©Adrian Meyronnet « L’attention, à son plus haut degré, est la même chose que la prière. » (Simone Weil) Allez, il est temps de retrouver le cap. La mauvaise monnaie (les romances du Salon de Paris) chasse la bonne, ouvrons la revue Aventures, numéro 5, déjà. Ils veulent des histoires, des faits de société, des problèmes à…
Étiquette : Littérature
De la littérature après la Révolution française, par la revue Histoires littéraires
Lise Deharme, vers 1930, Man Ray « Cette curieuse succession de mots, que l’on n’a pas le temps de méditer, qui s’imposent à nous, cet élan bizarre, où la pensée est à la fois active et emportée par la langue, c’est là que se joue la liberté de l’écrivain, sa pensée sensible, c’est dans la langue…
Des fantômes d’enfants errent, par Yuta Arima, photographe, et Julie Nakache, écrivaine
Sakurai, le 31 octobre 2024, dans Kodomo no kuni ©Yuta Arima « Des âmes errent dans le ciel par centaines. Des enfants innocents meurent tous les jours et dans ce parc, leurs fantômes jouent à cache-cache. Ils sont des messagers, semblables à la fumée, des passeurs d’histoires. » C’est une photographie dont les couleurs, très belles, sont…
Boxe, art des Justes, par Jack London, écrivain
Jack Johnson « Quand l’homme cogne l’homme et cogne fort, et que retentissent les coups portés au corps, et que respirent le cogneur et le cogné, l’un expirant violemment, l’autre inspirant comme il peut… eh bien, je me retrouve débout, le souffle coupé, oublieux du monde et de ma personne, entièrement pris dans le combat qui…
Un condamné à mort s’est échappé, par Albert Londres, écrivain
« Je suis mort à vingt-six ans ; je viens de renaître. Mon état civil dit que j’ai quarante-trois ans ! Sur le papier peut-être ! pas dans le cœur ! J’ai vingt ans ! L’âge de mon fils. Et j’ai un fils ! J’ai une femme ! Je marche droit ; ùais mon esprit titube, je suis grisé de joie. Je me dis :…
Beauté du désastre obscur, Stéphane Mallarmé, par Jean-Jacques Gonzales, écrivain
« Il faut imaginer Mallarmé lycéen – ce n’est pas si difficile – en tout jeune homme, efféminé, précieux, voire flûtée, gestes compassés, théâtraux, bousculé, rudoyé par ses camarades ébahis, envieux devant sa maîtrise de la langue, ses fastes, ses pouvoirs. Exaspérés, lucides, ils le tabassent. Il se fait appeler Comte de Bougainvilliers. Impressionnés, ils se…
Le récit, la mort, la joie, par Pascal Quignard, écrivain
Villa des Mystères, Pompéi « Soudain il était à genoux. Il posa son visage dans les genoux de la vieille dame, dans le tissu de sa robe. Elle sentait bon. Elle sentait la levure. Elle sentait la poudre de riz. Elle sentait aussi la pâte levée et le chèvrefeuille. » Il n’y a pas de place pour…
René Char vivant, par France Huser, écrivaine
Le Jour ni l’Heure, Nicolas de Staël « Longtemps je n’ai pas pardonné à René Char d’être mort. Je ne pensais pas qu’une défaillance si commune pût le toucher et qu’il pouvait subir les outrages du temps dont les autres hommes sont victimes. Lui, il était au cœur des choses, il lui suffisait de les regarder…
Israël depuis Holon, par Norbert Czarny, écrivain
Les désastres de la guerre, Goya « Un jour viendra où chacun, Israélien ou Palestinien, comptera un mort dans sa famille. Et à partir de ce jour, ce sera sans fin. » (Apeirogon, Colum McCann) Holon, où réside une importante communauté samaritaine et des descendants d’exilés polonais puis russes, est une ville située dans la banlieue sud…
Ensemble, dans le canyon, par Marine Lanier, photographe, et Sébastien Berlendis, écrivain
Canyon, de la série Le Soleil des loups (2018) ©Marine Lanier Sébastien Berlendis, présenté dans L’Intervalle pour ses derniers textes publiés chez Actes Sud, est un écrivain de l’espace, des lieux plutôt vides, de la géographie, de la mélancolie et de la mémoire. En observant la photographie Canyon, de Marine Lanier, extraite de la série…
Si vis pacem, par Serge Airoldi, écrivain
Cheval, Pays de Quint, juillet 2021 ©Serge Airoldi « La montagne noircit » (Serge Airoldi) Si vous cherchez le feu, le verbe haut, l’étrangeté lexicale, et l’acuité intellectuelle, tournez-vous vers Serge Airoldi, homme de l’Adour portant le fer sans détour, avec le recueil de poèmes Para bellum, au cœur du contemporain maléficié. « Comme si la vie /…
Journal des adventices, par Jane Sautière, écrivaine, et Marie Sordat, photographe
©Marie Sordat « Je sens bien qu’il faut que je noue tout ça, que je dois unir malheur et joie, proche et lointain, au lieu de cliver, que je dois faire terre, territoire, sol de ce qui me parvient ou qui est déjà mien. » (Jane Sautière) Il ne s’agit pas de consoler, mais d’aller plus loin,…