Un genre de beauté qui dérange, Rene Ricard, dernier des poètes beat

« L’aube le gifle en plein visage / Et le cœur glisse sous son rocher. » L’apparition en français de Rene Ricard 1979-1980, poèmes de l’Américain Rene Ricard, publiés comme il se devait, afin de respecter son édition originale, sous une superbe couverture bleu Tiffany, est un véritable bonheur dans une époque manquant singulièrement d’élégance et d’énergie salvatrice,…

Koudougou l’indocile, par Philippe Quéméner et Michel Zongo

« Cavalier rouge vêtu de jaune / Sur la piste latéritique / Tu as assez répandu le sang de tes compagnons / Inconscience collective ou solution démographique ? » Je ne sais pas si Tout commence à Koudougou, ville se situant à cent kilomètres à l’ouest de Ouagadougou, au Burkina Faso, mais dans ce livre conçu par Philippe…

La photographie, buvard de mots et de rêves, par Claire Jolin et Hervé Scialdo

Certains jours sont fastueux où vous recevez par la poste la surprise de livres dont vous savez immédiatement que vous allez pouvoir entrer en amitié et dialogue avec eux. Ainsi se présente à vous Fensch, de Claire Jolin (photographies) & Hervé Scialdo (poèmes), publié aux éditions Orange Claire, deuxième titre d’une jeune maison fondée par…

Témoigner pour les témoins, par Georges Didi-Huberman et Niki Giannari

« Manifestement, personne ne veut savoir que l’histoire contemporaine a engendré un nouveau type d’être humain – ceux qui ont été envoyés dans les camps de concentration par leurs ennemis, et dans les camps d’internement par leurs amis. » (Hannah Arendt) Passer, quoi qu’il en coûte est encore une fois un livre important, et de haute sensibilité,…

Lumière, fuite de lumière, temps, par Clara Chichin, photographe

  A l’occasion de sa première grande exposition personnelle à l’Abbaye Saint-Georges de Boscherville (Seine-Maritime) intitulée Le dos des arbres, j’ai demandé à Clara Chichin de poser elle-même quelques mots sur ses images. Deux poèmes m’ont été adressés, que je confie à mon tour aux lecteurs de L’Intervalle. Membre depuis 2012 du studio Hans Lucas,…

Aussi belle qu’inquiétante, une demeure photographique,  par Amaury da Cunha

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Pourquoi y a-t-il soudain rien plutôt que quelque chose, ou quelqu’un ? Demeure, recueil photographique d’Amaury da Cunha, qui aurait pu s’intituler Vers le visage, tente d’approcher ainsi, dans le questionnement, le mystère de la présence, trouvant des formes dans des pans de nuit, construisant délicatement des « petites…

De l’écriture comme trip machine, par Patrick Bouvet, poète

Trip Machine, de Patrick Bouvet (éditions de L’Attente, 2017), est une machine textuelle en cinq parties, soit un  vaste ensemble de vers concernant le nouveau visage cybernétique de l’humanoïde terminal, une expérience de lecture à propos de notre devenir machine. Les guerres modernes, impersonnelles, évacuant jusqu’à l’idée même de réinvention de soi telle qu’exprimée par…

Tout chicorée, rond, torché, Gottfried Gröll, par Christophe Manon, poète

« Gröll se lève si tard qu’il prend son déjeuner le jour suivant. » Prenez Vie et opinions de Tristam Shandy, de Laurence Sterne (1718-1768), l’un des plus grands romans de la littérature occidentale publié en neuf volumes entre 1760 et 1770, soit la tentative de description d’une vie, si les digressions incessantes et l’irruption d’une famille…

Homélie de la parole trahie, par Olivier Py, poète

« Le désespoir n’est nulle part, le désespoir est partout, vos pères vous ont abandonnés et je viens, aujourd’hui, en frère réveiller votre révolte. » On connaît l’enthousiasme du poète, dramaturge, et officiel du théâtre, Olivier Py, son lyrisme, son rimbaldisme, son orphisme, son claudélisme, son biblisme, son amour de la langue et des corps masculins qu’elle…

Une vie ordinaire, par Paol Keineg, poète

« Le temps est beau, on voit les clochers de Hanvec et de Rumengol, et moi j’écrase les doryphores à deux pieds avec le sentiment exaltant d’écraser l’infâme. » Paol Keineg n’a pas besoin de jouer au poète pour en être entièrement un. Lorsqu’on connaît la sensation poétique de l’existence, sa fragilité, son inouï, sa drôlerie, et…

L’énigme et la beauté du temps arrêté, par Denis Roche, photographe

« Quand vous prenez une photo, quoi que vous fassiez, elle est remplie immédiatement, complètement. Vous ne pouvez pas soustraire le sujet à son environnement plein cadre. Vous ne pouvez rien y faire. Ce fait-là, j’ai besoin de le dire dans mes photos. Je ne suis pas un photographe de la décantation, plutôt de la sédimentation »…