Michel Fresson, le traducteur, par Bernard Plossu, photographe

© Bernard Plossu « On effleure les saisons, les arbres vibrent, le vent murmure… En un mot, Michel Fresson est mon traducteur. » (Bernard Plossu) Le monde se rétrécit, comme le goût de la nuance et l’effort de civilisation dans la délicatesse. Pour retrouver le chemin de la volupté et le sens de la profondeur, il nous…

Noli me tangere, écrire la peinture, par Christian Prigent, poète

Supports/Surfaces, Rennes, 1974 Conjointement à la parution de sa correspondance croisée avec Francis Ponge, Une relation enragée, les éditions L’Atelier contemporain publient de Christian Prigent La peinture me regarde, cinquante textes sur l’art écrits entre 1974 et aujourd’hui. C’est dans le « désarroi » de la représentation que se fonde pour Christian Prigent la nécessité poétique de…

Grèce, permanence d’une civilisation, par François Halard, photographe esthète

© François Halard Au commencement de l’Occident était la Grèce, ses statues polychromes blanchies par le temps, son ciel azuréen, la dilution du moi dans l’étendue liquide des eaux qui la bordent. Le temple de Délos éblouissant Heidegger, un éclair, l’apparition d’Apollon, un marcheur portant de belles cnémides. © François Halard Une grandeur passée, géniale,…

Le fa presto de Mathurin Méheut, peintre breton

Fut un temps où l’existence d’un monde commun n’était pas une pensée saugrenue. Un monde donné par les métiers, les traditions, les paysages, la présence animale évidente, non par le démon du lucre dévorant chaque fragment de réalité, jusqu’à faire imploser les êtres. Loin de cette logique féroce devenue la substance de nos interactions, il…

De la Vierge à Vénus, par Patrick Chambon, peintre

Auteur de trois livres aux titres intrigants – Lacan la Scène chez Epel (2013), Oscar Wilde fabulLeux chez Hazan (2017), Lacan ô Banquet de Platon chez Erès (2017) -, le peintre et dessinateur Patrick Chambon s’est intéressé pour son dernier ouvrage à l’évolution de la représentation du corps de la femme dans la peinture, toute…

Fenêtres de peinture, par Jean-Louis Schefer, écrivain

« Nous voici tout à la fois dans l’ampleur de la cathédrale et dans l’intimité de la chambre, dans la synthèse impossible d’une cantate et d’une sonatine. » On peut considérer Carré de ciel, explique dans une note son auteur Jean-Louis Schefer (P.O.L., 2019), livre influencé par le Dictionnaire étymologique de Vossius (1577-1649), comme un…

Japon, prière de se déchausser, par Elena Janvier et Gérard Macé, écrivains

« Au repos, les ciseaux japonais sont ouverts. » Qui connaît les délices et les difficultés des rencontres franco-japonaises, qu’elles prennent la forme de l’amitié, de la relation amoureuse éphémère ou de l’union conjugale, trouvera dans le livre d’Elena Janvier, Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime (Arléa, 2012), nombre de clés et réflexions…

Les Aborigènes, 50 000 ans de culture, par Frédéric et Sandrine Mouchet, auteurs

« Dans le mode de pensée traditionnel des Aborigènes, on envisage moins de vivre auprès d’une colline, d’une rivière ou d’un groupe d’émeus que d’avoir une véritable parenté avec telle colline, telle rivière ou tel animal. » On n’a généralement de la culture et des peuples aborigènes qu’une vision très réduite. On voit le rocher d’Uluru et…

Les ombres errantes du peintre Léon Spilliaert, par Stéphane Lambert, écrivain

C’est le genre de livres qui m’enchante, dense sans être assommant, cultivé mais de partage, associant images et textes dans un dialogue ouvert avec une œuvre de mystère. Un essai mosaïque, une biographie araignée (à la façon d’Odilon Redon), une monographie légère concernant Léon Spilliaert, peintre ostendais (1881-1946) héritier de James Ensor et des ombres…

Dieu est mort, ses créatures grimacent, par Eva Aeppli, plasticienne

On ne les cherche pas, mais ils arrivent, les petits êtres, les drôles de visages, les grimaces. Ils naissent spontanément du pli d’une feuille tombée sur le chemin, du nœud d’un arbre, d’un nuage aperçu soudain sous un certain angle. Voici des formes nécessitant d’être tracées, inventées, découvertes, dans le miroir de la salle de…

Bigoudénie, où vivent les fauves, par Stéphane Lavoué, photographe

Qui a passé « le test bigouden » est digne d’aimer. Qui est capable d’entrer dans la lumière noire et la violence des tempêtes est apte à vivre avec l’impétuosité d’une femme. Qui ne craint pas de rencontrer des fantômes peut être accepté dans le cercle des initiés. Installé avec sa compagne d’origine bigoudène et…