une évidence, sa façon de les regarder est très bergmanienne, comme on caresse de l’objectif de grandes actrices faussement vulnérables.

La notion de péché semble ici un non-sens.

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© Angélique Boissière

Mais d’où provient la mélancolie de ces femmes pourtant irrésistibles ?

D’être trop belles ? trop désirables ? trop pures ?

La marée les emporte, il n’y aura bientôt plus de trace qu’un livre déjà rare.

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Angélique Boissière, Marées, préface Anne-Rebecca Willing, avant-propos Anne Rivière, deuxième édition 2021 – 350 exemplaires numérotés

Angelique Boissière – site

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Commander Marées

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