« Vivement la littérature dégagée ! » (Sartre, 1952) On peut être pour ou contre Sartre, préférer avoir tort avec lui en dénonçant ses excès verbaux – « Tout anticommuniste est un chien. », l’appel au meurtre de la préface des Damnés de la terre, de Frantz Fanon – que raison avec ses détracteurs donneurs de leçons, et bien moins…
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Le craquement de la machine du monde, par Yannick Haenel, écrivain
Quand Yannick Haenel avait quarante ans, le 23 septembre 2007, nul ne se doutait qu’à Paris, près de huit ans plus tard, des dessinateurs seraient assassinés, dans leur bureau de travail, par des islamistes radicalisés prétextant le blasphème pour dissimuler leur misère morale et leur besoin de meurtre. Quand Yannick Haenel avait quarante, dans le…
Vers la clarté, par Charles Juliet, poète
« si tu n’as pas / connu / le naufrage / impossible / de gagner / la haute / mer » Il est rare de gagner le combat contre l’Obscur. Il est rare, à force d’obstination, d’ascèse, d’écriture de nudité, de marches incessantes dans le silence, de s’accorder à la lumière, et de ne pas la perdre….
Kerguelen, des mots et des images, par François Garde et les photographes Bertrand Lesort & Michaël Charavin
© Michaël Charavin « Les mystiques se retirent au désert. Les adolescents font leur crise. Les âmes en peine entament une thérapie. Les vaniteux se lancent des défis. Et moi, dans quoi suis-je en train de me lancer ? » C’est le récit, très bien écrit, par François Garde, haut fonctionnaire, par ailleurs auteur de sept autres ouvrages…
La béance, la voix, la mort, par Yannick Haenel, écrivain
Ecrit à la demande de Yann Robin, qui a composé à partir de ce texte une pièce de musique, créée le 12 mai 2018 au théâtre de la Criée de Marseille dans une mise en scène d’Arthur Nauzyciel (récitante soprane Elise Chauvin), Papillon noir est un monologue féminin composé par Yannick Haenel. Il y est…
La montagne et l’humanité homicide, par Erri De Luca, écrivain
« La loi punit ceux qui impriment de faux billets, mais elle laisse courir ceux qui écoulent des mots erronés. Moi, je protège la langue que j’utilise. » Un homme incarcéré, accusé d’avoir jeté dans le vide, lors d’une ascension en montagne, un camarade de luttes politiques ayant trahi les siens afin d’obtenir une réduction de peine….
Une histoire vagabonde de la littérature romanesque, par Philippe Le Guillou, écrivain
Essai de critique subjective sur l’art du roman à travers les siècles, écrit par un lecteur assumant totalement ses goûts parfois hétérodoxes, Le roman inépuisable, de Philippe Le Guillou, est un éloge de la littérature comme capacité d’émerveillement. Entrée particulièrement enthousiasmante dans un domaine romanesque marqué par sa liberté et sa puissance protéiforme, cet ouvrage…
L’esprit au plus haut niveau, Francis Ponge et Christian Prigent, correspondance croisée
« Vous me connaissez assez (je veux dire, l’auteur – par exemple – du « Pour un Malherbe ») pour savoir qu’une parfaite fureur me paraît la seule justification d’une activité critique. Il faut évidemment qu’elle s’accompagne d’une vraie culture et s’exprime preuves à l’appui. Mais voilà qui est bien votre cas. » (Francis Ponge, le 13 novembre 1969)…
Derrière un Vittel-menthe, par Didier Blonde, écrivain
« Il m’arrive, parfois, à peine entré, de ressortir. Non, je le vois bien, ici, n’est pas mon genre, pas de place qui me convienne, trop de bruit, de lumière, de musique, de télévision, de soliloques au téléphone, je ne m’y reconnais pas, aucun visage qui me retienne, un coup d’œil m’a suffi, allons voir…
Tout ce que je dis trois fois est vrai, par Jean-Patrick Manchette, écrivain
Je ne lis jamais de polars, j’ai sûrement tort bien sûr, ou alors quand il est décalé, flamboyant et obsédé comme chez Pierre Bourgeade. Pourtant, les titres m’arrêtent souvent. Prenez ceux de Jean-Patrick Manchette (1942-1995), auteur de onze romans – dont neuf en Série noire chez Gallimard -, qui fut aussi dialoguiste, scénariste, traducteur, critique…
Vers l’Est, une errance amoureuse et métaphysique, par Guillaume de Sardes, photographe-écrivain
Je suis très attaché au travail artistique de Guillaume de Sardes, élégant, sensuel, informé, intelligent, présenté régulièrement dans L’Intervalle. Ne cessant d’interroger les liens entre écriture et photographie, son dernier ouvrage, Vers l’Est (Hermann Editeurs), se lit comme une errance amoureuse et métaphysique aux confins de l’Europe soviétique. Il y a dans son classicisme un…
No one is innocent, par Adel Abdessemed, plasticien
Retracer l’histoire d’un artiste majeur en étudiant l’iconographie de ses cartons d’invitation, l’idée me plaît beaucoup, qui est celle des éditions Marval-rueVisconti dirigées par Juliette Gourlat et Jean-Noël Flammarion leur consacrant un livre de belle facture, très stimulant intellectuellement. L’artiste d’envergure internationale, d’origine algérienne – né en 1971 à Constantine – vivant en France depuis…