« je sens que ma langue s’en va, qu’elle verdit, je sens que ma langue s’en va pour toujours. » Composé de 108 textes (prose/vers) et de 108 photographies, Dâh, Dans la nuit khmère est un essai tissé de fragments autobiographiques (l’enfance picarde, l’installation au Cambodge, les voyages en Asie et en Amérique du Sud…) relevant à…
Étiquette : écriture
La guerre dans la tête, par Louis-Ferdinand Céline, écrivain
« J’ai bien dû rester là encore une partie de la nuit suivante. Toute l’oreille à gauche était collée par terre avec du sang, la bouche aussi. Entre les deux y avait un bruit immense. J’ai dormi dans ce bruit et puis il a plu, de pluie bien serrée. Kersuzon à côté était tout lourd tendu…
Un homme-livre, François Truffaut cinéaste, une correspondance
« Genet est l’écrivain le plus discret, le plus orgueilleux, le plus rigoureux, le plus meurtri sûrement. Cette comédie sociale que sont obligés de jouer les gens quand ils deviennent connus, il est celui qui l’a jouée le moins. » Comme bon nombre de ses amis de la Nouvelle Vague qui l’étaient (Jacques Rivette, Maurice Schérer dit…
Les bords framboisiers de ta bouche, par Simon Johannin, écrivain
Le baiser (Lee Miller), 1930, Man Ray « Les restes qui me composent ne savent plus jouir / Et je voudrais aimer la vie / Autant qu’elle m’aime à ce jour » L’écriture de poèmes relève souvent pour les écrivains s’exprimant aussi dans d’autres genres littéraires de l’hygiène mentale. Parce qu’il faut desserrer très vite l’étau social…
Fils de prolétaire, par Philippe Herbet, photographe et écrivain
©Philippe Herbet « Nous passons une grande partie de notre existence à nous différencier, à nous écarter de l’orbite familiale. Une longue ellipse se trace avant que nous revenions au point de départ. Point où il nous est donné de les rencontrer enfin, nos parents. » J’ai régulièrement présenté l’œuvre photographique de Philippe Herbet, notamment les volumes…
La règle du jeu des rêves, par Rachel Sassi, écrivain
©Joseph Charroy « Une plaine désertique, un no man’s land / Une voie de tramway au milieu / Des bâtiments de zone industrielle à l’abandon / J’attends le tram // Jean-Luc a dit que c’est ici / Précisément à cet endroit-là / Que l’on peut voir que nous avons perdu la guerre // Je prends le…
Les trois âges de la vie, par Antonio Jiménez Saiz, poète
©Antonio Jiménez Saiz « Tu ouvriras ce livre le jour où, derrière la vitre d’un je-ne-sais-quoi de la vie, tu ne reconnaîtras plus le visage qui te fera face, ce sera toi, toi mais comme l’autre qui aura grandi en beauté. » Il y a des travaux artistiques, des photographies, des mots, des phrases, dont on sait…
Faire danser le cadavre, par Christophe Esnault, écrivain dépendu
Pas de deux, 1978, Roland Topor « Prépare ton sac à dos et fonce sans tarder / Vers la prochaine catastrophe inévitable / Tu as raté Tchernobyl et Fukushima / Sois plus réactif la prochaine fois » (Nucléaire, mon amour) Franchement, si l’idée du suicide n’existait pas, la vie serait désespérante. Auteur d’une œuvre dont l’écho critique…
All fugees, par Adrien Tache, photographe
©Adrien Tache Fugees, d’Adrien Tache, est un livre reposant sur l’échange, le don/contre-don, le partage d’opacité. Prenant le mot réfugié en son sens métaphysique – nous sommes tous des égarés, des exilés, des êtres perdus, déplacés, désorientés -, le photographe indépendant ayant beaucoup voyagé a rassemblé dans son livre publié par Saturne éditions des images…
Peindre des nymphéas, Monet à Giverny, par Jean-Philippe Toussaint, écrivain
« Le fait que je sois devenu écrivain ne m’avait jamais traversé l’esprit jusqu’à l’âge de vingt ans. Jamais, adolescent ou même étudiant à Sciences-Po, je n’aurais pu imaginer que j’allais un jour devenir écrivain. » J’ai beaucoup aimé les livres de Jean-Philippe Toussaint, le cycle de Marie Madeleine Marguerite de Montalte bien sûr (Faire l’amour, Fuir,…
Hervé Guibert, une épique des passions, par Maxime Dalle et Raymond Bellour, écrivains
« Dans l’absence de T., sur l’île d’Elbe, où pour la première fois je suis sans lui, ce n’est pas tant lui qui me manque (mais cela n’est pas dit sans affection) que le drame qu’il suscite, et par là l’écriture. Sans lui, je n’écris pas, voilà la réalité, il écrit autant que moi en mettant…
Goya face au chaos, par Stéphane Lambert, écrivain
Autoportrait avec le docteur Arrieta, Minneapolis Institute of Art, 1820, Francisco de Goya, « L’art fut pour moi l’apprentissage de notre communauté dans la solitude. A force de rôder devant les œuvres, et d’éparpiller mes sensations, la nécessité de comprendre l’origine de mon attrait s’imposa. » L’antithèse, ou la figure oxymorique, est la frappe morale et esthétique…