Vers la clarté, par Charles Juliet, poète

« si tu n’as pas / connu / le naufrage / impossible / de gagner / la haute / mer » Il est rare de gagner le combat contre l’Obscur. Il est rare, à force d’obstination, d’ascèse, d’écriture de nudité, de marches incessantes dans le silence, de s’accorder à la lumière, et de ne pas la perdre….

Menschen, par Gérard Haller, poète

« c’était là. Regarde tout est là » Menschen (les gens, les hommes) est un très beau mot, devenu synonyme de douleur depuis que les Nazis ont décidé d’en priver une partie de l’humanité, leur préférant celui de Stücke (morceaux, pièces) pour désigner les Juifs qu’ils cherchèrent à exterminer. Je lis ainsi Menschen, de Gérard Haller, livre…

Les détraquages zen d’André Velter et Ernest Pignon-Ernest

Annoncer la couleur, d’Ernest Pignon-Ernest et André Velter, est un livre (Actes Sud), comme son titre malicieux ne l’indique pas, en noir & blanc et nuances de gris. Pour leur dix-neuvième production en commun, le peintre et le poète ont dialogué, sans que l’on sache qui précède qui, si l’image produit le texte ou si…

Jeter des pierres au vent, par Federico Garcia Lorca, proses inédites

« Rien de plus antipoétique que le lien logique entre deux objets de quelque espèce qu’ils soient. Il faut briser les amarres des liens visibles et invisibles. Il faut laisser les objets et les concepts aller librement où ils veulent, qu’ils luttent, qu’ils volent pour que le monde soit plus amusant et que puisse exister la…

Les fleurs hermétiques du cante jondo, par Federico Garcia Lorca, poète assassiné

Au commencement était le chant. « Les vieilles gens emportent dans leur tombe les trésors inestimables des générations passées, et l’avalanche grossière et stupide des refrains actuels altère la délicieuse ambiance populaire de toute l’Espagne. » La publication en volume bilingue de la magnifique conférence prononcée en 1922 au Centre Artistique de Grenade par Federico Garcia Lorca…

L’écorce encore vive de l’arbre dépouillé, par Frank Smith, poète

« nous écrivons des obscurités nouvelles » Le corps va plus vite que nous, il ne cesse de se modifier. La première phrase prononcée est déjà bien en retard sur les transformations de qui l’a lancée plus tôt. Vingt-quatre états du corps par seconde, écrivent chez Lanskine Jean-Philippe Cazier et Frank Smith, au moins. Le…

James Joyce, poète

Lorsqu’il poétise, à Dublin, Trieste ou Zurich, le grand James Joyce écrit bref, et élégiaque. Dieu est là, peut-être, dans le simple, parmi les bêtes, plus chaudes qu’âme d’homme irrémédiablement blessé, séparé. Il y a les élans d’amour, et la puissance du vent, « Ô mon enfant de bleu veinée ». « Sous les orties…

Une vie ordinaire, par William Cliff, poète

« Cette année-là, j’avais été à la recherche / d’un appartement pour avoir ma vie à moi » Lorsque tout se décompose, Lorsque l’automne est un interminable déclin, Lorsque le dernier amant a franchi la porte du cinquième étage du galetas de Bruxelles, sans espoir de retour, Il y a le vers et les formes fixes, rondeau…